Boulay-Paty, Evariste, Félix, Cyprien

Biographie


Né le 19 octobre 1804 à Donges (Loire-Atlantique), « fils d’un patriote de notre première révolution », écrivait-il. Nous empruntons à la Revue de Bretagne et de Vendée, les indications biographiques suivantes, concernant ses parents et sa jeunesse : « Son père, jurisconsulte et magistrat renommé, auteur de savants ouvrages relatifs aux lois commerciales, avait été, sous la Terreur, à vingt-neuf ans, l’un des administrateurs du département de la Loire-Inférieure, et avait énergiquement combattu les mesures sanguinaires de Carrier. Un jour que le proconsul avait ordonné un massacre général des prisonniers, sous prétexte de conspiration, Boulay-Paty osa lui tenir tête et le força à retirer son ordre barbare. C’est l’acte auquel fait allusion le sonnet de son fils, intitulé la Préfecture à Nantes :

“Je ne passe jamais devant ce monument

”Sans songer à mon père, esprit haut qu’on renomme,

”Citoyen comme en eut autrefois Sparte, Rome.

”Je crois le voir ici s’avancer hardiment.

”Il arrache sa proie à Carrier écumant ;

”Puis, arrêté par lui, face à face il le nomme

Un monstre ! Alors le tigre a peur sous l’œil d’un homme,

”Et devant son captif recule lâchement.

”O mon père, héritier des dévouements antiques,

”J’entends encor ta voix tonner sous ces portiques,

”Et l’éclair de l’orgueil dans mon regard a lui.

”Je marche riche et fier ! je pense à l’héritage

”De l’honneur, bien qui reste entier dans son partage,

”Et qui fait que le pauvre a son or aussi lui.

M. Boulay-Paty s’était toujours fait remarquer par la générosité de ses sentiments. A Paimbœuf, dont il avait été sénéchal, puis commissaire national, il eut l’honneur de cacher quelques jours dans sa maison l’infortuné Bailly. Evariste Boulay-Paty fit ses classes au collège de Rennes. Il les finit à seize ans. “II fallut songer à une profession, dit-il dans la préface dElle Mariaker, — héros qui n’est autre que lui-même — son père le décida à étudier le droit. Bientôt il fut pris d’un amer dégoût… Depuis qu’il allait travailler la procédure chez un avoué, il sentait cette étude, comme une paralysie qui gagne, resserrer son esprit, glacer son cœur et enchaîner sa pensée. Son âme se fanait sous la poussière véreuse des papiers de chicane. Il livrait de longues luttes à son imagination, et quand il l’avait fatiguée, terrassée, il s’en voulait de sa triste victoire. Chaque matin, en entrant dans cette chambre de procureur, il éprouvait ce qu’on éprouverait l’hiver à s’asseoir dans un bain glacé. ”

Néanmoins, triomphant de sa répugnance pour le droit, il se fit recevoir avocat au bout de trois ans et il plaida plusieurs fois. Mais le culte de la poésie l’absorbait entièrement. Il recherchait de préférence les jeunes gens — et ils n’étaient pas rares à Rennes en ce temps-là,— qui sacrifiaient à la muse. L’un d’eux, Emile Souvestre, rendant compte, en 1830, d’un des premiers volumes de vers de Boulay-Paty, les Odes nationales, repassait ses souvenirs, et s’écriait : “Comme ils sont loin déjà les jours où je connus l’auteur de ces poésies ! Nous faisions alors notre droit. Nos goûts ne semblaient pas devoir nous rapprocher. Lui, beau jeune homme, élégant, jeté dans les tourbillons du monde ; moi, pauvre, étudiant, ignoré, rêvant des élégies dans une mansarde ; mais il y avait dans la pâture de nos âmes d’autres points de contacts. Tous deux nous nous plaisions à nous promener seuls vers le soleil couchant, sur les feuilles mortes du mail.... Je me rappelle encore ces longues promenades que nous faisions vers minuit dans les rues désertes de la vieille ville. Il me répétait d’une voix exaltée quelque ode nouvelle sur les événements politiques. Je lui murmurais timidement une élégie confidente de mes chagrins de la veille, puis il me parlait de ses projets d’avenir, de ses espérances de gloire.”

