Bonet, Joseph, Antoine

Biographie


Voyageur de commerce. Le 8 février 1831, il sollicita dans ces termes la décoration de Juillet : « J’étais à Issoire depuis le 27 et en vingt-quatre heures j’ai parcouru non sans danger tout le département du Cantal, du nord au sud, environ trente lieues. Incarcéré à Chaudes-Aigues, gardé à vue par les agents du gouvernement déchu, qui ont ameuté la populace contre moi, je viens, messieurs, vous témoigner les actes dont je soumets les attestations à votre impartialité éclairée. » Il joignait à sa demande trois certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Le maire de la ville de Chaudes-Aigues, sur la demande qui lui en a été faite par M. Bonnet (sic), se plaît à certifier à qui de droit que M. Antoine, Joseph Bonnet, voyageur de commerce, habitant à Mazamet, fut le premier qui apporta dans notre ville les couleurs nationales, qu’il nous annonça l’avènement de S.A.R. M. le duc d’Orléans à l’intendance générale du royaume, qu’il eut à subir un violent interrogatoire de la part de l’ancien administrateur de notre ville et qu’il fut gardé à vue par la gendarmerie jusqu’à l’arrivée du courrier qui confirma cette nouvelle. L’apparition de ces nobles couleurs qui nous assuraient la conquête de nos libertés sur le despotisme était trop agréable à nos sentiments et est trop précieuse à nos souvenirs pour pouvoir perdre de vue le généreux voyageur qui nous les apporta. Le noble enthousiasme qu’il mettait à nous raconter les événements de Paris et à railler une écharpe blanche qu’il devait voir le jour pour la dernière fois ne nous laisse aucun doute sur ses sentiments patriotiques. » Signé, le 17 septembre 1830 : Daude fils, maire. Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous, électeurs et notables de la ville d’Issoire, déclarons que M. Bonnet, Joseph, Antoine (sic), commis voyageur pour une maison de commerce de Mazamet, se trouvait à Issoire le 29 juillet, pendant que les nouvelles les plus alarmantes circulaient sur la position de Paris. Déclarons en outre que ce digne voyageur quelque pressé qu’il fut d’aller ailleurs remplir sa mission, voulut par patriotisme rester parmi nous pour partager nos dangers s’il en fût survenu, et prit les armes conjointement avec les amis de la liberté pour défendre nos droits constitutionnels ; que son cheval d’après ses instances fut mis à notre disposition pour activer la correspondance et ne nous quitta que lorsque les trois glorieuses journées de Paris nous eurent rapporté les couleurs nationales. » Fait à Issoire, le 2 août 1830 : Triozon, lieutenant, employé au juge de commerce ; Bournet, officier de la garde nationale ; Dumoulin, sous-lieutenant ; Dalbin, porte-drapeau ; Sinagre Doré adjudant-major ; Levé, sous-lieutenant ; Triozon Bayle, capitaine ; Vaiez, agréé pour le tribunal de commerce ; Durquet jeune, négociant ; Colomb, chasseur ; Maloz ; Gauty, lieutenant ; Camille Girot ; Altaroche, capitaine de la garde nationale ; Triozon ; Bessaure, juge au tribunal de commerce ; Brun, juge suppléant ; Levémallet, avocat ; Estave, sergent de chasseurs ; Bonour, sous-lieutenant ; Emery. Le troisième, ainsi rédigé : « Nous, Henry Guillaume Alexis, avocat, maire de la ville de Saint-Flour, département du Cantal, sur l’attestation du sieur Aubertot, aubergiste, Soubrié, marchand, Coutard maréchal-ferrant, Vallat charcutier, Magna marchand droguiste et Calvignac employé aux Messageries, tous habitants de cette ville de Saint-Flour, soussignés, certifions à qui de droit que le sieur Bonet, Joseph, Antoine (sic), voyageur de commerce, habitant à Mazamet, a été le premier qui a annoncé à Saint-Flour que S.A.R. le duc d’Orléans était nommé lieutenant-général commandant le royaume, qu’il est arrivé à Saint-Flour avec les couleurs nationales, qu’il avait arborées à la tête de son cheval et qu’il a parcouru une partie de la ville en annonçant cette nouvelle, quatorze heures avant qu’elle y ait été connue officiellement. » Signé le 25 novembre 1830 ; suivait aussi la signature de Basset, président du tribunal de commerce. Sa demande était apostillée par le marquis de Mornay, député du Tarn. Il fut sans doute proposé pour la médaille. Il demeurait à Mazamet (Tarn) en 1830 ; hôtel des Empereurs, rue de Grenelle-Saint-Honoré à Paris en 1831. Archives nationales F/1dIII/79, dossier Cantal (il signe bien Bonet.) ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Tarn.

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