Bottier, Jean-Baptiste, Nestor

Biographie


Né le 10 mars 1811 à Paris. Ouvrier relieur. Blessé d’une balle à la jambe et d’un coup de crosse reçu dans la poitrine pendant l’attaque du Louvre, le 29 juillet. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en « A été blessé dans la journée du 28, en défendant contre une troupe armée des munitions dont la garde lui avait été confiée sur la place de l’Odéon (plusieurs témoins et voisins) Blessure légère. » Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 17 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par balle morte à la jambe du côté gauche, au côté externe des tendons d’Achille, guérie sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement rangé dans la première classe de la deuxième catégorie des blessés. En 1832, il sollicita et obtint des secours, se plaignant de n’avoir reçu « que cent francs de la Commission des récompenses nationales et de stériles promesses de croix et de pension » et d’être « paralysé dans ses travaux par suite de blessures graves ». Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1833, suite à des renseignements favorables recueillis sur lui par le préfet de la Seine et par le maire de son arrondissement, qui indiquait que Bottier était d’une « conduite irréprochable ». En mars 1835, père de bientôt trois enfants, sans ouvrage, « sans espoir d’arracher sa famille à la plus cruelle misère sans un prompt secours », il sollicita de nouveau d’être aidé. En juillet de la même année, il poursuivit sa sollicitation, précisant qu’il avait été forcé de vendre son ménage « l’hiver dernier, et ce sacrifice n’a pu suffire à nous conserver nos deux premiers enfants, morts faute des soins que, dans notre complet dénuement, nous ne pûmes leur donner ». D’autres renseignements, cette année-là, notèrent : « L’un et l’autre [sa femme] ouvriers relieurs ; ils ne paraissent point manquer d’ouvrage et on les croit au-dessus du besoin. Ils n’ont point d’enfant ; leur conduite est régulière […]. » Son père était lui-même relieur, ex-relieur de SAR mademoiselle de Chartres, ruiné par la faillite des maisons de librairie qui le faisaient travailler. Il demeurait 10, rue Saint-Etienne-des-Grès en 1830-1831 ; 34, rue des Noyers, place Maubert en 1832 ; 17, rue du Fouarre et 27, rue Saint-Jacques en 1833 ; 33, rue du Four-Saint-Honoré en 1835, hôtel de Cherbourg. Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 17 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 29 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/45 ; Archives nationales F/1dIII/49 in dossier Chabasseur ; Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Garot.

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