Bouché, Pierre, Michel
Biographie
Il adressa, le 19 mars 1848, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Le sieur Bouché, Pierre, Michel, né à Vaugirard, arrondissement de Sceaux, département de la Seine, le 11 floréal an IX (1er mai 1801), résidant à Paris, rue de l’Ouest, XIe arrondissement, exerçant la profession de typographe, a l’honneur de vous exprimer le désir d’obtenir un emploi dans l’une des administrations, soit du département de l’Intérieur, soit du département de l’Agriculture et du Commerce. Marié à une femme dont la faibles santé, ainsi que celle de son fils unique, âgé de six ans, ont épuisé toutes leurs faibles ressources. Le susnommé a également l’honneur, citoyens, de mettre sous les yeux de votre Commission les pièces à l’appui de sa demande. Décoré de Juillet, il eut, comme la plupart de ses camarades, à souffrir toutes les tracasseries d’un pouvoir pour lequel il n’avait point combattu et auquel il refusa de prêter serment. Collaborateur du journal républicain le Moniteur des faubourgs, fondé par le citoyen Auguste Cône (sic) (voir Caunes, Auguste), en août et septembre 1830, il fut traqué par la police, dont le sieur Vivien était le chef, et dénoncé comme homme dangereux au gouvernement, à la municipalité de Vaugirard, dont il était alors un des administrés. Dévoué à la cause sacrée de l’humanité, il surmonta les dégoûts que lui inspiraient les hommes corrompus qui étaient l’âme de l’administration de sa commune et fit accepter par quelques citoyens purs ses services gratuits pour les soins à donner aux victimes du terrible fléau qui vint frapper notre belle patrie. Veuillez, citoyens, et. » On trouve deux certificats dans son dossier. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, adjudant major du 6e bataillon de la IIIe légion de la garde nationale de la banlieue, certifie que le citoyen Boucher, Pierre, Michel n’a cessé de faire partie du bataillon auquel j’appartiens et qu’il n’a jamais laissé rien à désirer dans les différentes fonctions que les autorités militaires de la ville de Vaugirard lui ont confiées à dater du 27 juillet 1830. Les éminents services qu’il a rendus à son pays lors des événements de Juillet, les postes délicats qui lui ont été assignés, les commandements qui lui ont été conférés pendant les grandes journées de Juillet pour le maintien de la liberté et de l’ordre public m’imposent le besoin de rendre un éclatant témoignage à la vérité. Au nom de tous nos camarades du 3e bataillon de la IIIe légion, je certifie conforme et véritable le présent certificat, pour lui servir et valoir auprès de qui de droit. » Signé, le 5 février 1831 : …azillier, chevalier de la Légion d’honneur, aide-major, remplissant provisoirement les fonctions de chef de bataillon (du 6e), de la IIIe légion de la banlieue. » Le deuxième certificat, une lettre, en date du 9 mai (sans que l’année apparaisse), ainsi rédigée mais sans que nous soit parvenue d’autre indication sur les faits précis auxquels elle pourrait se rapporter : « Vous avez bien voulu remplir les fonctions de surveillant du service de notre ambulance et particulièrement des soins à donner aux malades. Par votre zèle et votre coopération, toutes les parties du service ont été régulièrement faites et nous avons enfin la satisfaction d’avoir vu s’accomplir l’œuvre de bienfaisance du gouvernement ainsi que de notre commune, qui, quoique bien malheureuse, a donné, en cette circonstance, l’exemple de la plus grande charité. Je vous rappelle que demain, de midi à 2 heures, M. le sous-préfet de l’arrondissement vient opérer la clôture de notre ambulance et en examinera les dépenses. Je vous prie de vous y trouver et d’agréer, au nom de la commune que j’administre l’expression de la reconnaissance que vous vous êtes acquise en cette circonstance. Veuillez, etc. » Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 9, rue de l’Ouest en 1848. Archives de la préfecture de police AA 374. Mettre de l’ordre dans les différents noms… Boucher, Pierre, Michel…