Boulay de la Meurthe, George, Henri
Biographie
Né le 15 juillet 1797 à Nancy (Meurthe). Avocat et député. Il fut l’un des membres (avec Hubert, Jean-Louis, Merilhou, Joseph et Gisquet, Henri, Joseph) de la délégation d’électeurs et d’habitants de Paris envoyés le mardi 27 juillet vers 14 heures au domicile de Perier, où se tenait une réunion de quelques députés, afin d’organiser avec eux ou sous leur direction une réponse aux ordonnances. Après que plusieurs députés se furent opposés à les recevoir, ils réussirent cependant à se faire entendre. Finalement reçue, après de longues délibérations, la députation fit valoir la violation de la Charte et de la légalité, que plusieurs fabricants avaient renvoyé leurs ouvriers, que le salut du pays dépendait aussi des députés, qu’ils étaient redevables de la confiance qu’on leur avait témoignée dans les élections et qu’enfin s’imposait la nécessité d’une direction à tous les mouvements de protestation. Sarrans juge que le discours tenu par la délégation, et dans lequel « respirait une fermeté froide et réfléchie, de nature à faire une grande impression, ne trouva aucune sympathie dans la presque totalité des députés présents. Pas une exclamation, pas un geste, pas un murmure qui décelât l’émotion du patriotisme ». Le député Bérard, quant à lui, apprécie ainsi les résultats que la députation obtint : « Là se montra dans tout son jour la pusillanimité de la plupart de nos collègues, qui craignirent de se trouver compromis par cette espèce de fraternisation. […] Leur visite n’eut du reste aucun résultat, si ce n’est probablement de leur donner une assez pauvre idée d’une partie des représentants du pays. On leur tint quelques discours vagues, insignifiants, et ils se retirèrent fort mécontents. » Dans Lafayette et la révolution de 1830, Sarrans donne les indications suivantes sur l’activité de Boulay de la Meurthe : « Dès le mardi matin, 27, des comités avaient été formés, à cet effet, dans les (anciens) XIe et XIIe arrondissements, par les soins empressés de M. Boulay de la Meurthe. Cet honorable citoyen qui, depuis plusieurs années, s’occupait assidument de l’épuration des listes électorales, put facilement dresser une liste de cinquante des électeurs les plus énergiques et les plus influents. Ces électeurs convoqués pour midi, se réunirent sous la présidence de M. Chardel, et procédèrent à la formation des deux premiers comités. On nomma ensuite cinq commissaires faisant partie du comité central, et chargés en outre de convoquer les comités particuliers, aussitôt qu’ils le jugeraient convenable. On verra dans les pages suivantes ce que firent ces électeurs réunis, dans la nuit du mardi au mercredi, chez M. Cadet-Gassicourt. [Puis le mardi 27 à 19 heures, dans la réunion où étaient aussi présents les journalistes Thiers, Rémusat et Cauchois-Lemaire, Béranger, Jules de Lasteyrie] Aussitôt que la séance fut ouverte, M. Boulay de la Meurthe rendit compte à l’assemblée du résultat de la mission que la députation des électeurs de Paris avait remplie auprès des députés réunis chez M. Casimir Périer. Il fit part aussi de l’organisation des comités des (anciens) XIe et XIIe arrondissements, et demanda instamment qu’il en fût formé de pareils dans tous les arrondissements où il n’en existait pas encore. Cette proposition, énergiquement appuyée par M. Cauchois-Lemaire, donna lieu sur-le-champ à toutes les mesures nécessaires à son exécution ; un commissaire, chargé de veiller, sous sa responsabilité personnelle, à l’accomplissement de toutes ces mesures et de correspondre, à cet effet, avec le comité central, fut désigné dans chaque arrondissement. Toute la soirée et une partie de la nuit furent consacrées à cet important travail, et quoique nous fussions, pour ainsi dire, sur un champ de bataille, la terreur ne s’était emparée d’aucun de nous ; l’indignation était, au contraire, dans toutes les âmes ; chacun sentait qu’il ne pouvait plus être question de s’en tenir aux moyens égaux ; que la tyrannie ayant tiré le glaive et le peuple commencé la résistance, il était temps de courir aux armes. Aussi proposa-t-on unanimement d’aviser, pour le lendemain, aux moyens d’armer la garde nationale. Les comités furent chargés de l’exécution de cette mesure, et tous leurs membres prirent l’engagement de se présenter eux-mêmes en uniforme, munis de leurs armes, et appelant leurs concitoyens à suivre leur exemple. Cette résolution prise, l’assemblée se sépara pour aller se préparer aux grands événemens du lendemain. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. On trouve dans le National du 11 août 1830, l’article suivant le concernant : « La XIe légion est depuis hier au grand complet et entièrement organisée ; les vingt compagnies qui la composent ont toutes nommé leurs officiers, sous-officiers et caporaux, d’après les dispositions de la loi du 29 septembre 1791. Ces élections se sont faites partout avec le plus grand ordre et à la satisfaction de tous ceux qui y ont pris part. Cette organisation est due principalement aux soins de M. Boulaiy (de la Meurthe (voir ce nom) aîné, et Ambroise Tardieu, qui, après s’être battus comme simples soldats dans les journées des 28 et 29 juillet, ont été nommés, le premier, lieutenant-colonel, et le second, major de la XIe légion. » En 1830, il était lieutenant-colonel de la XIe légion de la garde nationale. Il signa, en qualité de lieutenant-colonel de la XIe légion, le certificat suivant en faveur de Berthe, Noël : « Je connais M. Berthe depuis plusieurs années, comme un des meilleurs et des plus estimables citoyens du (ancien) XIe arrondissement. Sous l’ancien gouvernement, il faisait partie du comité électoral, dont les efforts luttèrent contre ceux d’une administration qui fut trop souvent corruptrice et violente. Il prit part à tous ses honorables travaux, même aux dépens de ses intérêts. Lors de la révolution de Juillet, je l’appelai et il assista au comité qui s’assembla sous la présidence de M. Chardet, chez M. Huzard Courcier, comité où s’organisa la résistance aux ordonnances dans les (anciens) XIe et XIIe arrondissements. Depuis cette révolution, je l’ai toujours vu donner l’exemple du zèle, de l’exactitude et de l’amour de l’ordre dans la garde nationale et je suis convaincu que de la même manière qu’il a su défendre l’ordre, il saurait au besoin défendre la liberté, l’indépendance du pays. » Il signa, le 5 août 1830 et comme « colonel d’état-major », le certificat suivant en faveur de Pierre, Jean, Arsène et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie que M. Pierre, Arsène s’est fait inscrire sur les rôles de la garde mobile du (ancien) XIe arrondissement. » Il apostilla, comme lieutenant-colonel de la XIe légion, la demande présentée, en juillet 1831, par Jonasse, pour obtenir une distinction honorifique en raison de la participation qu’il avait prise à la protection du poste de la place Saint-Michel à partir du moment où ce dernier fut attaqué. Il apostilla, comme « décoré, lieutenant-colonel de la XIe légion » la lettre adressée, le 11 mai 1831, par Saint-Martin, Charles, Louis, Joseph, à la Commission des Réclamants, pour faire valoir ses droits à la Croix de Juillet : « J’appuie de tout mon cœur la réclamation de M. Saint-Martin. » Il prêta, le 16 mai 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il fit partie des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, choisis pour composer la délégation de décorés présente à la cérémonie d’inauguration de la colonne de la Bastille. Il est l’auteur d’une Histoire du choléra-morbus dans le quartier du Luxembourg, ou Précis des travaux de la Commission sanitaire et du bureau de secours de ce quartier, suivi des documents statistiques sur les travaux que le choléra y a exercés, M. H. Boulay de la Meurthe, Paris, chez Paul Renouard, août 1832. Il demeurait 58, rue de Vaugirard en 1831. Le National du 11 août 1830 ; Lafayette et la révolution de 1830, Histoire des choses et des hommes de Juillet, Sarrans, Thoisnier-Desplaces, Paris, 1833, tome premier, p. 243, 248-250 ; Notes et Jugements de la Chambre de 1830, publiés par la société Aide-toi le ciel d’aidera, Paris, Garnier-Pagès, juin 1831, p. IV ; Souvenirs historiques sur la révolution de 1830, Bérard, Paris, Perrotin, 1834, p. 73 : Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, idem liste des décorés de la Croix de Juillet dans le (ancien) XIe arrondissement qui ont prêté le serment prescrit par l’ordonnance, députation de la Bastille, idem cahier vert des prestations de serment ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Jonasse ; Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Berthe, Noël ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Laporte, Jacques, Paul pour lequel il apostille une lettre adressée par ce dernier à la Commission des Réclamants ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Saint-Martin, Charles, Louis, Joseph. Est-ce le même in Archives de Paris VK3 33 dossier Nedeck, Jean, dans le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 3 janvier 1831, en sa faveur : « Dès le lundi, a fait la proposition dans les réunions à la halle (avec) Huzard Courcier (voir celui qui signe le certificat d’Introzzi ?), Chardel (voir Chardel, Pierre, Célestin ?), Boulay, etc., de congédier les ouvriers pour opposer des masses au gouvernement […]. »