Boucot, Lise, Marie, Mlle

Biographie


Né le 20 germinal an XII à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine). Lingère. La chronique de l’époque relatait ainsi sa participation aux combats de Juillet : « Mlle Lise Boucault, fille d’un ancien officier d’artillerie, n’a pas quitté une heure de la mairie des Petits-Pères, depuis le 27 juillet dernier, sans cesse occupée d’y soigner les blessés et de préparer soit le linge, soit des médicaments. Mlle Boucault est arrivée le 27 aux Petits Pères, accompagnant un blessé, tombé à ses pieds, au moment où elle distribuait, rue de Richelieu, des balles fondues par ses mains. Depuis ce moment elle n’a plus quitté les salles de la mairie, où elle a déployé une activité infatigable. Elle n’a pas hésité à apporter tout son linge, et se consacrer gratuitement au soulagement des malades, quoiqu’elle soit très peu favorisée de la fortune. M. le maire et MM. les officiers supérieurs du IIIe arrondissement se proposent d’appeler la bienveillance du gouvernement sur le dévouement généreux de Mlle Lise Boucault » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Elle reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Elle reçut, à titre de blessée de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, elle reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Sur la recommandation de la Commission des récompenses nationales, une Eliza Boucaut fut nommée directrice des Postes dans la commune de Fougères (Ille-et-Vilaine). On peut lire cet article la concernant dans L’Ami de la religion, journal politique, ecclésiastique et littéraire du 15 janvier 1831 : « Tout le monde sait combien il a régné de confusion dans nos affaires depuis six mois. On ne sera donc pas surpris, qu’au milieu de tout ce chaos, une fausse héroïne nommée Eliza Boucaut, ait trouvé moyen de se glisser à la place d’une vraie amazone nommée Lise Boucot, et de lui escamoter la part de récompense nationale que celle-ci avait gagnée à la sueur de son front, par les 28° de chaleur des glorieuses journées. Il paraît que l’adresse l’a encore emporté sur le mérite dans cette occasion, et que, si Eliza n’est pas aussi brave que Lise, elle est du moins plus habile. Le fait est que c’est elle qui a eu le prix, et qu’elle est devenue directrice de poste, tandis que l’autre s’amusait à raconter ses exploits. Tulit alter honores. Oui, mais le Constitutionnel, qui ne perd jamais de vue ses devoirs d’ami de la justice et de la vérité, était là pour redresser les torts et confondre la fausse héroïne. Il a constaté les faits par une enquête sévère, et il résulte des procès-verbaux, par lui dressés, que c’est Mlle Lise Boucot qui a fait les prodiges de valeur attribués à Mlle Eliza Boucaut, et dont une direction de poste a été le prix. Cependant quelque lueur de gloire jaillit aussi sur le nom de cette dernière. Il paraît qu’elle figure dans les enquêtes pour une certaine quantité de charpie ; de sorte qu’il ne serait pas juste de lui retirer sa récompense, et qu’au moyen du bureau du timbre ou d’un débit de tabac qui serait donné à sa rivale, l’affaire pourrait s’arranger entre elles. » En 1848, Journeaux, Jacques, qui avait été oublié par la Commission des récompenses nationales en 1830 et qui tentait de les faire valoir auprès de celle instituée après la Révolution de Février, expliquait qu’on pouvait prendre auprès de Mlle Boucaut à Boulogne près Paris, décorée de Juillet, des renseignements sur la conduite qu’il avait tenue. Elle demeurait 13, rue Jacob en 1830 ; 3, rue du Petit-Carreau en 1831 ; à Boulogne près de Paris en 1848. Le Constitutionnel, 7, 18 août 1830 ; Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusquau 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 193 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 332 ; Le Réveil du lion ou Paris dans les immortelles journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; précis des événements, heure par heure… suivi dun chant triomphal… par un patriote de 89, Paris, Lerosey, 1830, p. 243 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 70 (sous le nom de Boucault, Marie, Lise) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Boucault, Marie, Lise) ; Archives de la préfecture de police AA 395 in dossier Journeaux, Jacques ; L’Ami de la religion, journal politique, ecclésiastique et littéraire, tome soixante-sixième, 15 janvier 1831 n° 1737 ; Archives nationales F/1dIII/33 état des candidats recommandés par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois dépendant du ministère des Finances (sous le nom de Boucault Mademoiselle).

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