Bleton, Alexandre
Biographie
Né le 6 juin 1780 (parfois, mais par erreur, le 6 juin 1781) à Tauves (Puy-de-Dôme). La chronique de l’époque relatait ainsi sa participation à la révolution de Juillet : « M. Alexandre Bléton (sic), commandant la tête de pont de Grenelle à la tête de trente hommes, a fait rendre tous les dépôts réunis à l’Ecole militaire, commandés par M. de Beaumont, gouverneur de l’école. M. Thouvenin, capitaine de l’artillerie de la garde, s’est de suite rendu comme otage. Tous les soldats ont crié Vive la Charte ! en tirant leurs armes en l’air. M. Bléton a fait ouvrir le pont de Grenelle, qui était gardé par M. Salmon, propriétaire de la fabrique d’eau de Javel, qui, à la tête de ses ouvriers, et n’ayant que trois fusils, avait conduit des tonneaux d’acide pour les faire jouer avec des pompes sur les Suisses. » Le 25 avril 1831, il sollicitait un emploi auprès du baron (?? pas de traces du nom du destinataire). Dans une lettre, adressée sans doute au général Zimmer, il le remerciait de son intervention et rappelait ses titres à une récompense : « Je profite de l’offre obligeante que vous avez eu l’extrême bonté de me faire pendant la grande semaine de Juillet pour vous prier de joindre à la demande que j’eus l’honneur de vous remettre, dans le mois de novembre, les deux certificats ci-joints. J’en aurais ajouté bien d’autres mais je me plais à croire, d’après la religion de vos promesses, que je n’ai pas besoin auprès de Sa Majesté de meilleurs témoignages que le vôtre, général, étant persuadé que vous n’avez pas oublié ma conduite à l’Hôtel de ville envers la députation de la Société des amis du peuple, ni celle sur la place du Palais-Bourbon, où j’exposais mes jours en m’emparant de vive force et en jetant dans la Seine des milliers de catéchismes républicains qu’on y distribuait et en faisant dissiper les rassemblement qui menaçaient la Chambre des députés, ni les grands dangers que je courus au Palais-Royal, en enlevant de force, des mains d’un afficheur, malgré sa nombreuse escorte des placards incendiaires, que j’eus l’honneur de vous remettre, ce dont vous me témoignâtes tant de reconnaissance. Je ne rappellerai pas la conduite que j’ai tenue dans les événements de décembre, en cela je n’ai fait que mon devoir de bon citoyen. Si, en joignant ces certificats à ma demande, vous aviez la complaisance, général, d’ajouter de votre main la désignation de l’emploi que ma discrétion ne m’a pas permis d’indiquer, ce sera une ordonnance royale qui sera à jamais gravée dans mon cœur. Je prends enfin la liberté de vous envoyer une lettre de M. de Leyval, mon ami. Il touche un mot sur les grands revers de fortune que j’ai éprouvés, et sur les droits que je soumets aux bontés du roi. Mon avenir et celui de mes deux fils, général, sont en vos mains. C’est avec la plus parfaite confiance que je les y dispose. » Le colonel Zimmer (voir ce nom) appuya sa demande : « Je, soussigné, certifie sur l’honneur à messieurs les membres de la Commission des récompenses nationales que M. Alexandre Bleton, de Tauves (Puy-de-Dôme), s’est fait remarquer pendant les derniers jours de la grande semaine d’une manière particulière, tant par son patriotisme que par sa bravoure. Qu’étant venu me rendre compte de la convention qu’il avait faite avec les troupes qui s’étaient réunies à l’Ecole militaire, je lui donnai l’ordre d’aller reprendre le commandement de l’importante position de la tête du pont de Grenelle, que je devais faire soutenir par cinq cents hommes. Le vendredi, par suite d’une reconnaissance qu’il poussa sur Saint-Cloud, il ramena à l’Hôtel de ville plusieurs sous-officiers de la garde et un officier de gendarmerie. Le même jour, lui ayant ordonné d’aller avec six élèves de l’Ecole polytechnique en reconnaissance jusqu’aux avant-postes des troupes de Charles X, d’établir des postes sur la rive gauche de la Seine et d’organiser les gardes nationales de Vaugirard, d’Issy et de Meudon, il remplit sa mission avec zèle et intelligence. Dès 6 heures du matin le samedi, l’ayant dirigé