Blondeau, Clotilde
Biographie
Elle soigna les blessés à l’ambulance du 7, rue des Pyramides. Elle écrivit, le 18 août 1830, au général Lafayette : « M. Dégenétais, auteur et fondateur de l’ambulance de la rue des Pyramides, a eu la bonté de vous faire remarquer nom zèle aux services à rendre aux blessés dans les glorieuses journées de Juillet lorsque vous les honorâtes de votre visite, et vous eûtes celle de me complimenter sur mon dévouement, en me permettant d’en espérer quelque gratitude et surtout votre précieuse protection pour me placer ultérieurement d’une manière plus stable. Je prends en conséquence, mon général, la confiance de rappeler cette espérance à votre bienveillant souvenir en réclamant de votre justice la gratification méritée et de votre bonté la recommandation inappréciable que j’ose en solliciter afin d’être employée comme ouvrière entretenue à la lingerie de la maison de Sa Majesté, ou à défaut comme femme de charge de cette partie dans l’un des établissements du gouvernement. » Elle joignait à sa demande un certificat, signé de Dégenétais le 18 août 1830, et ainsi rédigé : « Je soussigné, administrateur de l’ambulance établie rue des Pyramides n° 7, voulant rendre un juste tribut de reconnaissance à mademoiselle Clotilde Blondeau, pour le zèle, le courage et le bon cœur qu’elle a prouvés au soulagement des victimes des glorieuses journées de juillet dernier, déclare et certifie : premièrement, avoir été témoin qu’elle a sauvé la vie à un malheureux soldat du 6e régiment, en le recevant chez elle, dans un modeste réduit, en lui donnant son lit pendant plusieurs jours, alors qu’elle n’avait elle-même qu’une chaise pour se reposer, et en lui prodiguant les soins les plus généreux ; deuxièmement, qu’elle s’est empressée de porter les mêmes secours à un jeune enfant (fils de vétéran) blessé presque au même instant et qu’après l’avoir pansé elle l’a fait transporter chez ses parents ; troisièmement, que, sur mon invitation, elle s’est empressée de s’attacher la susdite ambulance aussitôt qu’elle a été établie et que je n’ai eu qu’à me louer, ainsi que MM. les docteurs en médecine, de ses bons services, de son activité, de son adresse et de ses soins constants près des vingt-trois blessés sous sa direction ; qu’elle s’est donc en tout point rendue digne du souvenir qu’elle réclame de monsieur le général Lafayette. » Ce certificat était cosigné par les docteurs Delanglard, Sellier, Martinet, Andrieux et Fisher. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Elle resta sans aucune nouvelle de sa demande ni, écrivit-elle, de se faire « accorder quelques secours dont j’avais le plus pressant besoin, ayant employé toutes mes épargnes au soulagement de deux blessés que j’avais recueillis chez moi quelques jours avant l’établissement de l’ambulance et n’ayant encore reçu en totalité que vingt-six francs ». Elle dut renouveler une nouvelle fois sa demande, sa situation étant devenue « très accablante ». Son dossier est apostillé de la mention suivante : « Prier Mlle Clotilde de passer à la Commission pour donner de plus amples renseignements. » Elle reçut cinquante francs de secours en novembre 1830 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Elle fut admise (curieusement serait-on tenté de dire, sous le seul nom de Blondeau, mais avec l’adresse du 301, rue Saint-Honoré), auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés avec une indemnité de trois cents francs versés sur une année. Elle demeurait 301, rue Saint-Honoré en août et septembre 1830 ; 9, rue de la Tabletterie, chez son oncle, en octobre 1830. Archives de Paris VD6 92, idem liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831 ; nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 7, liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien) ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 24 novembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales.