Blocher
Biographie
Propriétaire. Il adressa, en septembre 1830, la lettre suivante au roi : « Sire, Il n’est pas inconvenant de soumettre à Votre Majesté le précis des événements arrivés à la barrière du Trône, lors de nos mémorables journées de Juillet. Nommé par mes compatriotes chef du poste, je redoublai de zèle pour augmenter le nombre des prosélytes des droits de notre liberté, conjointement avec M. Blachet, sous-lieutenant de la garde nationale ; devenu un peu plus formidable, nous défendîmes avec une opiniâtreté incomparable la cause sacrée de nos libertés, qui fut favorisée par le succès de la victoire. Encouragé par ce début, M. Suchet père, propriétaire, demeurant cours de Vincennes courut acheter les insignes couleurs de notre nation. Fier d’être porteur de ce drapeau, l’enthousiasme se manifesta d’une manière si éclatante à son apparition que chacun voulait acquérir la gloire de l’arborer sur la grille de la barrière du Trône. Je dois ici rendre hommage à la vérité. De toutes les instances qui me furent faites, celle adressée par le nommée Broquette, couvreur, père de famille, extraordinairement malheureux, me détermina à lui donner la préférence. Ce ne fut pas sans courir plusieurs dangers qu’il parvint à son but. Le plomb des satellites de l’ancien gouvernement moissonna plusieurs de nos intrépides défenseurs. La mort n’effraya pas un seul instant le sieur Broquette, qui, au contraire, semblait la braver pour couronner son entreprise. Si Votre majesté daigne accorder une récompense civique, ou autrement, aux défenseurs des droits de notre liberté, les habitants garde nationaux de la barrière du Trône, se recommandent à la justice de votre équité et aux témoignages sincères de l’impartialité de notre digne maire ainsi qu’à ceux des habitants témoins oculaires qui veulent bien affirmer la vérité du passé. » Cette lettre fut apostillée par Poulain, lieutenant de la garde nationale ; Chevreau, sergent-major ; et un autre illisible. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Sceaux. Il demeurait 34, avenue Saint-Mandé à la barrière du Trône en 1830. Archives de Paris VK3 41.