Bizet, François, Fidèle

Biographie


Né le 11 juin 1796 Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Ancien matelot de l’Empire depuis 1807 jusqu’en 1814, en Vendée en 1815 dans le 7e régiment de marine, puis ex-sous-officier du 3e régiment de la garde royale, congédié le 6 mars 1824, et enfin ouvrier des ports (mais maçon in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives nationales F/1dIII/35 B). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut, après la révolution, un total de deux cents francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste à Palbra, Armand, Pierre) de la pétition qui, le 9 mai 1831, protestèrent contre les conditions dans lesquelles s’était faite la réunion du passage Saumon et réaffirmaient sa fidélité à Louis-Philippe. Cette pétition était ainsi rédigée : « Les soussignés, décorés de la Croix de Juillet, considérant qu’ils doivent à leur conscience de manifester leur opinion sur le résultat de la séance tenue au passage du Saumon, le 6 mai dernier, ont arrêté de rendre publique la déclaration suivante. Les hommes de Juillet, dévoués avant tout à leur pays ont combattu pour renverser l’arbitraire, secouer le joug qu’on voulait imposer à la liberté, renverser du trône le roi parjure. Déposant les armes immédiatement après leur victoire, ils accompagnèrent de leurs acclamations le lieutenant-général du royaume à l’Hôtel de ville et bientôt après reconnurent en lui le roi des Français, le roi citoyen. Fidèles à leur dévouement, ils ne demandèrent, ils ne sollicitèrent aucune faveur ; la loi du 13 décembre 1830 décerna des récompenses nationales à ceux qui dans les grandes journées de Juillet avaient sauvé la patrie, versé leur sang pour elle et mérité par leur conduite de voir leurs noms inscrits aux tables de nos lois. Une commission dont les membres choisis parmi les citoyens qui avaient pris la part la plus glorieuse aux événements de la grande semaine fut instituée ; un travail long et consciencieux fut le résultat de recherches et d’investigations pénibles ; le zèle des commissaires et des jurés quoique toujours à l’épreuve ne se ralentit pas ; enfin 1528 citoyens furent désignés par la Commission pour recevoir la décoration spéciale que leur accordait la loi. Immédiatement un rapport présenté au roi par le président du Conseil des ministres lui proposa de décerner lui-même ces récompenses au milieu des trophées de notre gloire militaire, sous les yeux de nos héros mutilés, dans le temple même où Napoléon voulut rehausser l’éclat de l’ordre qu’il avait fondé, par la vue de nombreux étendards conquis par le courage français, au nom de la patrie et de la liberté. Le rapport du ministre fut suivi d’une ordonnance qui apporte deux modifications dans la proposition de la Commission, l’une repose sur la couleur du ruban, l’autre sur l’inscription ajoutée à la décoration ; l’ordonnance prescrit en outre la formule suivante du serment que doit prêter chaque décoré : “Je jure fidélité au roi des Français, à la charge constitutionnelle et aux lois du royaume.” Les soussignés n’entreprendront point de combattre les motifs qui ont engagé leurs camarades à repousser les dispositions qui viennent d’être énoncées, ils se contenteront seulement de manifester leur opinion quant à ces dispositions. Les soussignés auraient vu avec satisfaction que l’ordonnance du roi maintînt la couleur du ruban proposé par la Commission, attendu que celui adopté est identiquement semblable aux deux ordres espagnols créés en 1808 et 1809 (Voyez la Collection historique des ordres de chevalerie par Perrot, Paris, 1820, deux volumes in 4° n° 42 et 45). Ils déclarent que ces mots Donné par le roi ne changent pas à leurs yeux la nature de la récompense, qui est et ne peut être qu’une récompense nationale et non une faveur royale ; qu’ils ne voient dans ces mots Donné par le roi que l’expression manifeste du désir de Sa Majesté d’associer son nom aux événements glorieux de