sur Sèvres, où commença l’attaque qui amena la prise de Saint-Cloud et ayant encore conduit dans la soirée du même jour plusieurs militaires du 3e de la garde et un chef de bataillon suisse, il refusa d’aller prendre le commandement provisoire de Meudon et de la manufacture de Sèvres qui lui furent offerts, disant qu’il pouvait être plus utilement employé. Le dimanche, sur l’ordre du général Lafayette, il fut à Trappes reconnaître l’ennemi et, le lundi, il partit un des premiers pour Rambouillet. Le mercredi, je le chargeai de diriger sur l’Ecole militaire tous les soldats qui se rendaient. Le jeudi, sachant combien il avait contribué à faire dissiper le rassemblement qui entourait la Chambre des députés, surtout en enlevant des placards des mains d’un afficheur et en donnant en mon nom la consigne aux divers postes voisins d’arrêter ceux qui placarderaient ou distribueraient des affiches incendiaires. Je l’invitais à porter le même ordre à tous les autres postes, ce qu’il fit avec le zèle le plus louable. Jusqu’au 8 août enfin, qu’une blessure qu’il avait reçue le força de quitter l’Hôtel de ville pour prendre du repos, il n’a cessé de faire auprès de moi le service d’officier d’ordonnance, avec un dévouement si complet qu’il lui donne des droits incontestables aux récompenses nationales et à la bienveillante justice de la Commission chargée de les accorder aux plus méritants. » Signé, le 10 décembre 1830 : Zimmer, colonel du 33e régiment de ligne, ex-chef de l’état-major de la garde nationale de Paris. De même le député, Augustin de Leyval, appuyait, dans ces termes, la demande : « […] M. Bleton, son père, longtemps receveur de l’enregistrement à Tauves (Puy-de-Dôme), y a toujours eu l’existence la plus honorable et a joui de l’estime et de l’affection de ses concitoyens. Son frère est un officier distingué, qui se trouve aujourd’hui le plus ancien capitaine de l’armée et est attaché à l’état-major. Enfin, lui-même, habitant depuis longtemps Paris, est porteur de pièces qui établissent que, dans les journées de Juillet, il a été chargé de missions importantes, dont il s’est acquitté avec intelligence, bravoure et dévouement. Je sais que sa famille a éprouvé des malheurs de fortune et sa position particulière lui rendrait infiniment précieuses les bontés de Sa Majesté. Permettez-moi donc, monsieur le baron, comme député de son département et comme ami de sa famille, de le recommander à votre bienveillance et à votre intérêt. » Signé le 10 décembre 1830 : Augustin de Leyval. Les députés du Puy-de-Dôme joignaient le certificat suivant : « Nous, députés du département du Puy-de-Dôme, soussignés, attestons que M. Alexandre Bleton, de Tauves, a constamment, à l’exemple de son père (ex-subdélégué de l’intendance, administrateur au département, membre du conseil général, juge de paix, etc.) consacré son existence à l’organisation et au maintien de nos libertés. A seize ans, M. Alexandre Bleton embrassa la carrière des armes. Une grave blessure, deux ans après, l’a forcé à quitter le service (le poste d’officier d’ordonnance du général Desaix dans une autre version en 1848 et que Bleton certifia pourtant conforme à l’original). En 1805, licencié en droit et nommé capitaine de la garde nationale à cheval à Tauves. En 1808, nommé receveur des domaines dans le département des Deux-Sèvres. En 1811, passé en la même qualité dans le département du Puy-de-Dôme. En 1812, il remplace son père à la recette de Tauves (retraité après cinquante ans d’honorables services, dans une autre version en 1848 et que Bleton certifia pourtant conforme à l’original). En 1813, nommé membre du conseil municipal à Tauves et commandant de la garde nationale. En 1814, nommé membre du conseil d’arrondissement, de la Société d’agriculture et président du comité de charité. En 1815, M. Bleton assura le service de la place de Tauves, créa une infirmerie à ses frais pour les prisonniers de guerre qui ne pouvaient continuer leur route et, malgré qu’il eût puissamment contribué au maintien de la tranquillité publique lors du