Bonal, Claude

Biographie


Né le 25 juin 1800 à Montmélian (Savoie), fils de Bonal, Pierre, ferblantier, et de Claret, Françoise. Ebéniste. Il avait été vu « sortir de chez lui et allant s’associer aux braves défenseurs de la cause nationale ». Il fut tué sur le coup, le 29 juillet, par un garde royal, soit d’un coup de sabre qui lui fendit la tête soit d’un coup de feu qui la lui fracassa, dans le milieu de l’escalier tournant qui menait de la boutique à l’entresol du chapelier Moizard (voir ce nom), 255, rue Saint-Honoré, au coin de la rue de Rohan. Dans l’exposé que fit Paccard, Philibert de sa propre conduite pendant les combats, il donnait les indications suivantes sur la mort de Bonal : « […] Je pris une part active à la prise du Louvre. Je me dirigeais ensuite par la rue Croix-des-Petits-Champs au Théâtre-Français et la rue du Rempart, où je me battis avec acharnement. Je fournissais des balles à ceux qui en manquaient. J’en avais encore au moins quinze ou vingt livres. Je tuais un Suisse à bout portant, dans la maison du chapelier (voir Moizard) rue Saint-Honoré, qui venait de tuer le nommé Baunal, ébéniste, demeurant passage de l’Industrie […]. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement (ou peut-être aussi celui du (ancien) IVe arrondissement selon Archives de Paris VD6 281 n° 1). Le 11 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Cusin, Claude, né vers 1779, propriétaire, demeurant 43, rue du Ponceau ; Lescalier, Pierre (voir ce nom), né vers 1801, menuisier-ébéniste, demeurant 66, passage Brady ; Chanin, Pierre, né vers 1802, menuisier en bâtiments, demeurant 75, rue du Faubourg-Saint-Denis. Ils attestèrent connaître parfaitement Bonal et savoir qu’il « a été victime de son dévouement pour la cause de la liberté dans les mémorables journées de juillet 1830 ; que le 29 dudit mois ils l’ont vu sortir de chez lui armé et allant s’associer aux braves défenseurs de la cause nationale et qu’ils ont appris que le même jour il avait été tué d’un coup de sabre dont un garde royal lui avait fendu la tête dans la maison du chapelier rue Saint-Honoré au coin de la rue de Rohan et qu’en effet son acte de décès a été établi sur l’attestation de témoins oculaires ». Cusin était par ailleurs le mandataire des parents que laissait Bonal. Le certificat suivant se trouve dans son dossier : « Je, soussigné, déclare qu’un jeune homme est mort dans ma boutique, d’une blessure à la tête, présumée être un coup de feu, en combattant contre les gardes royaux, le 29 juillet 1830. » Signé, le 11 juin 1831 : Moizard (voir ce nom), demeurant 255, rue Saint-Honoré. Suivaient aussi les signatures de : Planche, L., marchand tailleur, demeurant 243, Palais-Royal ; Philippot, demeurant 247, rue Saint-Honoré ; Tiphaine, demeurant 259, rue Saint-Honoré. Les parents, les époux Bonal, Pierre, né le 1er février 1760 à Saint-Simon (Cantal) (lui-même fils de Bonal, Pierre et de Lussert, Louise son épouse), et Claret, Françoise, née le 1er janvier 1767 à Entremont-le-Vieux (Savoie) (elle-même fille de Claret, Claude et de Martinon, Louise), infirmes, furent pensionnés de trois cents francs et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 28 septembre 1790 à Montmélian. Bonal avait, le 16 juillet 1830, s’était associé pour établir un fonds d’ébénisterie, situé 58, passage Brady, avec Lescalier (ou L’Escallier, selon qu’il signe), Pierre, menuisier, demeurant 2, rue Courtalon, pour une durée de trois ans : Bonal avait apporté trois mille francs représenté en « matériaux, outils, meubles confectionnés et autres » et Lescalier mille cinq cents francs en espèces. Le 2 octobre 1830, Lescalier faisait parvenir la lettre suivante au préfet de la Seine : « L’Escalier, Pierre, a, le 28 juillet dernier, dans le plus fort du combat, dans la rue Saint-Honoré, perdu son associé, Claude Bonal, qui fut sabré impitoyablement par la garde royale, contre laquelle il luttait avec nous. Nous avions formé notre association le 16 juillet, […] divers achats avaient eu lieu, mes quinze cents francs versés et ustensiles apportés, comme quelques ouvrages commencés, quand la patrie nous appela. Aussitôt l’accident de mon associé connu, notre propriétaire fit fermer l’atelier et, à mon retour du combat, me refusa toute entrée, toute exploitation, tout exercice de mon état. La justice ne siégeait pas encore, tout était en suspens et moi sans outils, sans argent, lesquels se trouvaient entre les mains de mon dit associé. J’avais les bras liés et sans pouvoir rien faire, rien entreprendre. Aujourd’hui, et après avoir écrit au pays de mon malheureux associé, victime et mort pour la gloire de notre belle patrie, pouvoir est arrivé de partager et arranger l’affaire. Monsieur Vincent, rue Thévenot à la mairie, a été chargé de procuration. Le propriétaire fait valoir son privilège ! Mes quinze cents francs sont disparus ! Mon temps de deux mois écoulé sans pouvoir utiliser, et mon argent aujourd’hui totalement perdu, ce qui était tout mon patrimoine et mes outils enfermés durant tout le temps. Tout ceci me force, monsieur le préfet, vu que l’on veut me ruiner tout à fait, en ne me faisant que seulement l’offre de pouvoir prendre la boutique, en donnant trois cents francs en argent, de conserver les ustensiles et tout y contenu ; mais où prendre les fonds quand mon capital a disparu ? Je vous supplie de daigner être mon organe auprès de la Commission des récompenses nationales. J’ose espérer par votre justice du secours, convaincu que la Commission, après avoir pris la conviction de tout ce que de dessus (sic), ne laissera pas en ruine un jeune patriote dont l’associé périt, sans pouvoir lui rendre nul compte et qui par suite de cet accident resta à la merci des événements. » Bonnal demeurait rue du Faubourg-Saint-Martin, passage Brady, 58, escalier 11 (locaux de son ébénisterie mais dans laquelle il s’était réservé une chambre), dont le propriétaire était Dibling, Théodore, Léon ; ses parents, aux Echelles (Savoie) en 1831. Le nom de Bonal (C. Bonal) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 100 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 15 ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, état nominatif des veuves, ascendants et orphelins des victimes de Juillet, dont le domicile n’est point fixé en France et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien Ve arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (35 ascendants) (sous le nom de Bonal) ; Archives nationales F/1dIII/45 ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Maison ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Bonnal, Claude) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80 (sous le nom de Bonnal, Claude), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 406 in dossier Paccard, Philibert.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.