Bonnet, Jean-Louis, Henri

Biographie


Né le 25 juin 1807 à Aubenas (Ardèche). Ferblantier-lampiste. Le 3 juin 1848, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février : « […] A Paris depuis 1825. Etabli en 1832. Marié en 1830, dont j’ai trois enfants. En sept années de mon établissement, je m’étais créé une position assez belle. J’occupais jusqu’à vingt-cinq ouvriers à fabriquer des lampes. Mais, par suite de quelques pertes après mon mariage et trompé par un voyageur me mirent dans une fausse position, entre la ruine et la faillite. Je préférais la première et perdre mon établissement, en vendant tout pour sortir mes créanciers. L’année dernière, j’ai pris un brevet de quinze ans mais faute de fonds je ne puis l’exploiter. Voilà ma position. C’est pour cela que je viens solliciter de la Commission des récompenses nationales un emploi qui soit en rapport avec mes quelques capacités. Je connais la comptabilité, la tenue des livres en partie double et je désire un emploi de garde de passage au chemin de fer, ou garde de forêt. Ma probité et ma moralité étant à toute épreuve, quant à mes principes je suis républicain démocrate. Je pris les armes en juillet 1830, j’assistai à la prise du poste du Châtelet, de celui de la préfecture et à la défense de la cour Batave, ensuite aux boulevards Saint-Denis et Saint-Martin. Je ne fis aucune réclamation à cette époque et ne cessai de prendre part à tout ce qui se fit jusqu’en 1832, où je faisais partie de la Société de l’instruction du peuple et de celle des droits de l’homme. Je pris une grande part dans les journées des 5 et 6 juin au faubourg Saint-Antoine, au poste de la Bastille, au marché des Innocents et des Prouvaires et au coin de la rue au Fer, où il y eut un citoyen tué à côté de moi d’une balle à la tempe. De ce moment jusqu’en 1834, je continuai avec la Société à toutes les démonstrations et permanences qui eurent lieu. Au 13 et 14 avril, j’étais premier quinturion de la section dit du 10 août et membre de la commission des munitions. Je déployais une grande activité aux barricades du quartier Transnonain, où je distribuais près de huit à neuf cents cartouches, par cinq à chaque combattant. Je perdis un membre de ma quinturie, le citoyen, Bazin, percé de trois balles à la défense d’une barricade. Quant à moi, je pus regagner mon domicile, le 14 au matin, avec beaucoup de difficultés, quoiqu’il fût près du lieu de combat. Je reçus une forte contusion à la jambe droite, dont j’en ai toujours la cicatrice. Ayant appris par le concierge que trois agents de police s’étaient présentés la veille à mon domicile, comme leur ayant été signalé comme lieu de réunion d’une section, je dus me tenir à l’écart pendant plusieurs semaines, afin de ne pas être arrêté. A partir de ce jour, j’ai renoncé à faire part à des sociétés politiques, si ce n’est celle de la franc-maçonnerie, où j’avais été reçu en 1833 mais je cessai de faire de la propagande. Cette année, en février, je pris une part aux barricades mais je n’ai rien fait qui mérite d’être cité. Voilà ce que j’ai fait à l’avènement de notre république. Si je n’ai pas fait davantage c’est que les circonstances ne se sont pas présentées. L’on peut compter toujours sur mon entier dévouement au maintien et au triomphe de la république. » Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé par Bessières, Auguste, fabricant de casques, équipement militaire et fourniture générale de sapeurs-pompiers au 58, rue du Faubourg-Saint-Denis : « Je certifie que le citoyen Bonnet, Henry, a contribué et travaillé activement à la propagande pour la cause de la république démocratique depuis 1830, époque où il prit part à la lutte contre la royauté de droit divin et fit partie comme quinturion de la Société des droits de l’homme, section du 10 août, et qu’il commandait une des barricades du quartier Transnonain, dont il fut tué sous ses ordres le citoyen Bazin, âgé de vingt ans. » Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, atteste que le citoyen Bonnet, Henry, ex-quinturion de la section du 10 août de la Société des droits de l’homme, était avec sa section dans les rue Beaubourg et Maubuée les 13 et 14 avril 1834, et qu’il y a combattu et s’est comporté en digne citoyen. » Signé, le 25 mai 1848 : Defrondat (ou Frondat selon la légalisation de signature, faite par le commissaire de police), ex-quinturion de la section du 10 août, lieutenant de la garde républicaine, demeurant 22, rue du Petit-Pont. Le troisième certificat, un certificat de travail, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le citoyen Bonnet a été employé pour ma maison de commerce pendant neuf années consécutives et qu’il s’est toujours conduit avec honneur, probité et exactitude. Son intelligence supérieure n’a pas tardé à percer et s’est développée avec l’expérience d’un homme d’âge mûr et je crois devoir le recommander de toutes mes forces, comme il le mérite. » Signé, le 4 juin 1848 : Panier, J. Il fut recommandé par le comité d’enquête de la Commission des récompenses nationales pour une mention honorable au Moniteur « pour sa belle conduite pendant les mémorables journées de Février ». Il était marié et père de trois enfants en 1848. Il demeurait à Paris depuis 1825 ; 64, grand-rue à La Chapelle en 1848. Archives de la préfecture de police AA 373 (sous le nom de Bonet mais il dit sappeler Bonnet et signe bien Bonnet).

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