Boucher-Dugua, Nicolas

Biographie


Né le 24 mai 1797 à Penne-d’Agenais (Lot-et-Garonne). Médecin, reçu le 3 septembre 1826 à la faculté de Paris. Les journaux de l’époque relatèrent ainsi sa conduite : « Dans les journées à jamais mémorables des 27, 28 et 29 juillet, le docteur Boucher-Dugua n’a cessé de prodiguer les soins les plus empressés aux blessés français. Cette conduite fait autant d’honneur à son patriotisme qu’à son humanité. » Bois, Alexandre, dans l’exposé qu’il fit de sa propre conduite donnait les précisions suivantes sur sa conduite, quand il fut atteint d’une balle à la jambe, le 29 juillet au Louvre : « Je n’avais pas fait deux pas en avant qu’une balle vint mettre obstacle à mon ardeur. Elle me traversa la jambe. Ma cravate fut de suite serrée autour de la jambe et me permit de tirer encore quelques coups de fusil. Mais le sang que je perdais ne me permit que de faire quelques pas. Je tombais et je fus porté chez le marchand de vin qui fait le coin de la rue Saint-Thomas-du-Louvre. Je retrouvais un médecin qui m’avait vu dans le fort de l’affaire, M. le docteur Bouchet (voir Boucher-Dugua, Nicolas), digne chirurgien major de la IIe légion de la garde nationale, et à qui j’avais été d’un grand secours pour enlever un homme blessé au bras quelques moments avant que nous nous soyons décidés à traverser la place. Il me prodigua ses secours. » Il signa, le 26 août 1830, le certificat suivant en faveur de Vigoureux, Jean-Marie, Antoine : « Je, soussigné, chirurgien major provisoire de la IIe légion de la garde nationale, d’après les ordres de M. le maire du (ancien) IIe arrondissement de la Ville de Paris, certifie que le nommé Vigoureux, Jean-Marie, Antoine a été atteint d’une balle et d’un coup de mitraille à la partie interne de la jambe droite le 28 juillet dernier. Je pense qu’il ne pourra pas reprendre ses travaux avant trois semaines et que par conséquent il mérite un secours. » Il signa, le 12 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Laligant, Claude, Blaise : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Laligant, Claude, garçon boulanger, demeurant à Paris, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 64, boulangerie Pecourt, s’est distingué dans les trois mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, ayant parcouru tous les quartiers de Paris, combattant pour la défense de nos libertés, a été malheureusement blessé par une balle au ventre, au nombril, en face de la rue du Chantre-Saint-Honoré ; malgré sa blessure, n’ayant pas abandonné son fusil, il est entré chez M. Thirion, herboriste, rue du Chantre, n° 27, qui lui a prodigué tous les soins possibles ; environ une demi-heure après, l’ayant remercié, ce brave défenseur a repris son arme et est retourné rejoindre ses camarades qui combattaient encore pour l’honneur de la patrie. S’étant avancé l’un des premiers vers le Palais-Royal, engagea ses camarades à faire respecter les propriétés de Mgr le duc d’Orléans maintenant roi des Français. Etant épuisé de fatigue et la sensibilité de sa blessure (sic), il pria ses camarades de ne pas perdre courage, qu’ils remporteraient la victoire. Peu de temps après, le Palais-Royal a été sous la sauvegarde des défenseurs de la liberté. Quelque temps après, ledit sieur Laligant est rentré glorieusement dans son habitation. Il ne demande aucune rétribution d’intérêt, il désire seulement obtenir une médaille d’honneur pour prix de son dévouement et de son courage ; c’est pourquoi nous lui avons délivré le présent certificat. » Il signa, le 10 mai 1831, cet autre certificat en faveur du même Laligant, Claude : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, chirurgien major de la IIe légion de la garde nationale, certifie que le nommé Laligant, Claude, garçon boulanger, a reçu un coup de feu près de l’ombilic, le 29 juillet, en combattant et qu’il a reçu mes soins peu d’instants après. » Il fut nommé chirurgien-major de la IIe légion en août 1830, médecin du bureau de charité du (ancien) IIe arrondissement, membre de la commission de salubrité centrale du même arrondissement, médecin du ministère de l’Intérieur pour les orphelins de Juillet. Il fit partie avec