Booz de, André, Stanislas, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 19 septembre 1790 à Pra (département de Gênes), fils de Booz, André, propriétaire, négociant, et de Michelin, Pélerine son épouse. Fils d’un représentant du peuple à Gênes, docteur en médecine, il prit part aux insurrections de Gênes et de Palerme, en 1820, et fit seize mois de cachot à Gênes et à Turin pour, comme capitaine de la garde nationale, avoir placardé la constitution française. Il fut libéré grâce à l’argent de ses parents et s’expatria en Grèce, en Egypte, en Afrique et, finalement, en France. Le 10 août 1825, il fut emprisonné à Roanne, et une pétition signée par de très nombreux patients réclamait sa libération. Un extrait des journaux Le Constitutionnel et le Commerce de Lyon rapportait : « Le sieur Debooz a été traduit, il y a quelques jours, devant le tribunal de police correctionnelle de Lyon ; la prévention le signalait comme charlatan, etc. Il exerçait publiquement à Lyon la médecine, sans brevet ni diplôme ; le débat a constaté qu’il avait fait des cures nombreuses, et qu’il avait donné surtout des soins avec succès, et souvent gratuitement aux goutteux, aux lépreux et aux paralytiques. Les bureaux de charité lui avaient adressé des incurables, qu’il a guéris. Le prévenu déclara, dans ses interrogatoires, qu’il avait fait des études médicales en Sicile, que, dominé par son art et par la passion d’être utile à l’humanité, il avait été en Egypte sous le prétexte d’y faire le négoce et avec le titre de courtier, pour y surprendre le secret des médecins arabes, surtout dans le traitement de la goutte, et en faire hommage, a-t-il ajouté, à Sa Majesté Louis XVIII ; arrivé à Marseille, il se dirigeait sur Paris lorsqu’il tomba malade à Lyon et s’y livra dans sa convalescence à l’exercice de l’art de guérir. Le tribunal, sur la plaidoirie de Me Ménestrier, a renvoyé le sieur Debooz de la plainte portée contre lui, et l’a condamné seulement à vingt-cinq francs d’amende, qu’il n’a pas payés, en vertu de ses droits. L’auditoire fut ému d’attendrissement lorsqu’on vit l’honorable président M. Delandine, qui, par ses talents et son amour de la justice, a conquis tant de titres à la reconnaissance de ses justiciables, donner aux huissiers l’ordre formel de reconduire le sieur Debooz libre et sans fers, dans la maison de détention, où il doit attendre l’expiration du délai de l’appel, lequel n’eut point lieu car par ordre judiciaire et supérieur il fut mis sur-le-champ en liberté, à la joie du public lyonnais. » En 1827, un passeport lui fut délivré par Delavau, préfet de police, pour se rendre par itinéraire obligé de Paris jusqu’à Londres. Le journal Le Constitutionnel relatait le 17 juillet 1829 : « L’équipage du brick sarde la Rose, commandé par le capitaine F. Debooz, génois de Pra, s’est révolté dans la mer de Marmars et a assassiné le capitaine du navire, son second, son secrétaire ainsi qu’un capitaine de navire français qui s’était embarqué à bord de la Rose, et qui portait avec lui des fonds provenant de la vente de ses marchandises. On a fait courir le bruit que les Grecs s’étaient rendus coupables de ce délit, de sorte que le gouvernement sarde n’a pas fait faire d’enquête et le crime reste impuni. » Le 16 septembre 1829, il faisait paraître dans le Courrier français le justificatif suivant : « J’ai lu avec beaucoup de surprise dans votre journal du 14 du courant, qu’en sortant de l’audience où je venais d’être absous de la plainte portée contre moi, j’avais en traversant la salle des pas perdus crié à tue-tête Vivent les ministres ! Vous avez été induits en erreur sur ce point. J’ai crié à la vérité Vive le roué ! mais quant à l’autre exclamation qu’on me prête elle ne m’est pas venue même en pensée. Croyez donc, Monsieur, que quoique le tribunal ait prétendu, sans l’avis d’un conseil des médecins, que je ne jouissais pas de toutes mes facultés mentales, je conserve encore assez de bon sens pour ne pas pousser un cri si contraire à l’opinion de toute la France. » Il participa aux événements de juillet 1830, soit en combattant soit en pansant les blessés, place Maubert, à Notre-Dame, place de Grève, rue Saint-Antoine, à la caserne de Babylone. Selon Lagôgue, qui l’accompagnait, il commanda la charge dans la rue Saint-Thomas-du-Louvre, puis, après la prise de celui-ci, se rendit aux Tuileries. Le Constitutionnel du 8 août 1830 rapporta à son sujet : « M. Debooz, docteur en médecine, demeurant rue Dauphine, n° 44, a concouru le 29 juillet à l’attaque et à la prise du Louvre : on le voyait tour à tour se battre et panser les blessés. » Selon la Lancette française, tome III, n° 74, 3e année, du 5 octobre 1830 : « On a vu un jeune chirurgien qui, malgré les balles qui pleuvaient de toutes parts, est resté sur le milieu de la place de Grève, à prodiguer ses soins à plusieurs blessés. Dépourvu de linge, il a déchiré sa cravate et son mouchoir pour envelopper les plaies graves. » Il fut blessé après la prise du Louvre au coin de la rue de Rohan, par une balle morte reçue dans la jambe droite. La plaie s’infecta. Il reçut un secours de dix francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussigné, maître tailleur, garde national de la Xe légion, 2e compagnie, uni à ma femme et mon second, aussi ouvrier tailleur, certifions avec serment que les jours mémorables 27, 28 29 juillet dernier M. Debooz, docteur en médecine, est toujours sorti en ville se battre et panser les malheureux blessés, toujours muni des bandes compresses et autres médicaments utilisés. Certifions en outre que le matin du 29 juillet, il nous a quitté bon matin en nous embrassant disant que peut-être c’était la dernière fois et que le tantôt il est rentré chez nous avec une blessure à sa jambe droite ayant son pantalon troué, que nous avons vue, et que lui-même s’était déjà pansé ; nous ayant déclaré l’avoir reçue au coin de la rue de Rohan après la prise du Louvre ». Signé, le 11 août 1830 : Dubuc, garde national, demeurant 44, rue Dauphine ; Pellerin, ouvrier tailleur, demeurant 44, rue Dauphine ; Dubuc madame, demeurant 44, rue Dauphine. Le 18 août 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIe arrondissement, comparurent : Mabru, Anne, restaurateur, demeurant 39, rue Dauphine ; Leroy, Charles, Toussaint, horloger, demeurant 60, rue Dauphine ; Trianon, Théodore, chapelier, demeurant 63, rue Dauphine ; Fabre, Antoine, François, Hippolyte, médecin, demeurant 19, rue de l’Odéon ; Miot, demeurant 14, rue Contrescarpe-Dauphine ; Simon, Nicolas, marchand fruitier, demeurant 6, rue Contrescarpe-Dauphine ; Teillard, Jacques, garçon marchand de vin, demeurant 71, rue Saint-André-des-Arts. Ils attestèrent parfaitement connaître Debooz et attestèrent sa date de naissance et sa naturalisation comme Français. Le 2 mai 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Fontaine, Jean, épicier, demeurant 42, rue Dauphine ; Dubuc, Jean, tailleur, demeurant 44, rue Dauphine ; Gautier, Jules, pharmacien, demeurant 38, rue Dauphine. Ils attestèrent qu’il était à leur connaissance que de Booz avait « été blessé en combattant rue de Rohan-Sant-Honoré le 29 juillet 1830 ». Il reçut un secours de cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il fit paraître un in-folio adressé entre autres aux membres de la Commission des récompenses nationales et dans lequel il faisait le panégyrique de ses activités. Le premier article était ainsi rédigé : « Le citoyen Debooz, Stanislas, Jean-Baptiste, docteur en médecine, demeurant rue Dauphine n° 44, retenu au lit, suite d’une blessure grave, frappée de gangrène, qu’il a reçue en combattant le 29 juillet dernier, au coin de la rue de Rohan après la prise du Louvre ; ainsi que les services qu’il a rendus pour le triomphe de nos libertés, place Maubert, tours Notre-Dame, place de Grève, rue Saint-Antoine, caserne de Babylone, soit en combattant et qu’en pansant les blessés comme les certificats ci-joints le prouvent. Le suppliant rappelle aux souvenirs de la Commission seize mois de cachot qu’il a soufferts à Gênes et à Turin, où il fut conduit enchaîné par la gendarmerie comme capitaine de la garde nationale, pour avoir placardé la constitution française. Ayant eu les conclusions à mort, il ne fut délivré que par l’argent de ses parents, expatrié... Après avoir visité la Grèce, l’Egypte et l’Afrique, il revint en France, son pays de droit, exerçant honorablement son état, comme l’ont prouvé les magistrats de Lyon et le journal de cette ville, ainsi que Le Constitutionnel du 8 septembre 1825, dont copie ci-jointe. Il a l’honneur