Pour que ces projets et ces espérances poétiques se réalisassent, le jeune avocat jeta sa robe aux orties, et, à peine âgé de vingt-deux ans, abandonna Rennes pour Paris, où il lançait, en 1825, ses premières inspirations. C’était le temps où toutes les lyres résonnaient en faveur de la Grèce opprimée. Il suivit l’exemple de ses frères en Apollon et publia sous ce litre : les Grecs, des dithyrambes qu’il offrait en tribut aux mânes de lord Byron.

L’année suivante (1826), il se présentait pour la première fois dans l’arène des concours poétiques, où il devait reparaître si souvent, et avec une constance qui ne se démentit pas jusqu’aux dernières années de sa vie. Il avait donc, pour débuter, soumis au jugement d’une académie bretonne, à la Société académique de la Loire-Inférieure, une ode, le Combat des Trente, à laquelle ses compatriotes n’accordèrent qu’une mention honorable. Trois ans après (1829), ils accueillaient plus favorablement une autre ode, la Chute des Empires, qui remporta la médaille d’or.

Le jeune poète, recommandé au duc d’Orléans par MM. Casimir Delavigne et Dupin aîné, venait d’être attaché au secrétariat de ce prince, lorsque la Révolution de Juillet éclata. » Boulay-Paty relatait ainsi, dans une lettre à la Commission des récompenses nationales, sa participation aux journées de Juillet : « Dès le lundi matin 26 juillet, lorsqu’aucun mouvement n’avait encore eu lieu et qu’on risquait tout à exciter à la révolte, dans le jardin du Palais-Royal, je m’élançai, un journal à la main, au milieu d’un groupe et j’y jetai des cris de vengeance.

»Le soir, je faisais avec quelques autres jeunes gens le serment de sauver la liberté au prix de notre sang.

»Le mardi matin, je disais hautement des appels à la rébellion dans le jardin du Palais-Royal. Vers 1 heure, je montai à mon bureau au Palais-Royal (j’étais attaché à l’administration du duc d’Orléans) ; il y avait quelques moments que j’y causais sur les affaires, lorsque j’entendis du bruit sur la place ; je courus à la fenêtre et je vis le peuple qui résistait à coups de pierres à la gendarmerie à cheval ; j’applaudis avec transport en battant des mains et en criant des bravos répétés, qui pouvaient me faire arrêter. Je fus même réprimandé par mes chefs, et peut-être eussé-je perdu ma place si la cause du pays n’eût triomphé. Je descendis alors pour me mêler au peuple.

»De là, je me rendis aux Tuileries. Les envoyés des jeunes gens devaient s’y réunir pour aller chez M. Casimir Perier, où les députés étaient rassemblés. Nous parlâmes à M. Perier et nous lui demandâmes d’une manière énergique que la Chambre se déclarât gouvernement provisoire et nous donner des pouvoirs pour nous mettre à la tête du peuple. En sortant, nous résolûmes d’en appeler aux Parisiens et de nous présenter le lendemain au feu.

»Comme je rentrais, je vis le peuple chargé dans la rue des Boucheries-Saint-Honoré, par une vingtaine de lanciers au galop. Je criai Aux armes, je m’armai de pierres à la porte de l’hôtel de Normandie et j’en atteignis plusieurs, quand ils pouvaient revenir sur moi et me tuer.

»A 6 heures et demie, j’engageai avec instance un serrurier qui se trouvait devant la boutique de l’armurier Lepage à l’enfoncer, aidé de ses camarades. Il me dit qu’il allait les chercher et revenir avec eux. Comme il tardait, je courus à l’imprimerie de M. Jouaust pour lui demander un fusil et exciter ses ouvriers et quand je revins Lepage avait été forcé et ses armes, prises.

»A 8 heures, j’étais sur le boulevard de Tortoni au milieu d’une foule de jeunes gens, d’où l’on tirait des coups de pistolet sur les gendarmes. Nous arrêtâmes un officier de la garde royale.

