Biret, Alexandre

Biographie


Le 16 juillet 1831, alors qu’il avait dû, pour des affaires de famille, résider à cent vingt-cinq lieues de Paris de la fin octobre 1830 au 20 mars suivant, il rédigea une lettre adressée au roi, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « […] J’ai arboré, au palais même de Votre Majesté, le premier drapeau national, malgré une vive fusillade. Dans votre bibliothèque, Sire, j’ai su à la fois empêcher le désordre et me poster avec une poignée de braves pour chasser de l’une des maisons de la rue de Rohan les gardes royaux qui y étaient embusqués […]. J’ai combattu à la Grève, dans la rue Saint-Honoré, au Louvre, aux Tuileries et là j’ai eu le bonheur de sauver les jours d’un élève de l’Ecole polytechnique [Baduel, N.D.A.] blessé, en le transportant sur mes épaules à travers la fusillade de la garde royale. » Sa lettre était accompagnée de plusieurs apostilles. La première : « M. Biret est un excellent citoyen, ami passionné de l’ordre, attaché à la monarchie constitutionnelle de Louis-Philippe et qui a fait preuve de dévouement à la famille du roi-citoyen, par le zèle qu’il a toujours apporté dans les divers services auxquels la garde nationale a été appelée depuis sa réorganisation. Dès l’époque de son admission sur les contrôles de la 2e compagnie, M. Biret a été signalé comme un des combattants de Juillet et avant même qu’il eut réuni les nombreux et irréfragables témoignages qu’il produit aujourd’hui à l’appui de ce fait, le soussigné avait déjà la conviction intime de la part active qu’il a prise à notre glorieuse révolution. L’omission qui a été faite par la Commission des récompenses nationales du nom de M. Biret sur la liste des décorés de Juillet est évidemment une erreur, dont le soussigné sollicite et verra avec plaisir la prompte réparation. » Signé : illisible, capitaine à la 2e compagnie du 4e bataillon de la XIe légion de la garde nationale. La deuxième : « Je me joins avec le plus grand plaisir à mon capitaine en premier pour rendre justice au zèle et à l’exactitude de M. Biret. Je désire de tout cœur qu’il obtienne la décoration demandée. » Signé : Guérard, capitaine en second de la 2e compagnie du 4e bataillon de la XIe légion de la garde nationale. La troisième : « Le soussigné, commandant en second du 4e bataillon de la XIe légion et ancien capitaine de la compagnie à laquelle appartient M. Biret, atteste que dès les premiers jours d’août 1830, il était de notoriété parmi les gardes nationaux que ce brave citoyen avait pris une part des plus actives aux événements des trois glorieuses journées de Juillet et qu’à cette époque plusieurs personnes attestaient avoir été témoins de sa belle conduite. » Signé : Martin d’A... La quatrième : « Je soussigné, commandant en premier le 4e bataillon de la XIe légion, déclare m’unir de tout cœur à l’attestation du commandant en second du 4e bataillon et je recommande le sieur Biret à la clémence royale. J’atteste en outre qu’il est un des plus zélés des gardes de la compagnie à laquelle il appartient. » Signé : Dargou illisible. La cinquième : « J’ai l’honneur de recommander avec intérêt cette demande aux bontés de Sa Majesté. M. Biret ayant tous les droits pour obtenir la décoration qu’il sollicite. » Signé : illisible, colonel de la XIe légion. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Le chef et commandant des postes des barrières du Maine et du Montparnasse certifie que le citoyen Alexandre Biret était le 27 juillet à 5 heures du soir rue Saint-Honoré, où il jetait des pierres aux gendarmes. Le 29, après la prise de la caserne des Suisses, rue de Babylone, il s’est rendu à mon poste de la barrière du Montparnasse, où il a fait un service utile jusqu’au 31. Il a contribué de tout son pouvoir au maintien de l’ordre public. » Signé, le 14 octobre 1830 : Andras-Dumontois (voir ce nom), chevalier et lieutenant-colonel. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Alexandre Biret était parmi ceux des volontaires qui sont entrés au Palais-Royal le 29 juillet dernier ; qu’il s’est porté dans la bibliothèque pour tirer sur les gardes royaux embusqués dans les maisons de la rue de Rohan et qu’il a contribué à maintenir l’ordre. » Signé, le 16 octobre 1830 : Bonneau, conservateur du mobilier. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « D’après les renseignements très exacts que m’a donnés M. Biret, je suis convaincu que c’est le même jeune homme qui a arboré le drapeau tricolore dans la bibliothèque du Palais-Royal. » Signé, le 16 octobre 1830 : Lamy, secrétaire adjoint des commandements de mademoiselle Adélaïde d’Orléans. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu M. Alexandre Biret au moment où je venais d’être blessé au Louvre et aux Tuileries et qu’il m’a prêté son secours pour me transporter dans la rue du Roule. Les renseignements qu’il me donne étant très précis, je lui délivre le présent certificat. » Signé, le 6 novembre 1830 : Baduel (voir Baduel, Louis, Henri), élève de l’Ecole polytechnique. En 1831, il était chasseur à la 2e compagnie du 4e bataillon de la XIe légion de la garde nationale. Il demeurait 5, rue des Poitevins en 1831. Archives de Paris, VD6 631 n° 1 in dossier Pemouillé ; Archives nationales F/1dIII/44.

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