Bouillé, Etienne
Biographie
Né vers 1803 ou 1805 à Molem (Yonne). Commis marchand de vins. Il reçut (sous le seul nom de Bouillé) un secours de dix francs, le 13 septembre 1830 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le 12 septembre 1830, il adressa la lettre suivante au roi : « Bouillé, Etienne, commis marchand de vins, demeurant à Paris, rue Saint-Joseph n° 7, a l’honneur de vous exposer qu’il a combattu dans la journée du 28 juillet pendant treize heures sur la place de Grève, où il a été renversé par la commotion d’un boulet, qu’il était également à l’attaque du Louvre, où une balle a traversé son chapeau, qu’il est allé également à Rambouillet, que pendant six jours entiers il est resté sous les armes et qu’il n’est rentré chez lui que quand il a été revenu de Rambouillet, étant par-là assuré que les ennemis de la France avaient pris la fuite. Les services qu’il a rendus ne lui paraissent pas devoir être récompensés plus tôt que ceux de ses compagnons de gloire ; il désirerait cependant obtenir une place d’inspecteur des jardins publics ou tout autre poste qui pût lui assurer une existence honnête. […] Ledit Bouillé observe qu’ils étaient sept frères combattant pour la défense de la patrie et que lorsqu’il s’est présenté pour vaquer à ses affaires, la place était occupée. » Sa lettre était apostillée des signatures de : Aubin ou Aubier, sergent à la 3e compagnie du 2e bataillon de chasseurs de la IIIe légion de la garde nationale ; Rateau, ancien officier de la garde nationale ; Fazerot, grenadier du 4e bataillon de la IIe légion de la garde nationale, qui certifiait de plus « avoir vu le sieur Bouillé au Louvre, aux Tuileries et aux différentes attaques de la Grève ; de plus à Rambouillet, où il a fait prisonniers six chasseurs lanciers, qu’il a remis entre les mains du maire, qui a immédiatement donné l’ordre qu’on lui délivrât un cheval pour faire sa route » ; Arnould, grenadier à la 1re compagnie du 2e bataillon de la IIIe légion de la garde nationale, demeurant 1, rue du Petit-Carreau, qui ajoutait l’avoir « vu combattre à ses côtés » ; Dutillon ou Datillon, chef de poste les 28 et 29 juillet à l’Hôtel de ville ; Fujerot, J., grenadier à la IIe légion de la garde nationale, demeurant 6, rue Neuve-Saint-Augustin ; Audry de la Chapelle (illisible), qui ajoutait connaître Bouillé « et son dévouement à la chose publique. J’ai été le témoin de plusieurs des faits relatés dans sa pétition et il mérite à tous les égards la place qu’il sollicite ». Quelque temps plus tard, il avait trouvé, écrivait-il, une place dans le commerce et ne désirait plus que la décoration ; il était alors qu’il était canonnier à la 2e batterie de la garde nationale. Il obtint la médaille de Juillet mais la refusa. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIIe arrondissement), sollicitant la croix et une place de sommelier à la maison du roi. Il signa, le 20 novembre 1830 et comme « canonnier de la 2e batterie de l’artillerie », le certificat suivant en faveur de Langlard, Généreux : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Généreux Langlard a pris une part active dans les glorieuses journées de Juillet et qu’il a mérité par sa conduite patriotique l’admiration des bons citoyens qui ont été témoins de son courage. » Il demeurait 7, rue Saint-Joseph en 1830 ; 3, rue de Gramont ou 19, rue de la Jussienne en 1831. Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement (sous le seul nom de Bouillé) ; Archives de la préfecture de police AA 374 ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Langlard, Généreux.