»Le mercredi, je sortis de bonne heure. J’affichai des placards que j’avais faits dans la nuit. Je me joignis sur la place de la Bourse à deux ou trois cents personnes pour marcher sur l’Hôtel de ville. Nous nous rendîmes jusque dans la rue des Prouvaires, où nous fûmes reçus à coups de fusil par les soldats de la rue du Roule. Quelque temps après, je retournai dans la rue Montmartre. Là, j’aidai, sous le feu, à dépaver et à élever des barricades. Je m’avançai jusque sur la place des Victoires et je parlai de patrie aux soldats de la ligne. Epuisé de besoin, je revins chez moi, manger.

»Ayant eu des armes, j’allai vers 6 heures pour me rendre sur les quais. Je m’arrêtai au pont des Arts et au Pont-Neuf et j’y fis feu sur les gardes royaux placés de l’autre côté, jusqu’à ce que je n’eus plus de munitions. En rentrant, à l’approche de la nuit, je reçus plusieurs décharges des Suisses postés au bas de ma rue et de celle Traversière et je faillis être tué.

»Le jeudi matin, je ne pus sortir. Les Suisses et la garde royale occupaient les deux extrémités de ma rue et tiraient sur quiconque paraissait. Vers midi, ils furent obligés de se replier. Le peuple avança et les assiégea dans les maisons de la rue Saint-Honoré, des rues Saint-Nicaise et Rohan. Je pus sortir alors et j’amenai les blessés de dessous le feu. Le soir, j’allai à l’Hôtel de ville. J’y retournai le lendemain et j’y demandais même au général Lafayette des armes pour un de mes amis qui m’y avait accompagné. » Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Lavenue, François, tenant l’hôtel de Normandie, rue des Boucheries-Saint-Honoré, attesta que « le mardi 27 juillet au soir M. Boulay-Paty, placé en avant de ma porte, assaillit à coups de pierres les lanciers qui faisaient une charge sur le peuple, qu’il appela aux armes, et que le jeudi matin 29, il s’est empressé de secourir les blessés que l’on portait chez moi ». Radiguel (voir Radiguel, Adolphe, Hippolyte, Jean, Marie ?), membre de la Société asiatique de Paris, encore retenu à l’hospice par suite des journées de Juillet, attesta que le 28 juillet de 18 à 19 heures, il avait vu Boulay-Paty « tirer sur les gardes royaux qui défendaient le pont des Arts, et exposé à leur feu ». Grand, Pierre, avocat à la cour royale, demeurant 36, rue Chantereine, lui délivra, le 20 janvier 1831, le certificat suivant : « Je déclare que le lundi 26 juillet au soir, M. Boulay-Paty s’est réuni à un grand nombre de patriotes, dont je faisais partie, et a juré avec nous de s’ensevelir sous les ruines de la patrie ou de reconquérir la liberté ; que le mardi matin il est venu au Palais-Royal exciter le peuple à prendre les armes au nom de la loi indignement outragée, qu’il est allé avec nous en députation chez les représentants de la nation pour les encourager à résister à l’oppression ; que ce jour il a préparé avec nous l’attaque matérielle que nous projetâmes pour le lendemain ; que le mercredi il a coopéré à l’élévation des barricades de la rue Montmartre ; qu’enfin il s’est battu pour la liberté, contre le despotisme et qu’il a bien mérité de la chose publique. » Chevrillon, Moureau, Mottet Auguste, Caselli Louis, secrétaire général de préfecture avant 1814, lui délivrèrent le certificat suivant : « Nous, attachés à la direction des domaines du roi, attestons ici que M. Boulay-Paty, avocat, employé comme nous lors de la dernière révolution dans la maison du duc d’Orléans, y a constamment exprimé les sentiments du plus noble patriotisme ; attestons en outre que le mardi 27 juillet vers 2 heures, lorsque le peuple commença à résister à coups de pierres aux charges de la gendarmerie, M. Boulay-Paty applaudit avec transport d’une fenêtre des dépendances du palais aux efforts du peuple et l’excita à la défense, de la voix et du geste. » Franque (voir Franque, Alfred ?), avocat, lui délivra le certificat suivant : « Je, soussigné, avocat à la cour royale de Paris et ex-secrétaire général du colonel Zimmer pendant la grande semaine, certifie que M. Boulay-Paty a déployé les 26, 27 et 28 juillet dernier le plus grand courage et le plus absolu dévouement à la chose publique. Le lundi, M. Boulay-Paty fut du petit nombre de ceux qui dans le jardin du Palais-Royal firent éclater les transports de leur indignation à la lecture des ordonnances et employèrent tous les moyens pour exciter le peuple à la révolte. Le mardi, M. Boulay-Paty était avec moi et quelques autres jeunes gens chez M. Casimir Perier, auquel nous exposâmes l’horrible situation de Paris, en insistant avec force sur la nécessité de placer immédiatement à la tête du peuple des chefs intrépides et en déclarant que nous étions décidés à verser notre sang pour la cause de la liberté. Le mercredi, M. Boulay-Paty a fait ce qu’ont fait les plus courageux citoyens. Je l’ai vu plusieurs fois au milieu des plus imminents dangers. Etonné que ce jeune et ferme patriote n’eût adressé aucune demande à la Commission des récompenses nationales et connaissant mieux que personne ses nombreux titres à la reconnaissance publique, je lui ai délivré le présent certificat pour servir ce que de droit. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le nom de Boulay-Paly, Evariste, sur les listes du Moniteur universel et sur celles du Bulletin des lois). Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 10 août 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était adjoint à la bibliothèque particulière du roi. Nous continuons d’emprunter à l’article d’Emile Grimaud dans la Revue de Bretagne et de Vendée les indications biographiques suivantes : « Comme elle [la révolution de Juillet, N.DA.] avait eu toutes ses sympathies, il en célébra les héros dans un volume d’Odes nationales, consacré à chanter les événements politiques importants qui se sont accomplis entre la révolution de 1789 et celle de 1830. Ainsi, le poète fait passer tour à tour sous nos yeux les Victoires de la République, le Dix-huit Brumaire, lEmpire, lIle dElbe, Sainte-Hélène, la Mort du général Foy, etc., etc., puis enfin, la Révolution de 1830, qui clôt le recueil. Nous ne savons si Boulay-Paty le publia avant ou après les Iambes, mais nous devons avouer qu’il ne soutient pas un seul instant la comparaison avec l’œuvre immortelle de Barbier. Les Odes nationales nous font, près des Iambes, l’effet d’une sonnette tintant près d’un bourdon lancé à toute volée, ou d’un coup de pistolet tiré près d’un canon qui gronde. Le petit bruit de l’un est éteint, absorbé, par le mugissement de l’autre.

