Bontems, Madeleine, Elisabeth
Biographie
Née le 25 juillet 1789 à Paris (Seine). Fabricante et marchande d’allumettes. Elle fut blessée, le 28 juillet 1830 vers 15 heures, d’un coup de feu reçu au bras gauche et d’un autre à la poitrine, devant le numéro 22 de la rue de la Tannerie, alors qu’elle revenait de porter sa marchandise. Elle fut soignée à l’Hôtel-Dieu. Elle était porteuse du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, membre titulaire de la Société de médecine pratique et du Cercle médical, certifie que le 28 juillet 1830 vers 2 heures de l’après-midi, la demoiselle Madeleine, Elisabeth Bontant (sic), âgée de quarante et un ans, fut blessée rue de la Tannerie par deux coups de feu au sein gauche et au bras du même côté. L’une des balles traversa presque entièrement le sein et l’autre balle traversa le bras de part en part, en brisant l’os humérus en éclat. Je fis transporter cette femme chez moi, lui donnais les premiers soins et vers 5 heures la fis conduire à l’Hôtel-Dieu. » Signé, le 9 avril 1831 : Berthelot (voir Berthelot, Jacques, Martin). Le 11 avril 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Picart, Jean, logeur, demeurant 4, rue du Paon-Saint-Victor ; Hollier, Nicolas, marchand de vin, demeurant 15, rue Traversine ; Borne, Nicolas, Jean, logeur, demeurant 7, rue du Paon-Saint-Victor. Ils attestèrent que Bontems […] a été le 28 juillet 1830 rue de la Tannerie vers les 3 heures après-midi blessée par deux coups de feu reçus au bras gauche et à la poitrine, en revenant de porter de la marchandise ; que cette demoiselle est sans espoir de guérison et paraît être privée pour la vie de l’usage de son bras ; qu’elle a une fille et un neveu à sa charge, est dans la plus cruelle position et sollicite vivement un secours qui puisse assurer son existence ». Elle reçut (sous le nom de Bontemps) un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 9 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Dussellier, Jean-Pierre, né vers 1799, garde municipal à la 3e compagnie du 2e bataillon, demeurant à la caserne des Minimes ; Lardat, François, né vers 1797, maçon, demeurant 22, rue de la Tannerie ; Leclerc, Charles, né vers 1783, ouvrier sur le port, demeurant 5, rue du Paon-Saint-Victor ; Beronde, Jean, Ambroise, né vers 1804, relieur, demeurant 13, rue Perdue. Ils attestèrent « pour vérité et notoriété publique parfaitement connaître la demoiselle Bontant (sic), savoir que le 28 juillet elle a été blessée par deux coups de feu reçus au bras gauche et à la poitrine, rue de la Tannerie vers les 3 heures de l’après-midi en revenant de porter de la marchandise ». Elle produisit un certificat d’indigence. Elle reçut un secours de vingt-huit francs, le 4 février 1831, un secours de cinquante-deux francs et cinquante centimes, le 11 février 1831, un secours de cinquante-deux francs et cinquante centimes, le 25 février 1831, un secours de quarante-six francs, le 11 mars 1831, un secours de quarante-six francs, le 6 avril 1831, un secours de cinquante francs, le 30 avril 1831, un secours de cinquante francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures par arme à feu, l’une au bras gauche, de sa partie externe et inférieure vers l’interne, suivie d’abcès nombreux, non encore guérie et qui devra laisser après elle adhérence des cicatrices, gêne et difficultés dans les mouvements du bras et de la main ; l’autre au sein gauche, de sa partie externe vers l’interne, à travers les parties molles, guérie avec quelques douleurs dans la partie blessée. » Elle fut admise, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 8 mars 1831 (par erreur sous le nom de Bontant, Elizabeth), dans la 5e classe des blessés, et fut pensionnée de cinq cent cinquante francs. Sans doute reçut-elle un secours en 1849, à titre de blessée de Juillet (sous le nom de Bontemps de Bezon, demeurant rue du Grand…). Elle était mère d’une petite fille, avait un neveu à sa charge et demeurait 15, rue du Paon-Saint-Victor en 1830-1831. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 51 ; Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 319 ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 15 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Bontant, Elisabeth) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 14, une pièce en date du 8 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement (sous le nom de Bontemps) ; Archives de Paris VK3 41 (sous le nom de femme Bontant) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (bien sous le nom de Bontems, Madeleine, Elisabeth) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/45 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 5e classer; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves qui ont formé des demandes de secours, et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 29 mai 1849, minutes 57-61.