Bosquet, Pierre, Joseph, François
Biographie
Né le 8 novembre 1810 à Mont-de-Marsan (Landes). Elève de l’Ecole polytechnique, sergent de la 2e division. Selon le rapport que fit Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), autre élève de la même Ecole et choisi pour établir les droits de chacun des élèves à une récompense honorifique, en fonction de la part prise aux combats de Juillet, et cette part prise en uniforme ou en habits bourgeois, il était du nombre de ceux dont Lannoy disait qu’ils « ont combattu en uniforme dans les journées de Juillet et me paraissent avoir mérité la décoration spéciale ». Il faisait partie lui-même de la sous-commission chargée d’examiner les droits à une récompense honorifique des élèves de l’Ecole et encore présents à l’Ecole ; cette sous-commission était composée, outre lui-même de Baduel (voir Baduel, Louis, Henri), Solignac (voir Solignac, Napoléon, Marie, André, Alexandre), Gavarret (voir Gavaret, Louis, Dominique, Jules). Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 9 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Au Louvre et aux Tuileries. Il empêcha de détruire les Suisses. Le 30, fut à Neuilly parlementer avec les troupes. Il apprit que cinquante soldats avaient été fusillés pour avoir manifesté l’intention de se ranger du parti du peuple. Le colonel leur assura qu’il ne marcherait pas sur Paris. » Et sur le registre des votes pour le choix des décorations la mention suivante : « En uniforme, le 29 a combattu au Louvre et aux Tuileries ; il a empêché de tuer des Suisses prisonniers. Le 30, fut à Neuilly pour parlementer avec les troupes : un colonel lui assura qu’il ne marcherait pas sur Paris. » Dans la séance du 9 avril 1831 du jury de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, il affirma sur l’honneur avec Baduel (voir Baduel, Louis, Henri), Gavaret (voir Gavaret, Louis, Dominique, Jules) et Solignac (voir Solignac, Napoléon, Marie, André, Alexandre) que ses condisciples suivants avaient combattu en uniforme de l’Ecole, le 29 juillet : Cotignon, Charles, Amand ; Gagneur, François, Joseph, Frédéric ; Bureau, Alize ; Loubens (voir Loubens, Gounonde, Etienne, Joseph, Victorien) ; Cantarès, Auguste, Romain ; Auger, Charles ; Roguin, Louis, Hippolyte, Jules ; Massu, Jean, Honoré, Théophile ; Laffitte, Jean-François, Armand ; Poyen, Charles, Marie, Eugène ; Vincent, Antoine ; Meinadier, Pierre, Jean, Ernest ; Serry Grillerdet, Marie, François, Jules ; Le Boulanger de Bois Frencourt, Charles, Hippolyte, Escar ; D’Ouvrier de Villegly, Louis, Antoine, Gustave ; Schwilgué, Sébastien, Alexandre ; Paul, Denis ; Mœvus, Frédéric, Xavier, Gustave ; Fabre, Hyacinthe, Henri ; Goy, Joseph ; Widmer, Jules ; Garnier Kernault, Edouard, Charles, Marie ; Fremont, Jean, Edme ; Requier, Jean, Edouard ; Susane, Louis, Auguste, Victor, Vincent. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Dans la lettre que Coulaux adressa à la Commission des récompenses nationales pour faire valoir ses propres droits à une récompense, il donnait les indications suivantes sur la participation de Roguin aux événements : « […Au milieu de la journée du 30] Je fus envoyé à Neuilly, avec deux de mes camarades, MM. Roguin et Bosquet, pour parlementer avec la garde royale. Notre mission eut l’heureux résultat de décider un grand nombre de soldats à quitter des drapeaux qu’ils ne pouvaient plus servir avec honneur et nous ne fûmes pas étonnés de voir, le lendemain, plusieurs détachements reprendre le chemin de leurs casernes. […]. » Il signa le certificat suivant en faveur de Gouvrit, François : « Après la prise des Tuileries, se présenta à moi sur la place du Carrousel un généreux citoyen nommé Gouvrit, atteint d’un coup de feu à la jambe. Dans ce moment, je ne puis que lui donner mon nom pour qu’il vînt me retrouver. Aujourd’hui, je serai heureux si mon attestation pouvait faire accorder à ce brave les soins et la récompense que réclame sa blessure. » Il apostilla, en août 1830, le certificat suivant délivré par Baduel (voir Baduel, Louis, Henri) en faveur de Carles, Jean-Pierre : « Je certifie que M. Carles, artiste lithographique, a pris part aux journées mémorables de Juillet. Je l’ai vu combattre à mes côtés au Louvre et aux Tuileries jusqu’au moment où je fus blessé sur le Carrousel. Il n’a quitté le champ de bataille qu’à la fin de cette affaire pour me porter ses secours. » Il signa le certificat suivant en faveur de Martin, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie que le 29 juillet, sous l’arc de triomphe de la place du Carrousel, le sieur François Martin se trouvait en armes lorsque les Tuileries commencèrent à céder. Il venait du Louvre, où il s’était battu et il brûla aussi ses cartouches aux Tuileries. Son dévouement devait être sans restriction, car de ceux qui étaient alors sous l’arc de triomphe un très petit nombre se sont retirés sans blessure. Un fait surtout m’a pleinement convaincu de sa présence sur la place : il a vu, comme moi, un vieillard venir reprendre le corps de son fils, qu’il avait armé lui-même. » Il fut, par ordonnance royale, en date du 22 novembre 1831, admis dans l’artillerie de terre, en qualité d’élève sous-lieutenant à l’ecole d’application de l’artillerie et du génie à Metz. Il participa à la conquête de l’Algérie, à la bataille de Crimée et fut maréchal de France. L’avenue Bosquet à Paris porte son nom. Il demeurait à l’Ecole polytechnique en 1830-1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusqu’au 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 210 (sous le seul nom de Bosquet) ; Archives de Paris VD3 8, révolution de 1830, lettres de polytechniciens, rapports divers, etc. ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique, aussi une liste d’Elèves présents à l’Ecole et dont les titres ont été examinés, aussi le rapport de Lannoy et aussi deux feuillets séparés de décorés de la Croix de Juillet auprès du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 9 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 9 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Gouvrit, François ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Carles, Jean-Pierre ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Laurent, Jean (où il apostille un certificat délivré par Milbert, Jean, Angélique, Edouard en faveur de ce dernier) ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Martin, François ; Journal militaire officiel, n° 45 bis, année 1831, p. 249 ; Histoire de l’Ecole polytechnique, Gaston Pinet, Paris, chez Baudry, 1887, p. 153.