Biourd, Etienne, François, Victor

Biographie


Né le 13 avril 1788 à Prouvy (Loiret). Serrurier en voitures. Il combattit en juillet 1830 et souffrait depuis lors d’une affection de poitrine provenant soit de « violentes contusions reçues en se battant dans les rangs du peuple » soit des travaux auxquels il participa au marché des Innocents « pour ensevelir les victimes des journées de juillet 1830, circonstances bien pénibles où il reçut un coup violent d’un corps contendant », selon la déclaration de son épouse. Il mourut de phtisie pulmonaire le 8 juillet 1831. Il avait, lui ou sa veuve, reçu un secours de cinquante francs. Il laissait une veuve, Morin, Louise, et cinq enfants en bas âge. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Sa veuve présenta plusieurs certificats. Le premier certificat, un certificat médical rédigé par le docteur Girard, demeurant 109, rue Montmartre, en date du 2 août 1831 et ainsi rédigé : « Le soussigné, docteur en médecine, médecin du bureau de charité du (ancien) IIIe arrondissement, déclare avoir donné des soins à feu le sieur Biourd, indigent, rue Saint-Joseph n° 18, à l’occasion d’une phtisie pulmonaire contractée en 1830 pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet par de violentes contusions reçues à la poitrine en combattant dans les rangs du peuple. » Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, citoyens habitants de Paris, certifions et attestons qu’il est à notre connaissance que le sieur Billour, François, Victor, Etienne (sic), […] s’est bien conduit dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, qu’il a combattu pendant ces trois jours dans les rangs du peuple et que son dévouement pour la cause nationale est manifeste. » Signé, le 25 août 1830 : Fouque, Louis, Martin, demeurant 7, rue Coquillière ; Champagne, C., lithographe, demeurant 7, rue Coquillière ; Jouët, J. (voir Jouet, Jules, Marie, François), blessé, demeurant 14, rue Rochechouart. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, commissaire au bureau de bienfaisance, médecin de Paris, certifie que le nommé Biourd, demeurant rue de la Grande-Truanderie, à la suite d’un travail pénible pour lequel il a été requis à l’effet de creuser la fosse du marché des Innocents qui a servi à recevoir les malheureuses victimes de notre réaction politique, a été atteint d’une affection de poitrine dont les suites ainsi que l’indique le médecin qui le soigne laissent peu de chances favorables à la guérison. Cet homme se trouvant réduit à la plus affreuse misère puisqu’il n’a pu travailler depuis, mérite à tous égards que la commission chargée des secours accordés aux gens qui se sont utilisés en pareille circonstance vienne à son secours. » Signé, le 20 novembre 1830 : Gaulet, demeurant 13, rue de la Comtesse-d’Artois. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Moi, Michel Lambert, principal locataire d’une maison sise à Paris rue Saint-Joseph n° 18, je certifie que la dame veuve Biourd est restée veuve avec cinq enfants, ayant le plus grand besoin pour suffire aux besoins de ses cinq enfants […]. Elle ne peut même pas payer ses loyers, vu que le pain est la première nécessité. » Signé, le 26 juillet 1831 : Lambert, Michel. La veuve ne put prouver que les combats de Juillet étaient la cause de sa mort et sa demande de pension fut rejetée. Elle reçut cependant, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa veuve reçut aussi, à titre de blessée de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Biourd était inscrit au bureau de charité du (ancien) IIIe arrondissement. Biourd demeurait 58, rue de la Grande-Truanderie ; sa veuve, 18, rue Saint-Joseph en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives (sous le nom de veuve Biourd) et liste nominative des cas exceptionnels du IIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 70 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIIe arrondissement, cas exceptionnels (sous le nom de veuve Broier, née Morin, Louise) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 1re classe.

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