licenciement de l’armée de la Loire et acquis l’estime générale dans le Puy-de-Dôme, il n’en fut pas moins compris dans la réaction qu’exerça dans le Puy-de-Dôme le préfet Armand. Renvoyé dans le département de la Corrèze. M. Bleton obéit quoique ce changement portât un grand préjudice à sa fortune mais, dans le jour de son installation, il demanda un congé. Le congé expiré, il préféra rentrer dans la vie privée que de reprendre des fonctions pour un gouvernement dont les exigences ne pouvaient coïncider avec ses principes. Depuis, il a été un des premiers à se montrer dans toutes les occasions où la cause nationale appelait les bons citoyens et lors de notre glorieuse révolution de Juillet M. Bleton s’est conduit avec bravoure et un dévouement au-dessus de tout éloge. Nous ne craignons pas de dire qu’il a puissamment contribué aux succès obtenus par les braves Parisiens dans les mémorables journées, ainsi que dans les événements de décembre. A ces titres, nous recommandons M. Bleton, avec la plus vive instance, à l’attention du gouvernement. Un homme tel que lui mérite un poste digne de sa capacité, de ses services, de son caractère et de son patriotisme éprouvé. » Signé, le 5 janvier 1831 : Augustin de Leyval ; Beaudet-Lafarge ; Molin ; baron Simmer ; et un nom illisible Arisson ?… Dans sa séance du 21 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, laissait au sujet de Bléton, dépendant du (ancien) VIe arrondissement et demeurant 6, rue de Vendôme (sans qu’on sache quelle importance on doit y attacher), cette simple mention Immoralité, inscrite en face de son nom, sur une liste de décorés dont l’attribution d’une décoration faisait polémique. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sous le seul nom de Bleton sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il est sur deux listes (Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 et Archives de Paris VD6 3) des personnes ayant reçu la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Cherrier, Jean, Louis, Célestin, qui s’était battu au pont de Grenelle et au pont de Sèvres, écrivait qu’on pouvait prendre auprès de lui des renseignements sur la conduite que lui-même avait tenue dans ces deux communes. Sans doute les convictions antirépublicaines de Bleton changèrent puisqu’il participa à l’émeute de juin 1832 et eut un de ses fils qui perdit la main droite dans les combats (on trouve dans son dossier un mandat de dépôt pour Bleton, Alexandre, en date du 22 août 1832 et remis en liberté le lendemain). Il fut blessé sur le boulevard des Capucines, le 23 février à 22 heures d’un coup de baïonnette reçu à la jambe droite et d’une contusion aussi à la jambe droite, alors qu’il cherchait à désarmer un soldat du 14e de ligne. Dans la notice biographique que le républicain Rabouin, Napoléon écrivit sur lui-même, après la révolution de 1848, pour se faire connaître, et pour mettre en garde contre « les intrigants politiques [qui] pullulent de toute part », il retraçait les circonstances dans lesquelles il avait lui-même participé à la révolution de Février et donnait les précisions suivantes, qui intéressent la conduite de Bleton : « Dans la révolution de février, dès le 23, j’ai partagé l’indignation qu’occasionna la décharge faite par une compagnie du 14e de ligne sur le peuple devant le ministère Guizot, où un de mes amis fut blessé, Bleton, ex-capitaine d’état-major de Lafayette. Le lendemain matin, avec cet ami, après avoir excité et coopéré à faire des barricades, nous nous rendîmes à la caserne de la rue de Clichy, où nous rencontrâmes le citoyen Louet et son fils et une foule d’autres citoyens avec lesquels nous assistâmes à la remise d’armes du bataillon du 24e de ligne. De là nous passâmes rue de la Ferme-des-Mathurins, au moment où une dame mettait un drapeau tricolore dans les mains de Garnier-Pagès, qui, de la croisée de l’appartement de son collègue Odilon Barrot, se mit à pérorer le peuple en ces termes : “La réforme, vous l’aurez, je vous la promets, mes amis, mes frères, retirez-vous avec ordre, soyez calmes, laissez-nous, au milieu des graves circonstances où nous nous trouvons, délibérer en silence, au nom de mon honorable ami M. Barrot, je vous en conjure, retirez-vous !