Boisserie-Lasserve, Jean-Baptiste
Biographie
Né vers 1780. Médecin, reçu à la faculté de médecine de Paris en 1814, médecin du bureau de charité du (ancien) Ier arrondissement et chargé de la vaccination gratuite depuis 1814, chirurgien major de la Ire légion de la garde nationale depuis 1830 jusqu’en 1838. En date du 20 septembre 1849, à l’occasion d’une demande qu’il présenta pour obtenir la décoration de la Légion d’honneur – qu’il sollicitait depuis 1841 –, une note sur les services qu’il avait rendus était ainsi rédigée, donnant quelques indications sur la participation qu’il avait pu prendre à la révolution de Juillet : « Lors de la révolution de 1830, il fut un des premiers de son arrondissement à offrir ses services à l’autorité municipale, soit en qualité de médecin soit en qualité de garde national. Chargé alors de constater ou de panser les blessures, il resta près de quatre mois en permanence à la mairie, sans être pour ainsi dire détourné de ses importants devoirs par les soins que réclamait sa nombreuse clientèle. Témoin de la constance de ses efforts, M. Lefort, maire du (ancien) Ier arrondissement et MM. ses adjoints le désignèrent d’une voix unanime à M. le préfet de la Seine et à M. le ministre de l’Intérieur pour la place de chirurgien major de la Ire légion. Il a conservé ces honorables et souvent pénibles fonctions jusqu’en 1838, époque à laquelle son âge et une infirmité le forcèrent au sacrifice de son grade, ne pouvant plus répondre, comme par le passé, avec le même dévouement à la confiance dont l’avaient honoré les magistrats de son arrondissement. En 1832, à l’époque du choléra, pendant la durée de ce terrible fléau, il fut constamment à la disposition de l’autorité municipale et tous les trois jours, indépendamment de ses obligations envers ses nombreux clients, un service de trois heures le retenait à l’ambulance de la mairie ; à cette occasion, une médaille lui fut accordée par M. le ministre d’Argout, d’après le rapport de l’autorité municipale […]. » La demande de décoration était régulièrement appuyée par le maire et le bureau de charité du (ancien) Ier arrondissement ; on trouve aussi dans ses soutiens une lettre rédigée par Boucly, demeurant 39, rue Godot-de-Moroy en 1841. Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur le 17 octobre 1854. Il mourut à l’âge de 76 ans. On trouve dans le Journal de médecine et de chirurgie pratiques, à l’usage des médecins praticiens, tome vingt-sixième, deuxième série, Paris, chez Crapelet, 1855, p. 189, l’avis suivant de son décès : « Depuis six mois cet honorable praticien avait été admis à l’hospice Sainte-Perrine, où des amis acquittaient la rétribution exigée, et que son indigence le mettait dans l’impossibilité de payer de ses deniers. Lorsqu’au mois d’octobre dernier ce digne médecin reçut la décoration de la Légion d’honneur, il me disait : “Annoncez à mes jeunes confrères que c’est une croix sur un tombeau ! et que j’obtiens en même temps, ce qui m’est plus précieux, mon entrée à l’hôpital.” » Il fut l’un des jurés dans le procès fait à Laponneraye le 21 avril 1832 et dans celui fait à Prospert, Victor (voir ce nom), pour sa participation à l’émeute des 5 et 6 juin 1832. Il demeurait 14, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1831-1849 ; 4, rue d’Anjou-Saint-Honoré en 1852 (dans son avis de décès, il est dit qu’il avait habité quarante-six ans la même maison). Prospert, ouvrier tailleur, devant ses juges. Relation de tout ce qui s’est passé à la cour d’assises de Paris, le 21 novembre 1832, chez Rouannet, Paris, 1832, p. 5 ; Archives nationales F/1dIV/B 11.