Borne-Chaussey, Jean-Pierre
Biographie
Né le 15 avril 1793 à Maison-Rouge (Côte-d’Or). Comptable et employé aux écritures. Il déposa, le 12 mars 1848, un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février, adressant la lettre suivante et dans laquelle il faisait état de ses services en juillet : « A l’honneur de vous exposer que, combattant de Juillet, encore bien qu’il n’en ait pas les insignes parce qu’il n’a pas donné suite aux formalités prescrites pour cela en 1830, il a pris, à la révolution de 1848 une part active, en excitant, armé, à la résistance par l’exemple de son dévouement à la cause de la liberté […] ; qu’en 1815 il était employé aux écritures de recettes et dépenses de l’atelier de confection de l’habillement des régiments de voltigeurs et tirailleurs de la garde impériale ; qu’en 1816, il était employé, avec cautionnement de trois mille francs à l’octroi de Paris, en qualité de commis ambulant et de recettes de première classe ; qu’en 1830, il était garde-magasin du matériel des omnibus dites carolines […] ; qu’en 1830 et 1831 il a, vainement, sollicité du gouvernement déchu un emploi dans les limites de ses connaissances par diverses demandes auxquelles […] ; que s’il a obtenu une place au bureau du (ancien) IVe arrondissement pour la distribution du pain au-dessous du cours, ces fonctions, toutes temporaires, ont cessé le 1er février 1831 ; que depuis, essentiellement rebuté, il a dû vivre de ses propres ressources, aujourd’hui totalement épuisées, tous ses effets personnels et de ménage engagés ; que, dans un tel état de choses, si un secours pécuniaire lui serait en ce moment des plus précieux un emploi modeste de douze à quinze cents francs par an serait pour lui le salut. Par ces motifs, il vous prie, citoyen président, d’aviser au moyen de pourvoir un bon et dévoué patriote, heureux qu’il serait de tenir son bien-être de la république, à laquelle il est tout dévoué, à l’institution de laquelle il est heureux d’avoir quelque peu concouru. Recevez, etc. » Il accompagnait sa demande de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Le commissaire des guerres de la garde, chargé de l’habillement des régiments de voltigeurs et tirailleurs, certifie à qui il appartiendra que M. Jean-Baptiste Borne est employé aux écritures de recette et dépense de l’atelier de confection, ce qui le force à un travail de quinze heures par jour, sans relâche et cela depuis deux mois, sans qu’il soit possible d’assigner ce terme des travaux, qui se fondent sur le recrutement toujours renaissant des corps. » Signé, le 11 juin 1815 : de Laneuville. Le deuxième, ainsi rédigé : « L’inspecteur général des contributions indirectes, directeur des droits d’entrée et d’octroi de Paris, certifie que le sieur Borne, Jean-Pierre est entré dans l’octroi de Paris le 1er avril 1816, en qualité de commis ambulant de 1re classe et qu’il a rempli les fonctions de ce grade jusqu’au 4 septembre présent mois, époque à laquelle il a donné sa démission. » Signé, le 5 septembre 1816 : Pasquier. Le troisième, ainsi rédigé : « L’inspecteur général de l’entreprise des voitures dites carolines, certifie à qui il appartiendra que M. Jean-Pierre Borne a été employé dans l’administration desdites voitures pendant environ quatorze mois, en qualité de garde magasin du matériel, qu’il n’a cessé ses fonctions que le 10 juillet dernier, par sa démission volontaire, qu’il a constamment pendant tout le temps qu’il a été employé, rempli ses devoirs avec zèle, intelligence et probité et qu’il a mis dans la reddition de ses comptes toute la rectitude possible. » Signé, à Neuilly, le 5 août 1830 : Boilleau. Le quatrième, ainsi rédigé : « Les soussignés, ci-après dénommés, certifient à tous qu’il appartiendra qu’il est de notre connaissance que M. Borne, Jean-Pierre, ex-garde magasin, résidant à Neuilly près Paris, a constamment combattu pour la liberté de sa patrie dans les glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, aux différentes attaques qui ont eu lieu au Palais-Royal, rues Saint-Honoré, Vivienne, Richelieu, Montmartre, au marché des Innocents, etc., notamment en différents endroits sous les ordres de l’intrépide chef d’escadron Franzenberg (voir Franzenberg de, Louis, François), qui a si glorieusement succombé. En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent tant pour rendre hommage à la vérité que pour lui servir et valoir ce que de droit. » Signé, le 15 août 1830 (les signatures ne sont pas reproduites). Le cinquième, ainsi rédigé : « J’atteste que le sieur Borne s’est battu le 28 juillet dans les rues de Montmartre et le marché des Innocents, où il a désarmé plusieurs Suisses. » Signé : Quertier, ancien maréchal des logis des lanciers de la garde, demeurant 120, rue Montmartre. Le sixième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine de la garde nationale, IVe légion, 1er bataillon, 3e compagnie, certifie avoir vu le sieur Borne combattant sur la place des Innocents et qu’il encourageait ses camarades par son intrépidité. Je déclare en outre l’avoir vu, les 28 et 29 juillet, sous les ordres du chef d’escadron Franzenberg (voir Franzenberg de, Louis, François). » Signé, le 16 août 1830 : Robin, administrateur du bureau de charité du (ancien) IVe arrondissement, demeurant 19, rue des Prêcheurs. Le septième, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Borne s’est battu en ma présence rue Montmartre et qu’il a désarmé plusieurs Suisses et qu’il a poursuivi les autres jusqu’au marché des Innocents, où nous nous sommes quittés dans la journée du 28 juillet 1830. » Signé : Vêré, demeurant 18, rue Jean-Jacques-Rousseau. Le