Juillet, attendu que le roi ne peut aux termes mêmes de la loi ajouter ni retrancher aux noms inscrits par la Commission des récompenses nationales. Quoique, selon eux, aucune disposition législative ne les contraigne à la prestation du serment déterminé par l’ordonnance du 30 avril dernier, ils déclarent qu’ils prêteront serment de fidélité au roi des Français, gardien de la liberté, à la charte constitutionnelle qui la consacre, aux lois du royaume qui la présenteront enfin dans tout son éclat ; ils ne voient dans ce serment ni un acte de féodalité, ni un souvenir du Moyen Age, ni un lien de vassalité. Ils ont trop de franchise pour ne pas déclarer qu’armés pour la liberté, ils ont déposé les armes lorsqu’elle fut reconquise et qu’ils sauraient les reprendre de nouveau si jamais elle était menacée. » De la même manière, Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1830, il était le père d’une famille de cinq enfants. Le 23 juillet 1835, toujours père de cinq enfants en bas âge, s’étant « montré à toute époque fidèle observateur des lois du gouvernement de Sa Majesté », il sollicita un secours. Le préfet de la Seine donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Est dans une position malheureuse et digne d’intérêt. […]. Il fait aussi partie de la garde nationale et a été remarqué pour son zèle et son dévouement. Le produit de son travail et la petite pension qu’il possède comme ancien militaire sont de bien maigres ressources pour entretenir une famille de sept personnes […]. » Il reçut cinquante francs de secours en 1835. En 1836, les renseignements de police indiquaient à son sujet : « Honnête ouvrier […] fait son service actif de la garde nationale. » Il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. Le 14 juin 1837, le maire de La Villette attestait au sujet de Bizet « que sa conduite a toujours été celle d’un honnête homme et d’un bon citoyen, qu’il est marié, père de quatre enfants en bas âge, tous à sa charge et qu’il n’a d’autres ressources pour soutenir cette nombreuse famille que le produit de son travail quotidien comme ouvrier du port ; […] que malgré cette position difficile le sieur Bizet fait volontairement le service de la garde nationale, 3e compagnie de chasseurs, et qu’il s’est habillé et équipé à ses frais ». Puis en 1838, les mêmes sources rapportaient : « Employé sur les ports pour le déchargement des bateaux de charbon. Il n’a pour ressources que le prix de ses journées de travail et sa position n’est nullement heureuse. Sa conduite est régulière et on dit beaucoup de bien de lui sous tous les rapports. Malgré sa pauvreté, il n’a pas voulu quitter les rangs de la garde nationale [dont il était sergent instructeur, N.D.A.]. Il y fait son service avec zèle et dévouement. » Il reçut quarante francs de secours en 1838. Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Le 10 janvier 1839, Triau, L. capitaine de la 3e compagnie de chasseurs de la garde nationale de La Villette, demeurant 11, rue de Flandre à La Villette, lui délivra un certificat comme quoi il faisait son service « avec zèle et exactitude » et avait toujours été présent à toutes les prises d’armes depuis six ans qu’il était venu à La Villette. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1840 et 1841. En 1842, toujours selon les mêmes sources, il ne pouvait soutenir sa famille, ne gagnant « que deux francs par jour de son métier d’ouvrier du bassin de La Villette » et était « tout dévoué au gouvernement actuel ». Il reçut quarante francs en 1842, vingt-cinq francs en 1843, quarante francs en 1844, soixante-cinq francs en 1845, quarante francs en 1846 et 1847. Il fit partie d’une délégation de décorés de Juillet (vers 1846), qui se plaignirent que, quoique pauvres, ils n’avaient reçu aucun don à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Cette délégation fit parvenir au roi la lettre suivante (dont nous avons tenté de rétablir le sens et l’orthographe défaillants, N.D.A.)