de rappeler à la Commission les services, en sacrifiant ses propres intérêts, rendus par l’ancien représentant du peuple, son père, au général Masséna en 1800 à Gênes, les dévastations éprouvées par les Autrichiens dans sa famille pour ces motifs, les massacres qu’ont fait faire les jésuites de deux de ses frères, d’un neveu et d’un beau-frère, ainsi qu’un capitaine français qui était avec eux (Constitutionnel du 17 juillet 1829). Les recommandations de l’inquisition d’Italie à celle de Delavau-Ponce Pilate, ainsi que Pampelune et Cie, sous laquelle il a été, pendant quatre années, persécuté, calomnié, volé, emprisonné, empoisonné, et finalement lui donnant d’ordre de Corbière, l’ex-ministre un passeport de quitter la France dans trois jours ; que la cour royale de Paris a annulé les calomnies, le vol qu’on lui a fait, l’empêchement de l’exercice de son état injustement sera par lui prouvé aux intègres magistrats. Cependant, messieurs, ayez en considération mille cent dix-neuf francs et quatre-vingts centimes de dettes qu’il a dû contracter avec la généreuse société, pendant les quatre ans de la plus vile oppression. Plus de deux cent quarante francs pour dégager sa bibliothèque en six malles, et sur laquelle lui ayant encore fourni treize mois de nourriture jusqu’à l’époque de la renaissante liberté pour laquelle il a honorablement combattu, blessé et souffrant dans son lit, d’où il attend votre récompense. P.S. Il ne lui passe pas sous silence la part qu’il a prise au affaires constitutionnelles de Palerme et de Naples, où il était en 1820, et les ennemis qu’il s’est fait à Gênes par amour du roi constitutionnel plutôt que la république ; le placard qu’il a mis à l’Ecole de médecine de Paris, le 18 juillet 1828 ; la lettre qu’il a fait insérer dans le Courrier français du 16 septembre 1829 ; les prises avec le procureur général du feu roi devant la cour d’assises, le 7 septembre 1829, et le 13 septembre même année, devant la police correctionnelle, sixième chambre, où il l’a classé en lui prouvant qu’il était un chien enragé et un voleur. Cela est dans les journaux. » Le général Pajol (voir ce nom) recommandait vivement Debooz à la Commission. Gliamas, Raphaël (voir Gliamas, Raphaël, Léopold), étudiant en médecine, et Bouhier, aussi étudiant en médecine, certifiaient les faits contenus dans l’article. Il était porteur de plusieurs certificats qui attestaient sa participation aux combats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Moi, soussigné, citoyen patenté et ancien militaire, certifie que le 29 juillet dernier M. Debooz, docteur médecin, demeurant rue Dauphine n° 44, est venu me prier de vouloir bien lui donner un coup de main pour l’attaque et la prise du Louvre ; nous nous transportâmes vers les sept heures à la caserne de Babylone, pour exploiter sa position, ensuite nous descendîmes par la rue de la Planche, rue de la Chaise, rue de Grenelle, rue du Four-Saint-Germain, engageant tous les citoyens armés à se réunir à la caserne de Babylone, particulièrement dans la rue de Buci où nous trouvâmes les étudiants qui allaient s’armer dans la rue Jacob ; nous les engageâmes de même à se porter à la caserne de Babylone, et nous nous transportâmes au Louvre, où nous avons combattu et sommes entrés par la grille, où le sieur Debooz a commandé la charge dans la rue Saint-Thomas-du-Louvre, de là nous nous sommes transportés aux Tuileries où je l’ai perdu de vue. Croyant qu’il lui était arrivé quelque malheur, ne le voyant pas rentrer pour dîner, le lendemain matin je me suis transporté chez lui où je l’ai trouvé dans son lit, retenu par une blessure causée par une balle qu’il avait reçue à la jambe droite, à ce qu’il m’a dit, au coin de la rue de Rohan. » Signé, le 11 août 1830 : Lagôgue (voir ce nom), ancien militaire, patenté, demeurant 18, rue Frépillon. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, citoyens de Paris, certifions que M. de Booz (sic), docteur en médecine, demeurant rue Dauphine n° 44, a concouru dans la journée du 29 juillet 1830 à l’attaque et prise du Louvre, et qu’outre le service d’avoir pansé des blessés, il a continué son service pour se battre, conduite qui mérite le certificat que nous lui délivrons pour valoir et servir au besoin. » Signé, le 4 août 1830 : Mouhel, demeurant 22, rue Saint-Thomas-du-Louvre ; Lagôgue (voir ce nom), menuisier, demeurant 13, rue Frépillon (mais 18, rue Frépillon un peu plus loin) ; Baillet père (voir ce nom), fondeur, demeurant 23, rue des Marmousets dans la Cité ; Baillet fils (voir ce nom), demeurant 17, rue de la Parcheminerie, présent à la place de Grève le 28 juillet ainsi qu’aux tours de Notre-Dame ; Lequin, Maxime (voir ce nom) ; Gliamas, Raphaël (voir Gliamas, Raphaël, Léopold), « blessé le 28 juillet 1830, dont j’ai reçu les premiers soins place de Grève » ; Grand, qui précisait : « Je certifie avoir vu le 28 juillet M. de Booz, docteur en médecine, au milieu de la place de Grève, pendant le feu, prodiguer ses soins aux blessés. » Piquefeu (voir Piquefeu, François), demeurant 27, rue Culture-Sainte-Catherine, qui précisait : « Je certifie que M. de Booz était le 28 juillet sur la place Saint-Jean pour soigner M. Piquefeu, blessé » : Mlle Durand, Adèle ; Bertin ; Boudille ; Coltelle ; Petit ; Petipa ; Munerat ; Gerbal ; Tourte ; Zeude ; Legros ; Lechien ; Baron ; Dumaine ; Durand ; Aumont ; Genti ; Delliers ; Millecent ; Alexandre ; Detournil ; Zeud ; Debrie, Louis père ; Debrie, Louis fils ; Mille ; Jacqueminet ; Baduel, Henri, élève de l’Ecole polytechnique ; Tourneux, tailleur, demeurant 14, rue des Grands-Degrés, pour la veuve Fourcaud, dont le mari avait été tué « à cette affaire » ; Robert, Jean-Baptiste, demeurant 20, rue du Plâtre-Saint-Jacques ; Clocher pour l’affaire de la rue de Rohan ; Courtois, marchand de vin au coin de la rue de Rohan, pour l’affaire de la rue de Rohan. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Moi, soussigné, maître tailleur, garde national de la Xe légion, 2e compagnie, uni à ma femme et à mon second, aussi ouvrier tailleur, certifions avec serment que les jours mémorables 27, 28, 29 juillet dernier, M. Debooz, docteur en médecine, est toujours sorti en ville, se battre et panser les malheureux blessés, toujours muni des bandes, compresses et autres médicaments usités. Certifions en outre que le matin du 29 juillet il nous a quittés bon matin en nous embrassant, disant que peut-être c’était la dernière fois, et que le tantôt il est rentré chez nous avec une blessure à la jambe droite, ayant son pantalon troué, que nous avons vue, et que lui-même s’était déjà pansé, nous ayant déclaré l’avoir reçue au coin de la rue de Rohan après la prise du Louvre. » Signé, le 11 août 1830 : Dubuc, maître tailleur, demeurant 44, rue Dauphine ; Pellerin, ouvrier tailleur, demeurant 44, rue Dauphine ; Dubuc madame (ne sachant pas signer), demeurant 44, rue Dauphine. Il était porteur de nombreux certificats médicaux. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, ex-aide d’anatomie à la faculté de médecine de Paris, ancien élève des hôpitaux civils de la même ville, certifie que M. le docteur Debooz a été atteint à la partie interne et inférieure de la jambe droite par une balle morte, qui a déterminé une forte contusion des parties molles et très probablement une fracture du bord postérieur de l’os péroné. La peau de cette région présente une coloration livide et une dépression de quelques lignes ; la jambe est œdémateuse, les mouvements du pied sont gênés. » Signé, le 30 juillet 1830 : Dumoutier. Le deuxième certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en chirurgie de la faculté de Paris, certifie que M. Debooz a été atteint à la partie inférieure de la jambe droite d’une balle morte qui a occasionné une contusion avec dépression remarquable, près du tendon d’Achille, et que l’inflammation qui est résultée a déterminé chez lui depuis quinze jours la claudication. » Signé, le 6 août 1830 : Amussat. Le troisième certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en chirurgie de la faculté de Paris, atteste que le sieur Debooz a été atteint d’un coup de feu à la jambe droite dans la journée du 29 juillet dernier et que l’escarre de la plaie n’étant point tombée exigera probablement encore du repos et des soins chirurgicaux pendant plus d’un mois. » Signé, le 30 août 1830 : Amussat. Le quatrième certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en chirurgie, atteste que la plaie que M. Debooz porte à la partie postérieure de la jambe droite près le tendon d’Achille s’est sensiblement