Boudin, Auguste, Pierre
Biographie
Né le 14 mai 1799 à Paris. Epicier. Officier de la garde nationale de Montrouge avant le licenciement de celle-ci, il revêtit son ancien uniforme, entra dans Paris et combattit pendant les trois jours. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, tous domiciliés à Paris, certifions que M. Boudin, Auguste, Pierre, officier dans la garde nationale à Montrouge, lieu de sa résidence depuis un an environ, s’est trouvé à Paris, en uniforme de l’ancienne garde nationale parisienne, avec armes, dans les journées des 28 et 29 juillet. Qu’il est à notre connaissance que ledit Boudin a figuré l’un des premiers aux affaires de la prise du Louvre du côté de l’Institut ; de la prise des Tuileries par le Pont-Royal, qu’il a franchi sous le feu de l’ex-garde royal. Qu’après ces faits, sur la demande de M. Clément, caissier de l’administration hôtel de la Monnaie des médailles, il a fait partie d’un poste établi en cet endroit par les soins prévoyants de cet honorable employé. Ce poste, ainsi placé, a garanti cet établissement précieux et a contribué en même temps à rétablir la tranquillité publique dans cette partie du quartier. Nous ajoutons, pour rendre hommage à la vérité, que non seulement M. Boudin a fait preuve de bravoure mais encore d’un esprit d’ordre et de dévouement envers ses concitoyens. » Signé le 22 octobre 1830 : Morizot, coiffeur, demeurant 38, rue des Boucheries-Saint-Germain ; Odinot, marchand de vins, demeurant 34, rue des Boucheries-Saint-Germain ; Clément, directeur provisoire de l’hôtel des Monnaies ; Toutain, sergent de grenadiers dans le 3e bataillon de la Ire légion de la garde nationale, demeurant 17, rue du Colombier ; Meunier illisible, demeurant 70, rue Marivaux illisible ; Depoix ; Haro, sergent à la 1re compagnie de chasseurs du 4e bataillon de la garde nationale, demeurant 30, rue du Colombier ; Un certificat était signé par : Horquelin, sous-lieutenant ; Dorange, capitaine ; Rébuffet. On trouve dans la déposition que fit Prost, Claude, Marie, Frédéric (voir ce nom) en faveur de Delahaye de précieuses indications sur l’activité de Boudin pendant les trois journées ; cette déposition était ainsi rédigée, le 17 décembre 1830 : « Je, soussigné, capitaine adjoint major de la garde nationale du 2e bataillon extra-muros, demeurant à Montrouge, atteste et certifie, pour rendre hommage à la vérité, que le 28 juillet dernier, le sieur Delahaye (dont je connais le nom depuis deux jours seulement) a rejoint un détachement que je commandais rue de la Boucherie, que, de là, après quelques faits particuliers inutiles à rappeler ici, il était du nombre de ceux qui m’ont accompagné à la Grève ; que là il a constamment secondé mes efforts et a été un de ceux qui ont le plus longtemps tiraillé au coin du quai Pelletier. J’atteste qu’après avoir été pansé je l’ai retrouvé au coin de la rue Planche-Mibray, où il montra ce sang-froid et ce courage qui seuls entraînent la masse et par-là il soutint le courage de ceux qui étaient prêts à céder au nombre. Les Suisses venant du Châtelet étaient déterminés et le prouvaient par le feu violent qu’ils faisaient sur nous. Là, fatigué, je fus emporté dans une maison que j’indiquais. Le 29 au matin, j’entends battre la charge rue Saint-André-des-Arts. Je me traîne à la fenêtre et je reconnais mon jeune homme de la veille : il allait au Louvre. Quelques heures après, j’apprends qu’un tambour a passé le Pont-Royal en battant la charge. Au signalement qui m’en fut donné, je crus reconnaître le sieur Delahaye, duquel je n’ai plus entendu parler que par quelqu’un chez lequel il est venu déposer une capote et un ceinturon de sabre m’appartenant ; on me dit qu’il était parti pour Rouen. Un hasard me l’ayant fait rencontrer et s’étant réclamé de moi, j’ai pris, hier, des renseignements sur le fait du Pont-Royal. M. Boudin, lieutenant de notre commune était là. Je l’ai interrogé et j’ai fait venir Delahaye en présence. Il en est résulté : que ces messieurs sont d’accord sur le fait et les détails et sur l’heure (à peu près). Seulement voici la variante : M. Boudin dit que le tambour avait sur la tête une casquette attachée par un gros nœud sur l’oreille gauche et le tambour Delahaye avait un bandeau attaché sur l’oreille gauche, pour la taille il y a identité. En résumant les renseignements sur cette dernière circonstance, je dois avouer que par sa conduite de la veille je suis fondé à croire que Delahaye a bien eu ce trait de courage mais je dois aussi dire pour obéir à ma conscience que je n’affirme rien et que je ne le présente que comme bien probable. Il ne m’appartient pas de faire valoir le courage de Delahaye dans la journée du 28, messieurs de la Commission en pressentiront facilement le motif. » Boudin fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Il prêta son serment le 23 mai 1831 et reçut sa croix le 23 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il est sur une liste de décorés parmi lesquels le préfet de la Seine devait choisir quarante-huit décorés, pour composer la délégation de décorés qui devaient assister, le 27 juillet 1831, aux cérémonies commémoratives de la révolution, qui eurent lieu à la Bastille puis au Panthéon. Il était père de famille en 1830. Il demeurait 50, Grande-Rue au Petit-Montrouge en 1830-1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux ; Archives de Paris VK3 37, Décorés de Juillet pour la députation, liste de quarante-huit citoyens qui ont été désignés par le sort pour les cérémonies du Panthéon et de la Bastille, idem état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Delahaye ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux (sous le nom de Boudin, Pierre, Auguste).