Boucot, Louis, François
Biographie
Né le 21 juillet 1783 à Belleville (Seine), né de Boucot, François et de Lagny, Marie, Hélène, son épouse). Faiseur de noir, employé à la fabrique de noir du sieur Pinel. Après avoir « vaillamment combattu les précédents [jours] avec un courage digne du plus grand éloge », il fut atteint d’un coup de feu reçu à l’épaule gauche, le 29 juillet 1830, près de la pompe d’eau desservant le quartier, pendant l’attaque du Louvre, et aussitôt transporté à l’abri de la foule derrière le parapet du Louvre. Il mourut des suites de cette blessure. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 30 août 1830, le certificat suivant fut établi : « Nous, soussignés Pierre, Marie Belfort (voir Belfort, Pierre, Marie), journalier, résidant à Paris, rue Neuve-Saint-Médard n° 15 ; Louis Farcy (voir Farcy, Louis), compagnon maçon, résidant audit Paris, rue Mouffetard n° 45 ; Martin, Antoine (voir ce nom), terrassier, résidant chez son frère rue Mouffetard n° 44, tous trois citoyens et artisans, certifions et affirmons que le nommé Boucot, Louis, François a été atteint d’une balle meurtrière qui a glorieusement terminé ses jours au milieu de ses camarades animés du même sentiment le 29 du mois de juillet à l’attaque du Louvre et près de la pompe desservant d’eau ce quartier. Protestons avec la plus grande loyauté que nous susnommés, après le coup fatal à cet infortuné survenu, nous l’avons transporté dans un lieu à l’abri de la foule, contre le parapet du Louvre et que nous étant livrés à la conquête de cette redoute (le Louvre), nous avons vengé, en triomphant, la mort de cet ami dévoué, comme celle de tant d’autres braves à nous inconnus. Assurons l’autorité chargée des reconnaissances nationales que le citoyen était père de famille, résidant rue Mouffetard n° 44, d’où nous nous sommes ensemble dirigés partout où besoin était pour accomplir le vœu de tout bon Français, qu’enfin s’il a succombé la dernière journée il avait vaillamment combattu les précédents avec un courage digne du plus grand éloge. » Le 23 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Charpentier, Antoine, Gaspard, né vers 1764, marchand de volailles, demeurant 9, rue Guisarde ; Lecoq, Jacques, François, né vers 1792, corroyeur, demeurant 20, rue des Lyonnais ; Michel, Ambroise, né vers 1790, perruquier, demeurant 44, rue Mouffetard ; Chaucuard, Etienne (ou Chancuard, Etienne), né vers 1783, tonnelier, demeurant 21, rue de la Sorbonne. Ils attestèrent que Boucot « a combattu le 29 juillet 1830 au Louvre et qu’il y a été tué d’un coup de feu à l’épaule gauche ». Il était veuf ; sa femme, Beauvais, Louise, Catherine, Nicole, née vers 1786 à La Ferté-Allais (Seine-et-Oise) (elle-même fille de Beauvais, Charles et de Paulet, Marie-Louise), blanchisseuse, qu’il avait épousée le 23 février 1809 à Gentilly, étant décédée le 6 mai 1824 à Gentilly. Il laissait trois enfants, qui furent tous reconnus comme orphelins de Juillet, pensionnés et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes : Marie, Jeanne, Joséphine, née le 4 janvier 1817 (par erreur le 5 janvier 1817 in Archives nationales F/1dIII/37 et deux fois in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Gentilly, Simon, né le 13 janvier 1819 (par erreur une fois le 14 janvier 1819 in Archives nationales F/1dIII/37 et deux fois in Archives nationales F/1dIII/38 B) aussi à Gentilly, et Marie, Françoise, née le 25 novembre 1821 (par erreur le 26 novembre 1821 in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives nationales F/1dIII/38 B), même ville. La veuve Cullier, qui vivait avec Boucot, en prit soin puis les enfants furent recueillis par, Beauvais, un oncle paternel résidant à Ballancourt (Seine-et-Oise). Les orphelins reçurent un secours de cent francs, le 20 avril 1831, un secours de soixante francs, le 14 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 1er février 1831, se tint, sans doute le premier, un conseil de famille devant le juge de paix du canton de Villejuif. A ce conseil, Michel, Ambroise, perruquier, demeurant 44, rue Mouffetard, faisant valoir que des affaires personnelles allaient pour longtemps le tenir éloigné de son domicile, il désirait qu’un subrogé-tuteur fût nommé en ses lieu et place. Ce conseil de famille était constitué, du côté paternel, de : Lecoq, Jacques, François, corroyeur, demeurant 20, rue des Lyonnais, en qualité d’oncle par alliance ; Mignot, Pierre, Michel, Désiré, père, rentier, demeurant à la Glacière à Gentilly, en qualité d’ami ; Mignot, Auguste fils, fabricant d’eau de Javel, demeurant à la Glacière à Gentilly, en qualité d’ami ; Boucot, Jean-Marie, terrassier, demeurant à la barrière de Fontainebleau commune de Gentilly, rue Vandrezanne, en qualité d’oncle, n’ayant pu venir, empêché par la maladie. Du côté maternel : Beauvais, Alexandre, cultivateur, demeurant à Ballancourt ; Michel, Ambroise, perruquier, demeurant 44, rue Mouffetard, subrogé-tuteur ; Isely, Henry, David, marchand de vin, demeurant à la Glacière 25, grand-rue à Gentilly, en qualité d’ami des deux parents. Le conseil de famille des orphelins fut composé de Beauvais, Alexandre, demeurant à Ballancourt, et de Mignot, Auguste, fils, fabricant d’eau de Javel, subrogé-tuteur, demeurant