agrandie depuis huit jours et que les progrès en mal qu’elle a faits nécessitent des soins assidus. Le malade est dans l’impossibilité réelle de sortir de son lit car la marche serait un obstacle invincible à la guérison. » Signé, le 22 septembre 1830 : Amussat. Le cinquième certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, médecin de l’octroi de Paris, certifie qu’ayant été appelé ce matin 7 septembre pour donner des soins à M. Debooz, Stanislas, Jean-Baptiste, demeurant rue Dauphine n° 44, j’ai trouvé une plaie gangrenée, située à la partie postérieure de la jambe droite, prés le tendon d’Achille ; que cette malheureuse terminaison d’une plaie, résultant d’un coup de feu, met le malade dans l’impossibilité totale de quitter le lit pour aller se faire panser. » Signé, le 7 septembre 1830 : Hennelle, médecin, demeurant 13, rue de Savoie. Le sixième certificat médical, à en-tête de l’Hôtel-Dieu et ainsi rédigé : « Je, soussigné, chirurgien en chef dudit établissement, certifie que le nommé Debooz, Stanislas, Jean-Baptiste, âgé de quarante ans, profession de docteur en médecine, né à Pra, ex-département de Gênes, demeurant rue Dauphine n° 44, s’est présenté dans cet hôpital, portant à la partie postérieure de la jambe droite près le tendon d’Achille une plaie qui résulte d’un coup de feu et que cette blessure a exigé ou exigera deux mois de repos et de traitement. » Signé, le 25 août 1830 : Dupuytren (voir ce nom). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu et par balle morte à la partie inférieure, externe et un peu postérieure du pied droit, blessure non encore guérie et qui devra laisser après elle un peu de gêne dans les mouvements ; a droit à être placé dans la 2e classe des blessés avec une indemnité pendant un an s’il peut être constaté par la Commission que la blessure soit le résultat de la part que le sieur Debooz a prise aux journées de Juillet. » Il fut admis dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. (A noter qu’il est compris dans les blessés de la 2e catégorie de la 2e classe sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (2e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine). Il reçut trois cent soixante-quinze francs de secours en 1831. Il reçut, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de cinq cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il ne cessa de réclamer une pension de blessé, qui lui aurait été attribuée selon le Moniteur et qu’il ne toucha jamais (son nom n’est pas sur le Bulletin des lois, sauf erreur). Il présentait des certificats médicaux pour attester la gravité de la blessure qu’il avait reçue en 1830. Il signa, comme blessé le 29 juillet à la rue de Rohan, un certificat en faveur de Lequin, Maxime, délivré par Auzias, Simon et qui attestait que Lequin avait avec lui posé un drapeau tricolore sur une des tours de Notre-Dame et y avait sonné le tocsin. En date du 11 novembre 1831, un rapport de la haute police renseignait à son sujet : « Un blessé de Juillet, nommé Debooz, aurait fait, mardi dernier, dans un café, voisin de l’Ecole de médecine, l’affreux serment d’attenter aux jours de Sa Majesté. Cet individu, qui est italien d’origine, exerce à Paris l’état de médecin et demeure rue des Maçons-Sorbonne n° 16. Il est signalé comme étant d’un caractère cruel et vindicatif et porte souvent avec lui un poignard. C’est un homme de quarante ans environ, de la taille de cinq pieds, quatre pouces, maigre, très brun de peau, portant une longue chevelure noire ; il est presque toujours vêtu de noir. Debooz est surveillé très sévèrement. » En 1832, partisan du gouvernement de Louis-Philippe, il sollicita la croix. Il toucha un secours de cent vingt francs en 1839, de cinquante francs en 1840, de quarante francs en 1841. En 1842, les renseignements de police indiquaient à son sujet : « […] Cet homme dont la conduite est assez régulière est dans un état complet de dénuement et ne vit que de la charité publique. Le sieur de Booz est très infirme et hors d’état de gagner sa vie, du moins en ce moment. » Il toucha un secours de soixante-cinq francs en 1842. En 1843, il indiquait, à l’appui de sa demande de secours : « L’été dernier, j’ai pu quitter un moment mes béquilles et marcher au moyen d’un appareil que l’on m’a donné à l’hospice. Employé auprès d’une petite malade paralysée, j’ai pu gagner quelque chose pour payer mes loyers et me donner un paletot pour l’hiver. Le 31 janvier dernier, j’ai été victime d’un vol : trente-cinq francs d’argent, ce même paletot et un portefeuille rempli de papiers italiens soit de famille soit de créances. Réduit au plus complet dénuement, je viens vous supplier de vouloir bien m’accorder un secours pour pouvoir m’acheter des effets pour me vêtir. Etant malade de ma blessure et souffrant le froid jour et nuit, j’ai un pressant besoin d’être secouru. » Il toucha un secours de quatre-vingts francs en 1843, fut compris pour un secours de vingt-cinq francs en 1845, sans qu’il se présentât pour les toucher, de quarante francs en 1848. Et un secours de quarante francs en 1849 : « […] Exerce la profession de médecin, mais illégalement, et il n’a jamais été combattant de Juillet. Il est représenté comme un intrigant et un faiseur de dupes ; il vit en concubinage avec une femme qui a aussi une très mauvaise réputation. On assure que le sieur de Booz a plusieurs cabinets dans la capitale où il donne des consultations mais on ignore à quelles adresses, attendu qu’il prend des mesures pour se soustraire aux recherches de l’autorité. Il est inconnu de la faculté de médecine de Paris. » Il fut peut-être blessé en février 1848 « en faisant le bien public », dit-il. Il toucha un secours de cinquante francs en 1850, un autre de la même somme en 1851. Il sollicita, en 1851, son entrée aux Invalides. Son dossier était marqué « mal famé ». Il demeurait 10, rue des Fossés-Saint-Victor en 1827 ; 44, rue Dauphine en 1830 ; 16, rue des Maçons à la Sorbonne en 1831 ; 17, place des Innocents en 1832-1833, 1837 ; 66, rue Montmartre au 6e étage de 1839 à 1842 ; 14, rue de la Jussienne en 1843 ; 64 bis, rue Montmartre toujours en 1843 ; 293, rue Saint-Honoré en 1848 ; 268, rue du Faubourg-Saint-Honoré et 100, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1849 ; 44, rue de Laborde en 1851. Voir Debouz ? Gazette des tribunaux, 21 octobre 1826 (sous le nom de Debooz) ; Le Constitutionnel, 17 juillet 1829 ; Courrier français, 16 septembre 1829 ; Constitutionnel, 8 août 1830 ; la Lancette française, tome III, n° 74, 3e année, 3 août 1830 ; la Lancette française, tome III, n° 74, 3e année, 5 octobre 1830 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 9 (sous le nom de Booz, Stanislas) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire catégorie de la IIe classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 84 (sous le nom de Debooz) ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 (lettre du préfet de la Seine, en date du 1er février 1832, dossier Lataye, Anne, Louise mademoiselle) (sous le nom de Debooz) ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Clochez, Charles, François (sous le nom de Debooz) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (2e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine (sous le nom de Debooz) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, dossiers individuels, Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, dossiers individuels, Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) (sous le nom de Debooz) ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Debootz) ; Archives nationales F/1dIII/45 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Debooz) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (91) citoyens dont les blessures ont entraîné une incapacité de travail pendant un an ; Archives nationales F/1dIII/52 (sous le nom de Debooz) ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe (sous le nom de Debooz) ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Archives nationales F/1cI/33 (sous le nom de Debooz) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, lettre en date du 20 avril 1849, idem lettre en date du 10 mai 1849 (sous le nom de Booz, Stanislas, Jean-Baptiste), idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99 (sous le nom de Booz, Stanislas, Jean-Baptiste), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Booz, Stanislas, Jean-Baptiste) ; Archives de la préfecture de police AA 398 in dossier Lequin, Maxime (sous le nom de Debooz) ; le Moniteur du 24 ou 25 février 1844, pétition à la Chambre des députés.