« A Sa Majesté, le roi des Français,

»Sire,

»Messieurs les décorés de Juillet se font l’honneur de déposer aux pieds de Votre Auguste Personne leurs hommages et leurs souvenirs. Dans ce jour louable où nos bras et nos cœurs ont fait triompher la sainte cause populaire, nous venons de nouveau déposer dans le sein de Votre Auguste Personne et Famille notre honneur et nos serments. Nous, Sire, qui tant de souvenirs de Votre Auguste Personne ont de longtemps versé dans la coupe du malheur et de l’infortune le ruisseau du bienfait, nous venons déposer dans le cœur du père de la patrie, nos souffrances, nos privations et nos manques de travaux. Car si juillet est un jour de gloire, serait-il pour nous un jour de souffrance et de misère de plus ? non, Sire, votre âme et votre cœur généreux ne pourront souffrir que les triomphateurs d’une cause si belle et si juste soient à la poignée (sic) de la misère et de la souffrance. Sire, le trône de Juillet sur lequel sont placés Votre Personne Auguste et vos généreux enfants est l’arche sainte du peuple français, sur lequel l’âme et le cœur du roi brillent de la douceur et du feu de la liberté. Mal à qui y pense et malheur à qui y touche. Sire, ces héros, dont tant de fois on chanta la gloire, seraient-il oubliés par vous. Laisserait-on ces généreux enfants mourir de misère et de faim. Votre âme est trop belle pour nous priver de notre belle patrie. Car la patrie à l’ouvrier laisse le travail, c’est là son honneur ! Nous qui sommes des hommes de famille, nous qui sommes les héros de Juillet et le soutien de la monarchie présente et à venir, nous sommes pauvres, nous n’avons pu faire aucune économie cet été, par le manque de travaux, les substances chères, les loyers d’une cherté colossale et sans remise. Voilà la misère de ces héros, dont tant de fois on chanta la gloire. Sire, nous avons l’espérance que nos cris de détresse seront entendus par Votre Auguste Personne et généreux enfants et que le père de la patrie n’oubliera pas les héros de Juillet, que notre recommandation et supplique ne sera pas oubliée, que votre faveur y fera droit et justice. Vive le roi et la sainte cause de notre liberté. » (Voir la liste des signataires à Blanchard, Charles). Il participa à la révolution de Février, commanda le poste du faubourg Saint-Denis et fit fondre du plomb fabriquer des balles. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, citoyens du faubourg Saint-Denis, certifions que le citoyen Bizet, François, Fidèle, ancien militaire sous l’Empire, décoré de la Croix de Juillet 1830, s’est conduit avec honneur et qu’il a participé à faire les barricades et qu’il a protégé les maisons ci-dessous désignées, savoir : la maison de l’artificier et celle du citoyen Bizet, ferrailleur. De plus que nous l’avons vu armé pendant cinq jours et cinq nuits et qu’il a commandé le poste du faubourg Saint-Denis n° 149. De plus il a été à la tête des citoyens pour défaire les barricades pour que la circulation des approvisionnements de Paris soit plus prompte. Et qu’il a demandé du plomb aux citoyens Bizet, ferrailleur, dont il a fait fondre des balles pour distribuer aux citoyens armés. » Signé, le 29 février 1848 : Cailloux, marchand de vin, demeurant 147, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Arnoult, marchand de vin, demeurant 127, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Bizet, ferrailleur, demeurant 131, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Bissaud, débitant de tabac, demeurant 137, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Havée, traiteur, demeurant 149, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Poirrier, fabricant, demeurant 151, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Meigneir, marchand de vin, demeurant 146, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Mermillot, marchand de vin, demeurant 140, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Cousin, marchand de vin, demeurant 136, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Zwilling, artificier, demeurant 130, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Petit, artificier, demeurant 146, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Thiebaut, lieutenant à la Ve légion de la garde nationale, demeurant 152, rue du Faubourg-Saint-Denis. Le 23 mars 1848, il sollicita auprès de la Commission des récompenses nationale instituée par la république, une place de « surveillant ou concierge dans une dépendance nationale », étant pour le moment sans travail, dénué de tout, père de famille de trois enfants en bas âge et sa femme infirme. Il obtint un secours de quarante francs en 1848. Il fut arrêté le 10 juillet 1848 pour insurrection et transporté à Belle-Ile. Revenu de transportation, il obtint un secours de cinquante francs en 1851. En 1852, la préfecture de police indiquait : « Très mauvaise réputation, conduite très irrégulière. Il est ivrogne et paresseux. Il est mêlé à tous les mouvements qui ont eu lieu depuis 1830. Après les affaires de juin, il a été arrêté et transporté à Belle-Ile, où il a été détenu dix-sept mois. » Il donnait, quant à lui, les explications suivantes, en 1854 : « J’ai eu le malheur d’être transporté en juin 48 par fausse dénonciation et je suis rentré dans ma famille par la clémence du prince président le 3 décembre 1849 […]. Si je m’étais battu en juin cela aurait été pour mon empereur plutôt que pour tout autre gouvernement puisque j’ai eu le bonheur de servir l’Empire sept ans et que je ne connaissais que cette illustre famille […]. » On trouve aux sommiers judiciaires les informations suivantes : Conduit à La Force le 28 juillet 1845, pour vol, renvoyé par jugement du 13 septembre suivant ; à La Force le 3 mars 1846, pour escroquerie, port illégal de la décoration de la Légion d’honneur, renvoyé le 17 dudit mois ; à Saint-Lazare, le 10 juillet 1848, pour insurrection, transporté. » Il demeurait 8, passage de l’Industrie, faubourg Saint-Martin en 1830-1831 ; à La Villette à partir de 1833 ; 8, rue du Havre, grande rue de La Villette, en 1835-1836 ; 63, rue de Flandre Grande Villette en 1838 ; 39, rue de Nantes en 1842 deux petites chambres au 2e étage qu’il louait cent francs par an pour sa femme enceinte et ses cinq enfants ; 36, quai de la Loire en 1843 ; 9, rue Frépillon en 1846 ; 149, rue du Faubourg-Saint-Denis vers 1846 ; 147, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1848 ; 133, rue du Faubourg-Saint-Denis, où il était concierge, de 1849 à 1854. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries, décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 (sous le seul nom de Bizet) ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Lacaine ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 78, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184. Voir sans doute Bizet, François, Pierre, même arrondissement et voisin…

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