huitième, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Borne a combattu sous les ordres de mon fils, le 28 et 29 juillet dernier, avec toute la bravoure possible. » Signé : Franzenberg (voir Franzenberg de, Pierre, André, François), demeurant 4, rue de la Feuillade. Le neuvième, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Borne a combattu les 28 et 29 juillet dernier, rue Montmartre et au marché des Innocents, où il a désarmé plusieurs soldats suisses et qu’il encourageait les citoyens à combattre pour la liberté, auxquels il a distribué les armes des vaincus en notre présence. » Signé, le 23 août 1830 : Lamy, marchand de liqueurs et d’épicerie, demeurant 3, rue Saint-Sevrin (lire Saint-Séverin ?). Le dixième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Borne a combattu sous les ordres de M. Franzenberg (voir Franzenberg de, Louis, François), chef d’escadron, dans les journées des 28 et 29 juillet dernier. » Signé, Delair (voir Delair, Jean, Etienne, François), avoué à la cour royale, demeurant 1, rue de Lully. Suit aussi cette remarque : « On observe que le 28 juillet M. Borne a fait prisonnier, dans la rue Montmartre, un lieutenant-colonel d’un régiment suisse, qu’il a remis à la garde de soldats qui se trouvaient de service à la grande poste. Cet officier supérieur, placé chez le concierge par les militaires, y est resté trois jours, après quoi il a été transféré à l’hôpital du Gros Caillou, en raison de ses blessures. Ce fait a été attesté le 14 août 1830 par M. Picotin, concierge de l’administration générale des postes, rue Jean-Jacques-Rousseau, par M. Butey, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur n° 1, ainsi que par plusieurs autres personnes qui y étaient présentes et qu’on peut désigner au besoin. » Aussi cette lettre, en date du 11 octobre 1830, et qui lui avait été adressée par le ministère de la Guerre, secrétariat général, bureau du service intérieur, et ainsi rédigée : « J’ai reçu, monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire pour demander un emploi au ministère de la Guerre. Je vous annonce avec regret que l’organisation de mes bureaux étant définitivement arrêtée, je ne puis accueillir votre demande, mais, désirant vous être utile autant qu’il dépend de moi, en raison de votre belle conduite dans les glorieuses journées de juillet dernier et des attestations qui vous sont données à ce sujet, j’en ai fait prendre une note particulière pour qu’elle me soit représentée lorsque j’aurai à pourvoir à quelque vacance d’emploi dans les bureaux. » Aussi cette lettre, en date du 16 octobre 1830, qui lui avait été envoyée par le ministère des Travaux publics, division du personnel, et ainsi rédigée : « Monsieur, j’ai reçu la lettre que vous m’avez adressée et par laquelle vous me demandez une place de préposé à un pont à bascule. La présentation pour les emplois de cette nature appartenant à messieurs les préfets, c’est à monsieur le préfet du département dans lequel vous désirez être employé que vous devez vous adresser. Si, en cas de vacance, vous m’étiez proposé je donnerais à votre demande une attention particulière et je serais bien aise, d’après le bon témoignage que l’on rend de vous, de pouvoir vous être utile. » Signé : Bérard, conseiller d’Etat, directeur général des Ponts et Chaussées et des Mines. Aussi cette lettre, en date du 15 mai 1831, envoyée par la préfecture de police, secrétariat général, 2e section, et ainsi rédigée : « On m’a transmis, monsieur, par ordre de la reine, un placet dans lequel vous rappelez la demande que vous avez formée d’un emploi dans mon administration. Il a été pris note de votre réclamation, qui sera examinée avec la plus grande attention lorsqu’il se présentera des vacances ; mais je ne dois pas vous dissimuler que le nombre des demandes excédant celui des places disponibles et les besoins d’économies devant amener de nombreuses suppressions d’emplois, je me vois généralement dans l’impossibilité de satisfaire aux prétentions les mieux fondées. » Signé : Vivien. Aussi ce certificat, ainsi délivré par l’agent comptable du bureau de charité de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et ainsi rédigé : « Je, soussigné, […] certifie que le nommé Borne, Jean-Pierre a été employé dans la distribution du pain au-dessous du cours, d’après des recommandations notables de cet arrondissement, qu’il a cessé ses fonctions le 1er du courant par suite de suppression des bureaux, en vertu d’un arrêté de M. le préfet de la Seine. Déclarant en outre que ledit M. Borne a rempli ces fonctions avec zèle, intelligence et probité et qu’il a mis dans la reddition de ses comptes toute la rectitude possible. » Signé, le 5 février 1831 : Vanisac, L. Aussi cette note : « Il existe d’autres pièces au ministère de la Guerre, qui sont jointes à une demande de garde magasin, adressée les 1er septembre et 3 décembre 1830, bureau des fourrages. Le 6 avril 1848, n’ayant reçu aucune réponse, « dans la plus absolue nécessité », il renouvela sa demande. Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable. Il était veuf depuis le 17 octobre 1847, père d’un enfant et ayant à sa charge sa mère, âgée de soixante-seize ans et infirme en 1848. Il demeurait à Neuilly en juillet 1830 ; 9, rue de Villers (lire de Villiers ?) en octobre 1830 dans la lettre qui lui est envoyée par le ministre de la Guerre ; 19, rue des Prêcheurs en octobre 1830 dans la lettre qui lui est envoyée par le ministère des Travaux Publics ; passage Biette au 5, rue de Ménilmontant en octobre 1831, dans la lettre qui lui est envoyée par le préfet de police ; 36, rue Rochechouart en 1848. Archives de la préfecture de police AA 373.