Blé, Louis
Biographie
Né vers 1782 à Versailles (Yvelines). Couvreur. Il fut contusionné à la poitrine par un coup de crosse de fusil et blessé par un coup de feu qui lui traversa son chapeau et le blessa légèrement à l’oreille, le 28 juillet rue de Richelieu en face la rue de la Bibliothèque, dans une charge que firent les Suisses et les gardes royaux. Marié et père d’un enfant, il reçut un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. N’ayant pu reprendre ses travaux du fait de sa blessure, qui le faisait encore souffrir, privé depuis quinze jours des ressources qu’il tirait habituellement de son seul travail, il sollicita, le 7 septembre 1830, des secours. Sa demande était apostillée par Lanquetin, garde national, demeurant 11, rue de la Ferronnerie, et qui accompagnait sa signature des trois points maçonniques. Il reçut un secours de dix francs, le 13 septembre 1830, un secours de cinq francs, le 2 octobre 1830 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut cent trente francs après la révolution selon son dossier instruit par la Commission des Réclamants. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, domiciliés à Paris, certifions à qui il appartiendra et pour vérité notoire, que le nommé Louis Blé, ouvrier couvreur, demeurant à Paris, rue du Jour, n° 13, a combattu pendant les glorieuses journées de juillet dernier contre les troupes qui s’opposaient à la conquête de la liberté, que nous l’avons vu et remarqué dans plusieurs affaires, notamment dans une qui a eu lieu rue Saint-Honoré, près celle de la Bibliothèque, où il a été atteint de plusieurs balles, dont une a traversé son chapeau, et que frappé fortement d’un violent coup de crosse de fusil, il a été blessé à la poitrine, renversé à terre et laissé pour mort. » Signé, le 12 octobre 1830 : Wartel, demeurant 7, rue de la Lanterne, quartier des Arcis ; Bonnet (voir Bonnet, Jean-Pierre), demeurant 26, rue Saint-Eloi ; Leveau, demeurant marché Boulainvilliers, escalier 11, n° 24. Le certificat médical suivant constatait ses blessures : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, remplissant les fonctions de chirurgien de l’Institution des sourds-muets, certifie avoir donné mes soins et avoir pratiqué une saignée à M. Louis Blé, couvreur de son état, à l’occasion d’un violent coup de crosse de fusil qu’il a reçu sur la poitrine le 28 juillet dans la rue Saint-Honoré et par suite duquel il fut jeté à la renverse. Je déclare en outre qu’il m’a été certifié par les camarades de Louis Blé que c’est en défendant la cause nationale qu’il a été frappé par un soldat de la garde royale. La contusion musculaire et la douleur profonde qui ont suivi le coup ont mis Louis Blé dans l’impossibilité de travailler pendant trois semaines. » Signé, le 7 septembre 1830 : Berjaud, (voir Berjaud, Jean-Baptiste, Marie) demeurant 18, rue du Four-Saint-Honoré. Il retira, le 8 septembre 1831, les pièces qu’il avait confiées à la Commission des Réclamants. Il demeurait 15 bis, rue du Jour (mais 15, rue du Jour deux fois in Archives de Paris VD3 1-2) en septembre 1830 ; 13, rue du Jour en 1831 in Archives de la préfecture de police AA 373 (dans le courrier qu’il envoie en septembre 1830, le 15, rue du Jour est rayé pour laisser la place au 13, rue du Jour ; mais dans un autre courrier il écrit bien le 15, rue du Jour). Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 54 ; Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 22 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (où le ministère de l’Intérieur indique avoir fait parvenir une pièce le concernant à la Commission des récompenses nationales) ; Archives de la préfecture de police AA 373. Voir Bled, Louis ?