à la Glacière, commune de Gentilly en 1831. En 1831, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Marie, Françoise que M. Duplay, membre de la commission administrative de l’Administration générale des hôpitaux, hospices civils et secours à domicile de la Ville de Paris, demeurant 2, rue Neuve-Notre-Dame, remplissait les fonctions de tuteur, que l’enfant avait été placée chez Mme Dubois, rentière, demeurant 32, rue Thévenot, le 28 août 1824, alors qu’elle était âgée de trois ans, qu’elle était « dénuée de moyens et presque incapable d’instruction », que Mme Dubois y était fort attachée, la considérant « en quelque sorte comme sa fille adoptive » et qu’il paraissait pour l’enfant avoir quelque intérêt à rester chez Mme Dubois, qui s’était par ailleurs engagée à lui remettre six cents francs quand elle atteindrait sa majorité. En 1832, Simon était au collège Sainte-Barbe, rue de Reims à Paris, établissement dans lequel il était entré « dans le plus complet dénuement » selon l’observation de la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet son bulletin individuel de surveillance spéciale des orphelins rapportait à son sujet : « Cet enfant paraît avoir de la facilité et de l’intelligence. Il écrit passablement. On pense qu’il réussira car il est docile et cherche à s’instruire. » A l’âge de dix-sept ans, il était toujours élève dans cet établissement. Par un testament en date du 1er mai 1832, le baron Chambon, Claude, Gaudérique, Joseph, Hiérome, ancien commissaire ordonnateur des armées sous l’Empire, demeurant 11, rue du Petit-Vaugirard, « applaudissant aux principes qui ont dirigé la révolution de Juillet et voulant lui rendre un hommage durable » fit un legs en faveur de vingt orphelins ou orphelines du (ancien) Xe arrondissement, de quatre du (ancien) XIe arrondissement et de trente du (ancien) XIIe arrondissement, laissant, pour chacun d’entre eux, une somme de six mille francs (sans qu’on connaisse les critères de sélection choisis à l’établissement de la liste). Quand le baron Chambon mourut, le 26 septembre 1833, le testament fut attaqué par ses neveux, sous le prétexte que « le défunt aurait eu en les dépouillant de son héritage, cédé à des sentiments d’inimitié et de colère ». Puis, finalement, ces neveux se désistèrent, ouvrant alors les droits des orphelins. Marie, Jeanne, Joséphine et Marie, Françoise, ainsi que Simon furent trois d’entre eux. Pour chacun des orphelins la somme fut convertie en deux cent cinquante-six francs de rente à 5 %. Marie, Françoise placée chez Mme Duchesne maîtresse de pension 14, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, reçut trois cents francs de frais de trousseau en 1834 ; en 1838, y était toujours demoiselle de compagnie et continuait d’y recevoir son éducation. Dans sa séance du 8 juillet 1841, la Commission municipale des orphelins de Juillet faisait remettre à Simon, désormais majeur, bijoutier, demeurant 9, rue des Arcis, la somme de trois cent quarante francs et cinquante-six centimes laissée sur un compte d’épargne, et une inscription de rente de soixante-quinze francs inscrite sur le grand livre de la dette publique. Dans sa séance du 22 décembre 1843, la Commission municipale des orphelins de Juillet payait Marie, Françoise et à Thomas, Pierre, charcutier, son époux, demeurant tous deux à Gray (Haute-Saône), neuf cent quatre-vingt-un francs et sept centimes, somme déposée sur un livret de caisse d’épargne, et deux certificats de rente perpétuelle le premier de soixante-quinze francs provenant de la Commission de la souscription nationale, le deuxième de cent cinquante francs acheté par la Commission municipale. Boucot demeurait 44, rue Mouffetard ; ses enfants à Ballancourt en 1831. Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 111 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 16 ; Archives de Paris VD3 1-2, Registre des délibérations de la Commission municipale des orphelins de juillet 1830 du (ancien) XIIe arrondissement (5 avril-1840-31 janvier 1849) ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 (orphelins) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 40-41 ; Archives de Paris VD6 560 n° 7 : exécution des legs du baron Chambon en faveur des orphelins de juillet 1830 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831) ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (une liste de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des orphelins de Juillet pour lesquels on demande l’allocation des trois cents francs destinés au trousseau ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) XIIe arrondissement et orphelins du (ancien) XIIe arrondissement, orphelins des départements, orphelines des départements et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, XIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 XIIe arrondissement ; année 1839 XIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/46 ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Veiller ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557, dont lettre en date du 3 mai 1834, du 9 mai 1834 ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien) XIIe arrondissement et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés.