Boissy, Auguste
Biographie
Né le 4 mai 1802 à Toussy (Yonne). Artiste peintre (mais peintre en bâtiments sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39, in Archives de Paris VK3 33, in Archives de Paris VK3 34, in Archives de Paris, VD6 672 n° 1). Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Le 28 au matin, il a emprunté un fusil et il est allé combattre au coin de la rue de la Cerisaie. Il a empêché qu’on fusillât deux sous-officiers de la garde, prisonniers. Le 29, à la tête de vingt-deux hommes, a désarmé, derrière le Grenier d’abondance un poste de vingt-deux hommes. Il fut à l’attaque de la caserne des Célestins. Il a désarmé un maçon qui tirait des coups de fusil dans la porte d’un marchand de vins au coin de la rue Geoffroy-Lasnier. Il a combattu au Palais-Royal et au coin du café de la Régence. Il a empêché un nommé Pouleau de tirer sur un garde national. Au corps de garde près le Perron (où est la réserve) il a empêché qu’on tuât des gardes royaux. Il en a ensuite sauvé un, en lui conseillant de faire le blessé. Ce dernier nommé Tessant demeure rue et hôtel Tbévenot. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 3 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, a emprunté un fusil ; est allé au coin de la rue de la Cerisaie, a empêché de fusiller deux sous-officiers de la garde. Le 29, derrière le grenier d’abondance, est allé à la tête de vingt-deux hommes désarmer un poste de vingt-deux hommes ; à l’attaque de la caserne des Célestins ; désarme un maçon qui tirait des coups de fusil dans la maison d’un marchand de vin, au coin de la rue Geoffroy-Lasnier. Au Palais-Royal, au coin du café de la Régence, un garde national allait être tué par un M. Pouleau, qui travaille dans l’île Saint-Louis, il l’a empêché de tirer ; au corps de garde près le perron (où est la réserve), empêche les gardes royaux d’être tués (un commandant de la garde frappa, rue Saint-Honoré, un garde royal qui refusait de tirer sur le peuple), sauve un soldat, en lui conseillant de faire le blessé ; ce garde est rue Thévenot, hôtel Thévenot, nommé Tenant. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 3 février 1831, à cinq voix pour la croix, une voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il apostilla la demande présentée par Futton, Paul, le 17 octobre 1831, auprès du roi, pour obtenir la décoration de Juillet, en récompense de sa participation aux combats. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il signa, le 15 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Dumas, David, Louis : « Je certifie que le nommé Dumas, David, Louis, a combattu avec moi à la place du Palais-royal, le 29 juillet 1830 au coin du café de la Régence. » Il participa aux soulèvements républicains des 5 et 6 juin 1832 et d’avril 1834. Il était concubin à Renard, Adélaïde, Victoire, née le 24 mai 1820 à Saint-Julien-de-Sauts (Yonne), couturière, et avait eu avec elle deux enfants : Constance, Julie, née le 3 février 1841 à Paris (ancien) VIIIe arrondissement ; Désiré, Jules, né le 13 avril 1847 à Paris (ancien) XIIe arrondissement. En avril 1848, son épouse sollicita de la nouvelle Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février, que ses deux enfants fussent élevés dans des écoles de l’Etat. Elle expliquait que son mari était atteint d’aliénation et, comme tel, « enfermé dans la maison de Bicêtre » depuis le 16 janvier 1848, que « sans être son épouse, je n’en reste pas moins sa seule amie et la mère de ses deux jeunes enfants » et que les faibles ressources qu’elle tirait de son travail étaient insuffisantes pour subvenir aux besoins de trois personnes. La Commission appuya sa demande. En 1849, Boissy était toujours « retenu depuis dix-huit mois à l’hospice de Bicêtre comme fou ». Sa concubine, « ouvrière souvent sans ouvrage » et ne travaillant pas chez elle, demanda des secours et renouvela sa demande que son aînée fut placée dans une maison « où on pourrait pourvoir à son éducation et à son existence ». Le préfet de police précisa que c’était à La Salpêtrière qu’il était soigné et ajoutait : « Sa femme est très laborieuse et s’impose les plus grandes privations pour pouvoir élever ses enfants. Sa position est tout à fait digne d’intérêt. » Elle reçut cinquante francs de secours. Boissy demeurait 17, rue de la Cerisaie en 1830-1831 ; 1, rue de Poissy en 1847 ; sa femme, 37, rue de Bièvres en 1848-1849. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 3 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 33, états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 3 février 1831 (sous le nom de Boissi, Auguste) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/45 ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Futton ; Archives nationales F/15/4240 in dossier Dumas, David, Louis ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40, idem 44 et suivantes ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves qui ont formé des demandes de secours, et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 29 mai 1849, minutes 57-61 ; Archives de la préfecture de police AA 373.