Carly de Wazzema Montaigne, Huet Michel Laurent, Moutardier Hortense dit Eugène, Regent Auguste, Greverath Achille Simon, Martinon Joseph, Augé Placide Antoine, des huit membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il soigna, entre autres, Blasmer, François, d’un coup de baïonnette qu’il avait reçu à l’avant-bras, Boucheron, Jean-Baptiste, d’une blessure au pied, Brictheaux, Charles, Dehesdin, Benjamin, Gaspard, Rémond, Jean-François. Il signa un certificat en faveur de Fouquet, François, Noël (voir ce nom), pour attester qu’il avait donné ses soins à ce dernier. Il signa un certificat en faveur de Planty, Christin aîné pour attester les contusions dont il souffrait. Il signa, le 20 février 1831, un certificat en faveur de Séné, Jean-Baptiste, Fleury, père de Séné, Adolphe, Louis, Baptiste tué dans les combats, pour attester qu’il souffrait « d’une surdité très intense […et] qu’il porte à la jambe gauche les traces d’une blessure ancienne, qui a produit une fracture à la partie moyenne du tibia et de laquelle il est résulté une difformité et un raccourcissement dudit membre […], ces deux infirmités le mettent hors d’état de pouvoir continuer sa profession de cocher ». En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut choisi pour s’occuper de la surveillance médicale des orphelins des (anciens) Xe, XIe et XIIe arrondissements ; il accepta bien volontiers ses fonctions, sollicitant juste un délai, le 17 avril 1832, parce qu’ayant été lui-même atteint du choléra, il était encore convalescent. En 1833, il signa un certificat médical en faveur de Ardilouse, Pierre pour constater les maladies dont il souffrait ; il se présente comme docteur en médecine, chevalier de la Légion d’honneur et chirurgien-major de la IIe légion de la garde nationale. Il est l’auteur d’un Essai sur le coryza (1826). Il demeurait 9, rue Menars en 1830-1833 ; 6, rue Taitbout en 1835. Le National, 2 août 1830 ; Le Temps, 4 août 1830 (sous le nom de Boucher-Dugud) ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, liste des personnes qui ont prodigué leurs soins aux blessés p. 117 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Almanach des 25000 adresses des principaux habitants de Paris pour lannée 1835, contenant les noms et demeures de tout ce que Paris renferme de personnes distinguées par leur rang ou par leurs fonctions… 21e édition, Dulac, Paris, chez Panckoucke éditeurs ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusquau 31 mai 1833 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Blasmer François ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Boucheron Jean-Baptiste ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Brictheaux, Charles ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Dedidier, Jean, Joseph ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Fouquet, François, Noël ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Rémond, Jean-François ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Tourneur, Théodore, Alexandre ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Laligant, Claude, Blaise ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Planty, Christin aîné ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Bois, Alexandre ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Laligant, Claude, Blaise ; Archives nationales F/1dIII/76 in dossier Séné, Adolphe, Louis, Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/94 in dossier Mailly, Pierre, Marie (où il est dit qu’il soigna ce dernier en juillet 1830) ; Archives nationales F/15/2554-2556 pièces relatives aux médecins qui ont demandé à être attachés à la surveillance des orphelins ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives nationales F/15/4240 in dossier Ardilouse, Pierre ; Archives nationales F/15/4240 in dossier Vigoureux, Jean-Marie, Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 385 in dossier Dours, Alexandre (où son nom est cité comme chirurgien-major de la IIe légion ayant délivré un certificat médical) ; Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Gondré, Pierre, Frédéric (pour lequel il signe un certificat).

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