Bouché, Adolphe
Biographie
Né vers 1803 ou 1804. Il s’illustra à la Bourse, rue de Richelieu, place Maubert, place Notre-Dame-des-Victoires et rue Saint-Honoré. Il fut blessé au côté gauche par une balle morte. Il fut nommé, sur proposition de la Commission des récompenses nationales, maréchal des logis et dirigé sur l’Ecole de cavalerie de Saumur, pour en suivre les cours et y acquérir l’instruction nécessaire pour pouvoir remplir les fonctions du grade qui lui avait été conféré. En 1831, il était sergent à la 5e compagnie du 4e bataillon du 41e de ligne, en cantonnement en Vendée. Il déposa un dossier à la Société des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), pour solliciter la décoration de Juillet. Il adressait, le 12 décembre 1831, depuis le Bourg-d’Iré (Maine-et-Loire), la lettre suivante à la Société des réclamants : « Ayant été nommé sous-officier par la Commission des récompenses nationales, je suis actuellement dans le 41e de ligne. Trouvant que le titre qui m’a été accordé est bien au-dessous de ce que mes services peuvent mériter, je me recommande à vous, Monsieur, pour que vous ayez la bonté de me faire obtenir la décoration due à tout brave Français qui s’est distingué par sa conduite et au péril de ses jours lors des glorieuses journées de Juillet. Je joins, ci-inclus, le certificat de mes services, outre les renseignements que vous pourrez trouver à la Commission des récompenses nationales (ma demande apostillée par M. Mérilhou, ex-ministre de la Justice, M. le comte Pajol, lieutenant-général, commandant la 1re division militaire) par laquelle je devais être nommé sous-lieutenant. Mais, malheureusement, mes pièces furent en premier lieu égarées dans les bureaux du ministère de la Guerre et, en second lieu, présentées trop tard car le travail de la Commission était terminé (du moins à ce qu’on me dit). Maintenant, ayant appris par M. Percet qu’une nouvelle Commission était formée pour recevoir les réclamations, et M. Percet, par l’amitié qu’il me porte et guidé par son esprit de justice, ayant lui-même fait à votre Commission la demande du signe dont je m’honorerais d’être décoré, je joins mes prières aux siennes et toutes les preuves désirables à ce sujet. Je me recommande à votre justice et je suis plus que sûr que je n’aurais pas imploré en vain votre impartialité pour un citoyen qui est et sera toujours un des appuis du trône constitutionnel et de la liberté. » On trouve sur son dossier la note suivante, rédigée par Percet (voir Percé, Jean-Baptiste) : « Tous les faits ci-dessus sont certifiés par M. Jean-Baptiste Percet (sic), qui était lui-même aux affaires. Ils pourraient l’être de même par le lieutenant de garde municipale, M. Cros (voir Cros, Jean-Pierre), résidant actuellement faubourg Saint-Martin, à la caserne. J’ai un certificat collectif. On peut aller aussi chez tous les signataires de mes certificats. » Signé : Percet (sic), Jean-Baptiste. Bouché était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que M. Adolphe Boucher (sic) a été un des premiers qui se soit déclaré pour la cause nationale, qu’il a contribué au désarmement du poste de la place Maubert et de celui du pont de l’Hôtel-Dieu ; qu’il s’est rendu ensuite au Palais-Royal, où il a soutenu l’attaque de la garde royale et des Suisses, à la tête du peloton qu’il avait formé ; qu’ayant reçu une balle morte sous le sein droit, il a été porté à l’ambulance pour être pansé ; que quatre heures après il a repris le commandement de son peloton à la Bourse, y a monté la garde sous les ordres de MM. Langlier (voir Lenglier) et Monicault (voir Monicault de, Joseph, Charles, Eugène), élèves de l’Ecole polytechnique ; qu’ayant été envoyé le lendemain à Saint-Cloud, il y a rétabli l’ordre et prévenu le pillage et qu’enfin il a fait partie de l’expédition de Rambouillet. » Signé, le 7 août 1830 : Borilly ; Henry ; Chauvière, agent de change au Palais-Royal ; Robin ; Fontaine, au café Lemblin ; Limousinau ; Piat, demeurant 22, rue Sainte-Anne ; Ferrié ; Benoît, propriétaire, demeurant 14, rue du Marché-Palu ; Pain, demeurant 26, rue Froi… Monicault (voir plus haut) signa pour lui le certificat suivant : « Je, soussigné, élève de l’Ecole polytechnique, certifie conforme à la vérité le dernier paragraphe concernant l’expédition de Saint-Cloud, où M. Bouché m’a aidé à rétablir l’ordre, en conservant fidèlement un poste que je lui avais confié. Je certifie de plus qu’il s’est conduit en brave et loyal citoyen au poste de la Bourse, où il est resté pendant trois jours. » Signé, le 30 août 1830 : de Monicault, E. On trouve aussi dans le dossier de Percet le certificat suivant concernant aussi Bouché et signé par le comte Auguste de Bastard : « Je m’empresse de reconnaître, d’après le témoignage de M. Mérilhou, ministre de la Justice, que j’ai dû en partie mon salut, le 29 juillet 1830, rue Neuve-des-Petits-Champs, pendant que j’étais conduit à la Bourse, aux soins et à la protection de M. Jean-Baptiste Percet, commis voyageur demeurant à Paris rue de Beaujolais n° 1. M. Percet et un autre, M. Bouchet (voir Bouché, Adolphe), ont pris soin de ma personne, d’après l’invitation qui leur en fut faite par M. Mérilhou ; ils ne m’ont quitté qu’à mon arrivée à la Bourse et quand ils m’ont vu en sûreté. Je dois déclarer que, sans cette bienveillante intervention de M. Mérilhou et celle d’un grand nombre de citoyens, j’aurais été massacré par la multitude, exaspérée et qui méconnaissait mon caractère de parlementaire. » Il demeurait 1, rue Beaujolais en 1830. Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers (sous le nom de Bouchet, Louis, Grégoire, Adolphe) et aussi lettre du ministère de la Guerre, en date du 27 avril 1831, adressée au ministre de l’Intérieur (sous le nom de Bouchet, Louis, Georges, Adolphe) ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives de la préfecture de police AA 374 (aussi sous le nom de Bouché, Grégoire, Adolphe).