…” A quoi je répliquai avec force et véhémence : “Il ne s’agit plus ici de votre honorable M. Barrot, il ne s’agit plus de délibérer, mais d’agir ; il s’agit du peuple souverain assemblé. Ce n’est pas la réforme que nous demandons, c’est la république que nous voulons ; plus de Bourbons, Vive la République !…” » Missemblé, André, Rose (voir ce nom) et Collet, Fortuné (voir ce nom) (dont en consultant les notices biographiques on s’aperçoit qu’ils ne sont pas des plus sincères des républicains, N.D.A.) lui délivrèrent, le 10 août 1848, le certificat suivant : « Nous, soussignés, délégués des décorés de Juillet en 1830, certifions que le citoyen Bleton, Alexandre, décoré de la Croix de Juillet (sic), a été posté d’office comme blessé, combattant de cette époque, qu’il n’a jamais adressé de demandes à la Commission des récompenses nationales de 1830 (sa demande d’emploi n’était en effet pas adressée à la Commission des récompenses nationales et fut trouvée, en février 1848, dans les papiers saisis aux Tuileries après l’invasion par le peuple, N.D.A.) et qu’il n’a réclamé ni touché de sommes en argent. Nous nous empressons de recommander tout particulièrement ce brave citoyen, qui constamment a donné des preuves non équivoques de son patriotisme et de son courageux dévouement à la cause populaire, en marquant de son sang chaque champ de bataille de cette sainte cause. Ses longs services, son éducation distinguée et ses connaissances administratives le rendent tout à fait digne d’obtenir l’emploi qu’il pourra solliciter. » Lui-même récapitulait ainsi sa vie, auprès de la Commission des récompenses nationales créée après la révolution de Février, et de laquelle il sollicitait l’obtention d’une pension à cause de sa blessure : entré, à l’âge de quinze ans, dans l’armée. Attaché à l’état-major de son compatriote le général Desaix, il quitta l’armée, par suite d’une grave blessure, au moment où celui-ci partait pour l’Egypte. Il fut nommé surnuméraire dans l’administration de l’enregistrement et domaine. Licencié en droit en 1805. Receveur des domaines dans les Deux-Sèvres en 1808. Il remplaçait son père dans les fonctions qu’il occupait en 1812. Nommé en Corrèze en 1815. Rentré dans la vie civile. Et continuait : « 1816, procès de l’aide de camp de Labédoyère pour un journal belge. 1820, affaire Chauvelin, je désarmais un garde royal place du Carrousel, comme il allait faire feu sur M. Etienne, aujourd’hui référendaire et député ; au même moment, le chef de bataillon Saunoy, aujourd’hui commandant désarmait un autre garde royal qui le mettait en joue et un troisième garde royal tuait le jeune Lallemand. 1823, affaire du colonel Sausset. Je fis un rempart de mon corps pour défendre le colonel Dufuge illisible contre des sergents de ville. 1827, massacres de la rue Saint-Denis. Je sauvais la vie au lieutenant Duchesne illisible et empêchais la dévastation du café Lisire illisible par des gardes royaux. Lors de l’outrage fait aux restes mortels de M. de Larochefoucault-Liancourt, le colonel Sourd et moi saisirent les armes des agents de police, qui allaient les plonger dans le corps des hommes du peuple qui, reconnaissant de ce que le philanthrope Liancourt avait fait pour l’humanité s’attelèrent au char funèbre pour le conduire au champ du repos. Juillet 1830, je fus un des premiers qui pris les armes et ne les quittais que le 10 août, jour où je donnais ma démission de capitaine d’état-major du général Lafayette, ne voulant pas servir sous la troisième Restauration. 1832, convoi du général Lamarque, affaire Saint-Mery, je fus, en vertu d’un mandat d’arrêt décerné par le juge d’instruction Fournera mis sous les verrous comme chef de complot et n’en sortis que par suite des démarches du général Lafayette et du patriote Tissot, membre de l’Institut. Devenu suspect, je fus en Irlande ; arrivé à Dublin, j’eus l’honneur d’être présenté dans un meeting par l’honorable O’Conel, comme Français, ami du progrès et de l’émancipation des peuples. 