Boibien, Génie, Guillaume. (orthographié Beaubien ou Baubien, Boibien sur les listes du Bulletin des lois, dans Archives nationales F/1dIII/43 et dans un acte d’état civil)
Biographie
Ouvrier tisserand en crin. Il travaillait depuis cinq ans chez un fabricant de crin de la rue des Vinaigriers, quand, le 27 juillet 1830, vers six heures du matin, il quitta son patron, pour aller se battre. Il fut tué d’un coup de baïonnette, place de Grève, le 28 juillet 1830. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Ses parents, les époux Boibien, Blaise, né le 12 août 1772 à Pantin (Seine) (lui-même fils de Boibien, Pierre [sic], carrier, et de Dubillion, Marguerite, son épouse), ouvrier plâtrier en 1830, et Fourny, Marie, Félicité, née le 19 février 1777 à Chaumes (Seine-et-Marne) (elle-même fille de Fourny, Charlemagne, manouvrier, et de Michel, Marie-Jeanne), indigents, le père infirme, avaient eu dix-neuf garçons et une fille. Le certificat suivant leur fut délivré par les voisins : « Nous, soussignés, propriétaires, habitants et voisins, certifions et attestons que depuis nombre d’années que nous connaissons la femme Beaubien (sic) et son mari, que nous connaissons parfaitement, sont de bonnes vie et mœurs, chargés d’une nombreuse famille restante de dix-neuf garçons et une fille. Plusieurs de ce nombre d’enfants ont péri sous les drapeaux, en défendant la patrie et un autre, qui était le seul soutien de cette famille nombreuse et infortunée a péri dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; que lesdits Beaubien hommes et femmes, d’un âge avancé et le mari infirme et hors d’état par aucune espèce de travail de pourvoir à son existence et dans l’indigence, se trouvent dans le cas de réclamer les bienfaits du comité mais encore du gouvernement […]. » Signé, le 4 septembre 1830 : Bouron, propriétaire demeurant 212, rue du Faubourg-Saint-Denis, qui ajoutait que le père Beaubien, ancien militaire, avait combattu avec lui à Jemmapes et Fleurus ; Aisseron ; Beluchon ; Delacroix, demeurant 137, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Leredde (voir Leredde, Jean, Charles, François) ; Camus. Cet autre aussi : « Je, soussigné, fabricant de crin, rue des Vinaigriers, faubourg Saint-Martin, certifie à tous qu’il appartiendra que le nommé Guillaume, Génie Baubien (sic) a travaillé chez moi pendant l’espace de cinq ans avec honneur et probité, que je n’ai jamais eu ni entendu parler mal de lui, qu’il est à ma pleine connaissance que ledit Beaubien (sic) est parti de chez moi à 6 heures du matin le 27 juillet dernier pour courir à la défense de la patrie ; que depuis cette époque je ne l’ai pas vu ni même entendu parler de lui et qu’il est probable d’après une si longue absence, les recherches et les informations les plus soignées qu’il fait partie des victimes de ces jours malheureux. J’atteste en outre qu’il est fils d’une mère de dix-neuf garçons dont cinq seulement sont existant et que lui Guillaume, Génie, faisait exister sa mère et son père infirme et incapable de se livrer au moindre travail ; que ce double malheur plonge la mère de cette nombreuse famille dans la plus affreuse misère et lui donne des droits à la bienfaisance nationale et du gouvernement. » Signé, le 17 août 1830 : Thomas ; Beluchon, principal locataire 193, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Leredde (voir Leredde, Jean, Charles, François). Le 29 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Mayer, Jean (voir ce nom), coutelier, demeurant 27, rue de la Boule-d’Or (sic) à La Chapelle-Saint-Denis ; Gibé, ..., Victor, commissionnaire, demeurant 5, rue du Delta dans la rue du Faubourg-Poissonnière ; Leredde, Jean, Charles, François (voir ce nom), plâtrier, demeurant 113, rue du Faubourg-Poissonnière. Ils attestèrent « que le fils de madame Baubien (sic) a été tué d’un coup de baïonnette à la place de Grève le 28 juillet dernier ». Sa famille reçut un secours de deux cent quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de vingt francs, le 18 août 1830, un secours de trente francs, le 28 août 1830, un secours de cinquante francs, le 1er septembre 1830, un secours de cinquante francs, le 6 septembre 1830, un secours de vingt francs, le 16 septembre 1830, un secours de quarante francs, le 13 octobre 1830, un secours de soixante-quinze francs le 29 octobre 1830, un secours de soixante-quinze francs le 10 novembre, un secours de trente francs 15 mars 1831, un secours de douze francs et cinquante centimes le 1er avril 1831, un secours de douze francs et cinquante centimes le 15 avril, un secours de douze francs et cinquante centimes le 2 mai 1831 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Les parents furent pensionnés de deux cents francs et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les époux Beaubien s’étaient mariés le an III à Guignet (Seine-et-Marne) ; l’époux était alors charretier des transports militaires. Beaubien demeurait 193, rue du Faubourg-Saint-Denis en septembre 1830 (mais une fois 192, rue du Faubourg-Saint-Denis in Archives de Paris VD3 1-2) ; ses parents à la même adresse en 1831. Le nom de Beaubien (G. Beaubien) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement, p. 96, liste nominative du IIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 120, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 14 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des ascendants ayant droit à une pension, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (35 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/43 ; Archives nationales F/1dIII/45 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Beaubien, Guillaume) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IIIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80 (sous le nom de Beaubien, Guillaume), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.