Boin, Constantin, Amédée, Victor
Biographie
Né vers 1796 à Valenciennes. Courtier d’affaires (mais ex-receveur in Archives de Paris VD3 1-2 ; ex-receveur à cheval des contributions indirectes in Archives de la préfecture de police AA 373). Le 29 juillet, il fut blessé d’un coup de feu à la jambe gauche pendant l’attaque du Louvre et soigné à l’ambulance des Pyramides. Il participa cependant, comme artilleur, à l’expédition de Rambouillet, où il accompagna des pièces. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous soussignés, habitants de la maison 7, place de l’Hôtel-de-Ville certifions que le sieur Boin, Constantin, Amédée, Victor, aussitôt l’arrivée des troupes sur ladite place, s’est transporté dans l’appartement de la dame veuve Marcon, propriétaire demeurant au deuxième étage, et que là, accompagné de deux de ses camarades, il a, par un feu suivi, obligé les gardes royaux qui avaient pris position en face de se retirer du côté de l’Hôtel de Ville, laissant plusieurs des leurs sur le carreau ; la maison du numéro 7, où il s’était posté, a été criblée de balles, ce qui prouve évidemment la direction du feu. » Signé, le 29 juillet 1830 : Basin, propriétaire ; Chatelain, marchand de vin, demeurant 7, place de l’Hôtel-de-Ville ; Blé, propriétaire, demeurant 6, quai de Grève ; Perot, demeurant 7, place de l’Hôtel-de-Ville ; Lurat, demeurant 6, place de l’Hôtel-de-Ville. Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous, soussigné, chef de batterie, certifions que le sieur Boin, Constantin, Amédée, Victor faisait partie des artilleurs depuis le 30 juillet, qu’il a accompagné les pièces à Rambouillet et n’a quitté que lors du licenciement le 8 août courant. Sa conduite en cette occasion a prouvé évidemment qu’il était plein de zèle pour la cause de la liberté, attendu qu’il a été blessé d’un coup de feu à la jambe gauche, le 29 juillet au Louvre. » Signé, le 18 août 1830 : Desbans (voir ce nom). Le troisième, ainsi rédigé : « Ambulance des rues des Pyramides et de Rivoli. Je, soussigné, docteur en médecine, médecin de l’ambulance, certifie que le nommé Boin, Constantin, Amédée, Victor, âgé de trente-quatre ans et demeurant rue Saint-Sébastien n° 40, blessé dans la journée du 29 juillet 1830, a été traité à l’ambulance depuis le 15 août jusqu’au 8 septembre, pour un coup de feu à la jambe gauche. » Signé, le 8 septembre 1830 : Degenetais (voir Desgenetais, Charles), pharmacien, rue Saint-Honoré face Saint-Roch ; Sellier (voir Sellier, Jean-Pierre, Paul, Marie), médecin ; Croullebois, qui le recommandait comme n’ayant touché aucun secours. Le troisième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants de la rue Saint-Sébastien, certifions que le sieur Boin, Constantin, Amédée, Victor, demeurant dans ladite rue n° 40 et qu’il est à notre connaissance qu’il a été blessé dans la journée du 29 juillet 1830. » Signé, le 11 septembre 1830 : Méligné illisible ; Combadière ; Froment, P. Le quatrième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Boin, Constantin, Amédée, Victor, a combattu avec nous le 29 juillet 1830 et qu’il a été blessé d’un coup de feu à la jambe gauche par un Suisse en face du Louvre près l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, que néanmoins il est entré au Louvre avec la foule et que nous ne l’avons quitté que vers 7 heures du soir. » Signé, le 11 septembre 1830 : Stoll (voir Stoll, Martin), garde municipal à la caserne des Minimes ; Carbonnel, menuisier, demeurant 8, rue du Cœur-Volant (à retrouver et à reporter…). Le cinquième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, l’un des commissaires de (ancien) VIIIe arrondissement pour les blessés, veuves et orphelins, certifie, d’après les renseignements que j’ai pris que Boin, Constantin, Amédée, Victor, courtier d’affaires, demeurant rue Saint-Sébastien n° 40, a pris une part vraiment active dans les journées de Juillet, qu’il a été blessé au Louvre le 29 juillet et qu’il a été pansé à l’ambulance de la rue des Pyramides, ainsi qu’il résulte du certificat délivré audit sieur Boin par le docteur Sellier, qu’en conséquence je l’ai inscrit sur le rapport que j’ai déposé à la mairie, le 7 septembre courant. » Signé, le 24 septembre 1830 : Huenast illisible. Il reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut (sous le seul nom de Boin), après la révolution, un total de cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Comme il avait été obligé de se rendre en province pour soutenir sa mère, il n’avait pu faire valoir ses droits devant la Commission des récompenses nationales et ne reçut que cent vingt francs de secours, comme blessé de la 1re classe auprès de la Commission de la souscription nationale et cent cinquante francs de la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants sise rue Bourg-Labbé, pour tenter d’obtenir la décoration. En 1834, les renseignements pris à son sujet par le préfet de la Seine indiquaient qu’il était dans une « position malheureuse. Sa mère n’est point à sa charge, ainsi qu’il l’avance, mais il partage pourtant avec elle le produit de ses journées ». Ceux pris par le préfet de police précisaient : « Il s’occupe de remplacements militaires et il paraît être dans la plus grande misère […]. Ayant appris qu’il avait été attaché à l’administration des contributions indirectes, je me suis adressé à cette administration pour avoir des informations à son sujet. Il en résulte que le sieur Boin a été effectivement révoqué de l’emploi de receveur à cheval qu’il occupait au Mont-Cenis (Saône-et-Loire), le 27 mai 1825, pour cause d’inconduite, qu’il était paresseux, buveur, joueur, libertin et déconsidéré au point que son oncle, M. Boin, ancien député, son protecteur naturel et qui l’avait traité comme un fils, l’avait reconnu indigne d’être maintenu en fonction. » En 1844 : […] Occupe un petit cabinet d’un loyer annuel de quarante francs dont il doit deux termes. Il est homme de peine et ne gagne, assure-t-on, que deux francs par jour. » Il avait été conduit à La Force en 1833 pour faux et renvoyé la même année ; condamné à trois années de prison pour faux, le 23 avril 1836 et gracié le 23 juillet 1838. Il demeurait 40, rue Saint-Sébastien, en 1830-1831 ; 40, cité Bergère en 1831 ; 31, rue de la Cité, en 1834 ; 76, rue de l’Hôtel-Colbert, en 1844. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 78 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 1re classe, non classés par le jury médical, avec une indemnité de cent vingt francs) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/45 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 373.