Blateau, Benjamin

Biographie


Né en 1799 à La Rochelle. Ancien sergent-major, devenu peintre décorateur dans l’atelier de Lebe Gigne illisible, depuis 1827 à 1848, peintre décorateur, ancien associé de Geire illisible, qui lui délivra un certificat pour attester qu’il n’avait toujours eu qu’à se louer de ses services. Le 21 mars 1848, il fit valoir ses droits devant la Commission des récompenses nationales établie après la Révolution de février. Il faisait le récit suivant de la conduite qu’il avait tenue depuis juillet 1830, dans des circonstances où il se montra toujours « chaud patriote et républicain éprouvé » : « 1830 juillet : combattant contre les rois. 1831 : place de la Bastille, sauvé d’entre les mains des assommeurs le citoyen Devoir (voir Devoir, Lucien, Victor, Louis ?), décoré de Juillet, actuellement peintre chef du théâtre de la porte Saint-Martin, demeurant rue Grange-aux-Belles, n° 9. 1832, 5 juin : fait le coup de feu à 9 ou 10 heures du soir, sur le pont de l’Hôtel-Dieu contre les vétérans et dragons, assisté des citoyens Fouquet, peintre de genre, et Charles Derchy, dessinateur, faubourg Poissonnière n° 62. 6 juin : fait le coup de feu rue Maubuée, 14, avec le citoyen Grimbert, polonais, marchand de crayons et victime alors de sa bravoure, détenu et exilé. 1839 : affaire Barbès et Blanqui. Fait le coup de feu à une barricade vers la rue de Montmorency. Il n’a de preuves que celles de ceux qui l’ont vu sortir sans arme et rentrer avec un fusil. 1848, 24 février : combattu place du Palais-National contre le poste du Château-d’Eau et un des premiers qui est entré dans ledit poste. Pour le 24 février, il est porteur d’un certificat qui constate ces faits, revêtu de quatre signatures ainsi que suit : Chery Dillaure, coiffeur, demeurant 42, rue du Faubourg-du-Temple ; Cottoti, marchand de vin ou maître d’hôtel, demeurant 227, place du Palais-National ; Beaumont, A., demeurant 40 bis, rue du Faubourg-du-Temple ; Robillard, lieutenant dans la Ve légion, gérant du Populaire. Aussitôt rentré le soir du 24, ledit Benjamin a formé un poste vis-à-vis le numéro 48, rue du Faubourg-du-Temple et a rempli son devoir de vrai patriote républicain. Le 24, il a aussi participé à prendre la caserne du faubourg du Temple et là il s’y est armé. Tous les voisins du citoyen Benjamin sont prêts à signer la conduite honnête, prompte, vigoureuse et patriotique dudit citoyen. » Il joignait effectivement les duplicata des certificats sus désignés : « Je, soussigné, reconnaît avoir vu le sieur Benjamin Blateau, artiste peintre, combattant au château d’eau et l’ayant vu monter plusieurs fois sur le perron et étant un des premiers maître du poste le 24 février de midi à 3 heures et demie environ. » Signé, le 12 mars 1848 : Chery Dillaure, A., coiffeur, demeurant 42, rue du Faubourg-du-Temple et Cottoti, maître d’hôtel, demeurant 227, place du Palais-National. « Je, soussigné, déclare avoir vu le citoyen Benjamin Blateau faire le coup de feu à l’attaque du poste du château d’eau, place du Palais-Royal. » Signé : Beaumont, A., demeurant 40 bis, rue du Faubourg-du-Temple. « Je certifie que le sieur Blateau est parti avec moi de la halle aux cuirs pour aller combattre au Palais-Royal et qu’il s’y est bien conduit. » Signé : Robillard, lieutenant de la Ve légion. Il joignait d’autre certificat à sa demande. Le premier pour attester qu’il avait établi, en juillet 1830, un poste pour préserver du pillage le mobilier de la couronne aux Menus-Plaisirs. Le deuxième, une lettre