1848, après avoir porté au National un article pour les circonstances, qui resta en oubli, je fus place de la Révolution me mêler aux groupes et vivifier les principes qui ont triomphé. Le 23, dès le jour, je me mis dans les rangs du peuple et y était encore à 10 heures du soir, lorsque, sous les croisées du ministère des Relations extérieures, en voulant désarmer un soldat qui venait de faire feu, je reçus deux coups de baïonnette et fis entendre ces mots, répétés de tous côtés Vengeance ! Vive la république ! […] Tant que j’ai possédé, j’ai donné, aux nécessiteux, aux braves Polonais, aux détenus politiques, j’ai enfin porté mon obole toutes les fois que la France a demandé. Aujourd’hui, je viens réclamer des droits acquis par trois ans de service aux armées de la république, seize ans dans les administrations publiques, trente-deux ans de persécutions, de suspicions et de revers, cinq blessures reçues au champ d’honneur et sur les barricades. Sans un incendie qui m’a ravi le peu qui me restait d’une belle fortune, je ferais aujourd’hui ce que j’ai fait en 1830, je ne demanderais point la part à laquelle j’ai droit dans les dons faits aux blessés de Février mais mon grand âge, le malheur arrivé à mon fils aîné, amputé d’un bras, et la perte des bagages de mon second fils, lieutenant au 48e régiment de ligne, par suite du feu de la caserne de Reuilly par les insurgés me forcent. Enfin, messieurs, je laisse à votre conscience la fixation de la pension que je réclame et qui m’est due. C’est la première demande que je fais. Si je n’avais pas été forcé de quitter mes fonctions, j’aurais aujourd’hui trois mille francs de retraite. » Il était, après la révolution, président du Club de l’Auvergne, regroupant les citoyens du Cantal et du Puy-de-Dôme, et dont les vice-présidents étaient Aygueparse, Tourseiller et Vigouroux, et les secrétaires Chardon et Garsaud. Il signa, comme « décoré de Juillet, combattant de Février », la lettre que Louet, Pierre (voir ce nom) fit parvenir à la Commission des récompenses nationales créée après la révolution de Février pour faire valoir ses droits à une récompense. Il signa, en 1848 peu après la Révolution de Février, comme décoré de Juillet, blessé de Février, le certificat suivant en faveur de Borelly, Pierre : « Je déclare que depuis 1815 j’ai vu le citoyen Borelly un des premiers dans toutes les circonstances où les bons citoyens se sont montrés pour ramener le régime de la liberté. Le 25 juillet 1830 jusqu’au 29 je l’ai vu sur plusieurs points combattre et diriger les attaques, en 1832, affaire Lamarque, il s’est distingué ainsi qu’en février 1848, que son patriotisme et sa bravoure éprouvée (sic). » De la même manière, il signa, en 1848 peu après la Révolution de Février, le certificat suivant en faveur de Collignon, Paul, François : « Nous, soussignés, certifions, chacun en ce qui nous concerne, les faits suivants : que le citoyen Collignon, Paul, a donné des preuves du plus pur attachement à la cause républicaine, qu’en 1830 il combattait pour la liberté, en 1831 comme volontaire polonais, en 1832 à la barricade Saint-Merri et qu’en février 1848 il faisait son devoir aux barricades du quartier du faubourg Montmartre, où il n’a pas craint de se rendre quoique à peine convalescent d’une grave maladie, dont il est encore très souffrant. » Il signa, comme « vice-président des blessés de Février, décoré de Juillet », la demande de Louet, Louis, Nicolas, quand celui tenta de faire valoir ses droits de combattant de Février auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il signa, le 1er juin 1848, en faveur de Rabouin, Narcisse, Nicolas, quand ce dernier fit valoir ses droits devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa propre participation à la Révolution de Février ; ce certificat était ainsi rédigé : « Nous, combattants de Février, certifions que le citoyen Rabouin, dès le 23 février au matin, fut toujours au