Boudon, Bernardin, Victor

Biographie


Né vers 1804 à Houdan (Seine-et-Oise). Praticien. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), adressant la lettre suivante : « Le nommé Boudon, Bernardin, Victor […] a l’honneur de vous exposer qu’après avoir vainement cherché à se procurer des armes le 28 juillet 1830, il sortit de son domicile le 29 à 3 heures du matin et se rendit d’abord à la caserne de gendarmerie faubourg Saint-Martin. Là, ayant en vain essayé avec plusieurs autres de prévenir la dévastation de cette caserne et voyant qu’on se disposait à brûler les meubles et effets des habitants, il s’éloigna et se rendit rue Feydeau, n° 26, chez le sieur Belhomme, marchand linger à la créole (??), lequel lui remit un sabre-briquet. Muni de cette arme, il se dirigea vers la rue Saint-Honoré et vint se ranger parmi les défenseurs de la liberté, alors embusqués au coin de la galerie de Nemours ; que sur l’observation que l’un d’eux lui fit qu’il devait se trouver des fusils sans maître dans la rue de Valois-Batave, où l’on tirait depuis longtemps sans que personne y ait pénétré, il traversa la rue Saint-Honoré malgré le feu assez vif qui rendait cette partie de la voie publique dangereuse et, étant entré dans cette rue de Valois, il trouva plusieurs fusils, dont les propriétaires étendus sur le sol étaient morts pour la liberté, se saisit d’un et vint se ranger avec d’autres combattants au coin de cette rue et de celle des Quinze-Vingts, d’où avec eux il dirigea son feu sur le balcon de la maison de Jeanne-d’Arc, occupée par la garde royale. Là, il reçut une balle dans le revers gauche de son habit. Après la reddition de cette maison, il revint avec eux rue Saint-Honoré, par la rue de Rohan. Etant arrivé au coin de la rue Saint-Nicaise, il parvint à empêcher le massacre d’un jeune garde royal de vingt-deux ans, qu’il conduisit dans le vestibule du Palais-Royal, où il le laissa aux soins du docteur de service ; ce jeune homme avait reçu un coup de sabre sur la tête. Il s’aperçut alors que le côté gauche de son habit était coupé d’un coup de sabre, néanmoins il n’avait pénétré jusqu’à sa personne. Il n’était pas blessé, ses souliers étaient coupés, sans pouvoir s’expliquer comment. Il était près de 4 heures du soir, le feu cessa bientôt après, il se rendit avec ses compagnons d’armes à l’Hôtel de ville. Et qu’enfin il s’est porté à Vincennes, lors de la capitulation de cette place, puis à Rambouillet lorsque le gouvernement provisoire appela les citoyens aux armes pour forcer la détermination du roi parjure et assassin du peuple français. Tels sont les faits que le soussigné soumet à vos lumières, trop heureux s’ils peuvent lui faire conférer le titre de défenseur de la liberté et le droit de porter les décorations qui doivent les distinguer et les signaler à leurs concitoyens, défense et droits qu’il n’abandonnera qu’avec la vie. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Boudon, Bernardin, Victor, demeurant à Paris, faubourg-Saint-Martin n° 6, a combattu dans les journées de Juillet et nous a accompagnés, tant à Vincennes qu’à Rambouillet, qu’alors il était complétement armé. » Signé, le 4 juillet 1831 : Serre, artiste dramatique, demeurant 4, bd Saint-Martin. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie qu’il est à ma connaissance que M. Victor, Bernardin Boudon a pris une part active aux événements des trois journées de juillet 1830 et que notamment il se trouvait en armes le jeudi 29 parmi les citoyens qui soutenaient le combat contre les gardes royaux retranchés dans les maisons de la rue Saint-Honoré, entre la place du Palais-Royal et la rue de l’Echelle. » Signé, le 25 juin 1831 : Thévelin (voir Thevelin, Pierre, François), décoré de Juillet, demeurant 14, rue de l’Echiquier. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu M. Boudon, armé, dans les trois journées de Juillet. Je certifie en outre l’avoir vu à Rambouillet et à Vincennes, aux deux voyages que l’on y fit. » Signé en juillet 1831 : Chavantré fils, maître tailleur, demeurant bd Saint-Denis, 1, cité d’Orléans. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie à tous ceux à qui il appartiendra et pour rendre hommage à la vérité que M. Boudon, demeurant à Paris, bd Saint-Martin n° 4, nous a accompagnés à Rambouillet et en outre qu’il était complétement armé. » Signé, le 4 juillet 1831 : Darche, J. A., cordonnier, demeurant 38, rue de Bondy. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare à tous ceux à qui il appartiendra que le 29 juillet dernier sur le désir que M. Boudon m’a témoigné de se joindre aux défenseurs de la liberté, je l’ai armé d’un sabre-briquet de l’ancienne garde impériale et que vers le soir du même jour il s’est présenté chez moi armé d’un fusil autre que le sabre ci-dessus. » Signé, le 5 juillet 1831 : Belhomme, demeurant 26, rue Feydeau. Il demeurait 4, bd Saint-Martin en juillet 1830 ; 6, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1831. Archives de la préfecture de police AA 374.

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