Boudin, Lazare

Biographie


Né le 19 mars 1796 à Echamp (Yonne). Scieur de pierres. Le 23 novembre 1830, il adressa à la Commission des récompenses nationales la lettre suivante, qui retraçait sa participation aux combats de Juillet : « […] A l’honneur d’exposer qu’il a pris part aux mémorables événements de Juillet, en brave et bon citoyen. Le 27 juillet, il se trouvait sur la place du Palais-Royal, où il combattit. Ayant désarmé un gendarme, il fut assailli par d’autres gendarmes et reçut plusieurs blessures et contusions graves, entre autres une au côté gauche, une à l’épaule gauche, et une autre au poignet gauche, pour lui faire lâcher son fusil. Ayant été conduit au corps de garde de ladite place, dans la nuit du 27 au 28, il fut lié, garrotté et conduit à la préfecture de police, d’où il sortit le 29, alors que la victoire était restée à la cause du peuple. M. Lamour, garde national, a été témoin oculaire de ce qui est arrivé à l’exposant. Le 30, il se rendit à l’Hôtel-Dieu, pour y prendre une consultation. Le chirurgien jugea qu’il était nécessaire qu’il entrât à l’hospice, pour y être traité. Mais, présumant que sa guérison ne pouvait beaucoup tarder, il aima mieux se faire soigner à ses frais à son auberge, et il se contenta de recevoir la consultation par écrit dudit médecin. Le chef de cuisine de son auberge, allée d’Antin n° 15, peut attester tous les faits susmentionnés. Il est résulté des faits exposés que le sieur Boudin a été forcé de s’abstenir de tout travail pendant deux mois et demi, étant obligé de tenir son bras gauche en écharpe pendant ce temps. Il espère que la Commission aura égard à sa fâcheuse position actuelle, se trouvant dans un grand dénuement puisqu’il a fallu, n’ayant point d’économies, qu’il empruntât pour se faire traiter et pour vivre. » Sa lettre était apostillée par Lamour, Antoine, Julien, marchand de vins, demeurant 15, allée d’Antin, comme témoin des faits ; Lemoine, François (voir ce nom ?), cuisinier, demeurant 3, rue des Saussaies, pour lui avoir donné des soins. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le seul nom de Boudin sur les listes de la Commission des récompenses nationales, sur celles du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il reçut sa médaille le 5 juillet 1831, et son brevet le 2 octobre 1838. Ne sachant pas signer, il fit une simple croix sur le registre des récépissés tenu par la mairie. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il ne savait pas signer. Il demeurait 15, allée d’Antin (ou 15, rue dAntin in Archives nationales F/1dIII/39) en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement. In Archives de la préfecture de police AA 423 Attentat Fieschi, il y a un Boudin, Lazare (ou Bondin, Lazare), né à Caen (Calvados), scieur de pierres, demeurant 9, rue du Cœur-Volant, qui, le 28 juillet 1833, fut arrêté chez la veuve Chaveau, demeurant 85, passage du Caire en compagnie de : Noirepoudre, Paul, François, courtier de commerce, demeurant 85, rue de Cléry ; Chaveau Gabriel, né vers 1813 à Paray-de-Manège (Saône-et-Loire), papetier, demeurant 85, passage du Caire ; Chevet Charles ou Chevé, Charles, né vers 1813, étudiant en droit, demeurant 1, rue des Bourguignons (duquel fut saisi un testament dont il ne nous reste aucune trace mais commençant par ces mots Ayant fait davance le sacrifice de ma vie à la cause sainte de la liberté et finissant ainsi Puisse mon patriotisme ardent effacer toutes mes fautes) ; Chuquet, Jean-Jacques, né à Mathieu (Calvados), marchand de vin ou commis voyageur, demeurant 9, rue Lafayette ; Collet, Noël, Alexis, dit Duclos, né vers 1798 à Versailles (Yvelines), marbrier, demeurant 14, rue Saint-André-Popincourt ; Levasseur, Eugène, né vers 1811 à Paris, coloriste ou vernisseur, demeurant à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Allard, François, né vers 1800 à Anceny (Loire-Atlantique), serrurier, demeurant 17, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Larrestation fut lobjet du procès-verbal suivant : « […] Le commissaire du quartier des Arcis sest transporté hier à 11 heures du matin au domicile de [Chaveau], quil a arrêté, ainsi que les sept autres qui sont survenus successivement. Dans la chambre de la dame veuve Chaveau, mère de larrêté, on a saisi sur une table une liste de neuf individus faisant partie dune section, dont un nommé Piron est indiqué comme président, un nommé Vengrenaire, demeurant rue de la Roquette n° 11, sous-président, et les autres sectionnaires, membres. On a saisi sur les huit individus, savoir : le nommé Chevé un testament contenant un projet de rébellion contre le gouvernement ; Chaveau deux lettres cachetées et adressées lun au sieur Fournier, rue Saint-Honoré n° 89, lautre au sieur Quiot, sans indication dadresse ; cinq pièces écrites dont quatre en caractères hiéroglyphes et la cinquième ayant trait aux statuts dune société républicaine ; Chuquet deux passeports et un foret à lusage de marchand de vins ; Collet, deux adresses lune le sieur Pourtois, rue de la Verrerie n° 48, et Fauge, rue Neuve-du-Luxembourg n° 17 ; Levasseur, un portefeuille contenant des adresses de membres de la Société des Droits de lHomme et deux écrits ayant trait et se rapportant à une société républicaine ; Noirepoudre était porteur de ladresse au crayon de Chaveau ; le nommé Allard était sous la charge dun mandat damener. » Il fut inculpé de provocations à crimes ou délits. Il fut acquitté, en décembre 1833, par la cour dassises.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.