de Devoir, décoré de Juillet, ancien artilleur de la 2e batterie et maintenant dans la 5e, le 1er octobre 1848, lui adressa la lettre suivante : « Mon cher Benjamin, c’est avec reconnaissance que je m’empresse de certifier que, le 14 juillet 1831, tu m’as sauvé des mains des assommeurs et que depuis 1827 jusqu’à ce jour tu as toujours servi la cause publique en brave et honnête citoyen. » Le troisième, une lettre de Derchy, Ch., demeurant 101, rue du Faubourg-Poissonnière : « J’ai reçu le mot par lequel tu me demandes d’attester de ta conduite le 5 juin 1832 (ce qui je l’avoue me semble un peu problématique car le titre de républicain recommande fort peu sous l’ordre de choses actuel). Cependant je m’empresse ici d’attester la vérité, savoir que le 5 juin 1832, nous nous sommes trouvés plusieurs fois ensemble, entre autres à la fin de la journée, à l’attaque du poste du petit pont de l’Hôtel-Dieu, lequel poste nous avons emporté, que je t’ai vu là te conduire bravement et risquer tes jours pour tâcher d’amener par ce mouvement la proclamation de la république et son installation, que nous voulions déjà. Voilà ce que je puis attester, sur mon honneur et ma conscience, comme l’exacte vérité. » Le quatrième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, propriétaire, rue du Faubourg-du-Temple, n° 50, certifie que le sieur Blateau, Benjamin, peintre, demeurant dans ma maison, a été un des premiers à organiser un poste de nuit pendant la soirée du 24 février dernier et que ce poste a puissamment contribué à assurer la sécurité des habitants et à maintenir l’ordre dans le quartier. » Signé, le 10 mars 1848 : Coulombel ; cette lettre était apostillée par (pour les signatures lisibles ou à peu près) : Angelot, demeurant 63, rue du Faubourg-du-Temple, femme Toudouze ; Millaux ; Catau ; Celis ; Lefranc, demeurant 50, rue du Faubourg-du-Temple ; Ellingens, demeurant 50, rue du Faubourg-du-Temple ; Mothereau, L., A. ; Legou, L., demeurant 57, rue du Faubourg-du-Temple ; Vasseur aîné, demeurant 54, rue du Faubourg-du-Temple ; Villain ; Charrier, lampiste, demeurant 59, rue du Faubourg-du-Temple ; Lafra, Etienne, liquoriste, demeurant 59, rue du Faubourg-du-Temple ; Suchelet, demeurant 63, rue du Faubourg-du-Temple ; …houroud, demeurant 61, rue du Faubourg-du-Temple ; Leleu, marchand épicier, demeurant 55, rue du Faubourg-du-Temple. Le cinquième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu avec moi le citoyen Blateau, Benjamin, participer à la prise de la caserne, dont nous avons pris ses armes et cartouches, que nous avons distribuées, et j’atteste qu’en revenant de combattre il a formé pour le bien de l’ordre un poste dont je faisais partie comme caporal dans le faubourg du Temple, vis-à-vis le 48 et que nous avons pendant plusieurs jours continué le même service. » Signé, le 18 juin 1848 : Cuisnier, ciseleur, demeurant 60, rue du Faubourg-du-Temple. Convoqué par la Commission, il ne put pas se présenter parce que « délégué du comité révolutionnaire » en mission à Bordeaux ; il répondit par écrit à la convocation, renouvelant une demande d’emploi dans le mobilier national, parce que sans emploi depuis trois mois, ou à défaut « dans une des gardes républicaines » ou « un emploi dans tout pays où il vous plaira de m’envoyer ». Sa demande fut rejetée faute d’avoir produit les pièces. Il était marié en 1848. Il demeurait 50, rue du Faubourg-du-Temple en 1848. Archives de la préfecture de police AA 373.

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