milieu des groupes de patriotes, que le soir il faisait partie de ceux qui furent manifester leur indignation devant le ministère Guizot ; que, là, il se fit remarquer par son empressement à donner des soins aux blessés par suite de la décharge faite sur le peuple par des soldats du 14e de ligne, notamment à son ami Bleton, qui reçut un coup de baïonnette en désarmant un soldat qui allait atteindre le citoyen Rabouin ; qu’il accompagna les morts au National, parcourut les boulevards avec le peuple, criant Vengeance ! passa une partie de la nuit à faire des barricades avec les citoyens Louet, fils (Louet, Brutus, N.D.A.) et père (Louet, Pierre, N.D.A.). Que le lendemain il fut du nombre de ceux qui avec nous reçurent les armes du bataillon du 21e régiment d’infanterie de ligne, caserné rue de Clichy, et nous portâmes par la rue de la Ferme-des-Mathurins sous les fenêtres d’Odilon-Barrot, d’où le citoyen Garnier-Pagès agitait un drapeau en disant au peuple assemblé : Mes amis retirez-vous ! Au nom de mon honorable ami M. Barrot, je vous promets la réforme. A quoi le citoyen Rabouin répliqua Il ne s’agit pas de la réforme ! Vive la république ! cri qui devint général et que la colonne répéta en se dirigeant sur les Tuileries. Nous certifions en outre que ledit jour 24, le citoyen Rabouin était à la Chambre des députés, à l’Hôtel de ville, que les 25 et 26, il rendit d’utiles services à la poste et à la préfecture de police ainsi qu’au ministère de l’Intérieur et que partout, dans ces grands événements il joignit à une grande énergie l’esprit d’ordre et de républicanisme qui le caractérise. Nous ajouterons que le citoyen Rabouin, père de famille, combattit à la barricade Saint-Merri (5 et 6 juin 1832, N.D.A.) jusqu’au dernier moment, revêtu du costume de capitaine du 4e hussards et fut blessé par une balle au-dessus de la cheville droite, ce dont il porte les marques avec une autre blessure à la hanche gauche. Il mérite d’être récompensé par le gouvernement d’après les gages de dévouement qu’il a donnés à notre immortelle révolution de Février, les persécutions qu’il a éprouvées, les perquisitions qu’il a subies et la perte de sa fortune. » Il était père de deux garçons. N’est-il pas l’auteur (ou ce serait son frère ?) d’Epître aux jeunes Français qui sollicitent l’honneur d’aller à Sainte-Hélène recueillir les cendres de Napoléon, réclamées à l’Angleterre par le roi des Français, signé A.B. Bleton, capitaine de la Vieille Armée, Paris, chez les marchands de nouveautés, août 1830, dans lequel on trouve des Stances improvisées par le capitaine Bleton et lues par lui au pied de la pyramide Desaix, à Clermont-Ferrand, le 5 août 1830, au moment où parut sur son sommet le drapeau tricolore (sauf que le 5 août 1830, il était encore à Paris ?). Bleton demeurait 15, rue Neuve-Saint-Etienne en 1820 ; 6, rue de Vendôme en 1831 ; 43, rue Laffitte en 1848. Le National, 1er août 1830 ; Relation historique des journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet 1830, en l’honneur des Parisiens, ornée d’un plan, Paris, Langlois fils éditeur, 1830, p. 130-131 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIe arrondissement (par erreur ? sous le nom de Bleton, Pierre, Guillaume, Antoine) ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 ; Archives de Paris VK3 29, idem séance du 12 avril 1831 ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries, décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 7 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/84 (par erreur ? sous le nom de Bleton, Antoine, Pierre, Guillaume, Alexandre) ; Archives nationales F/1dIII/93 in dossier Louet, Pierre ; Archives de la préfecture de police AA 373 in dossier Borelly, Pierre ; Archives de la préfecture de police AA 378 in dossier Cherrier, Jean, Louis, Célestin ; Archives de la préfecture de police AA 379 in dossier Collignon, Paul, François ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Louet, Louis, Nicolas ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Rabouin, Narcisse, Napoléon.