Bosc, Joseph, Jean, Antoine

Biographie


Né à Olonzac. Marchand, ancien percepteur des contributions directes de la commune d’Olonzac et instituteur. Lieutenant de la garde nationale d’Olonzac en 1815, au moment des Cent-Jours, il refusa avec sa compagnie de suivre le duc d’Angoulême ; il était lié d’amitié avec le général Gilly. Il fut victime de persécutions et de plusieurs arrestations arbitraires après les Cent-Jours, expliquant : « Mon dévouement à la cause nationale me fit comprendre, après les mêmes Cent-Jours, sur la liste dressée par M. de Montcalm des soixante premières victimes du département pour être proscrit au fort de Brescou. » Et : « Mes deux fils aînés, Joseph, Martin et Jean, Urbain Bosc, poursuivis pour délit politique, sous le prétexte d’une chanson, furent condamnés sans témoin, à une amende et à l’emprisonnement, qu’ils subirent. Nous étions ensemble, mes deux fils aînés et moi encore sous la surveillance secrète de la gendarmerie, lorsqu’il nous fut enfin permis de saluer la glorieuse révolution de 1830, à laquelle je participai de tout mon pouvoir, en arborant le premier, contre la volonté du maire d’alors et au péril de ma vie, au-dessus de ma maison à Olonzac, le drapeau tricolore et national, et en donnant l’élan de la liberté dans notre canton, au premier signal connu des journées de Juillet. » Ce drapeau fut arboré, le 5 août 1830, suivant un certificat délivré par le maire et un adjoint de cette commune. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussigné, maire de la commune de Cassagnoles, canton d’Olonzac, arrondissement de Saint-Pons, département de l’Hérault, certifions et attestons à qui de droit que M. Bosc, Joseph, Jean, Antoine père, ex-percepteur des contributions directes de la commune dudit Olonzac vint se réfugier dans notre commune de Cassagnoles vers la fin de l’année 1815 et qu’il y resta jusqu’à la fin de l’année 1816, c’est-à-dire pendant une année complète, pour se soustraire aux vexations, aux outrages et à la persécution qu’il eut alors et depuis à souffrir dans Olonzac, à raison de ses principes politiques et libéraux, de son dévouement à la charte et au régime légal. Nous certifions aussi que ses mœurs, sa probité et toute sa conduite ont été, pendant ce temps comme pendant toute sa vie, qui nous est parfaitement connue, à l’abri de tout reproche. Nous certifions en outre qu’il est à notre pleine connaissance que la persécution que ledit M. Bos père, ses deux fils, ainsi que toute sa famille, ont eu à souffrir de la part de MM. les maire et adjoints d’Olonzac de même que de l’autorité supérieure n’a pas discontinué depuis l’année 1815 et 1816, époque à laquelle il eut à gémir sous des arrestations et détentions arbitraires et qu’elle a continué jusqu’à ce moment présent où la liberté triompha, pour le bonheur de la France. Nous certifions en outre que, par suite des malheurs de cette persécution atroce, ledit sieur Bosc père, après avoir perdu son emploi de percepteur, qu’il remplissait avec honneur, a perdu sa fortune, qu’il demeure sans ressources et qu’il demeure aussi chargé d’une nombreuse famille et d’un vieillard infirme dont il est l’unique soutien. » Signé, le 12 août 1830 : P. Brail, maire de Cassagnoles. Il sollicita de recouvrer la place de percepteur, qu’il occupait jusqu’en 1815. Son fils aîné s’appelait Bosc, Joseph, Martin. Son second fils, Bosc, Jean, Urbain, était en 1831, officier dans le 1er bataillon de zouaves en Algérie et s’était distingué dans les combats contre les Kabyles, où il avait été blessé. Son troisième fils, Bosc, Baptiste, Aristide, venait de s’enrôler volontairement dans le 20e de ligne. Un autre de ses fils était professeur à l’Ecole royale de Bourbon-Vendée en 1830. La commission considéra que les faits n’étaient pas de nature à mériter de récompense nationale. Quant aux persécutions, elle estima qu’elles n’avaient aucun rapport avec les événements de Juillet. Il était le père de six enfants et le soutien d’un vieil oncle infirme. Il demeurait 5, rue Mondovi (sans que le nom de la commune fût stipulé) en 1831. Archives nationales F/1dIII/79, dossier Hérault.

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