»Une particularité curieuse à noter, c’est que les poètes qui ont fait des vers en l’honneur de la Révolution de Juillet, ont unanimement salué la canaille, mais crûment et sans périphrase. Ainsi, Népomucène Lemercier a dit : la canaille héroïque ; Auguste Barbier, la sainte canaille ; et Boulay-Paty : “Oh ! les beaux ouvriers ! oh ! la noble canaille !”

»Tresser des couronnes au vainqueur que l’on aime, c’est fort bien, et l’on n’y saurait trouver à redire ; mais profiter de l’occasion pour frapper sur le vaincu terrassé, n’est-ce pas oublier un peu trop que l’on est enfant de ce pays de générosité, qui, loin de pousser le vae victis, et de le mettre en pratique, se fait gloire de respecter, d’honorer le malheur ? Nous regrettons d’avoir, à ce sujet, un blâme à infliger au poète breton qui poursuivait de ses sarcasmes, d’un goût douteux, le monarque abattu, exilé, et ses partisans dans l’infortune. L’auteur des Odes nationales a vu, depuis lors, que les destins et les flots sont changeants, et il aura certainement regretté d’avoir, dans l’ivresse du triomphe, laissé sa plume exprimer de pareils sentiments. — Malgré toute leur véhémence, les Iambes sont à l’abri de ce reproche, et Victor Hugo, traitant le même sujet au début des Chants du crépuscule, dictait, suivant son expression, au mois d’août 1830, ces strophes si émues et si françaises :

“Oh ! laissez-moi pleurer sur cette race morte

”Que rapporta l’exil et que l’exil remporte,

”Vent fatal qui trois fois déjà les enleva !

”Reconduisons au moins ces vieux rois de nos pères.

”Rends, drapeau de Fleurus, les honneurs militaires

”A l’oriflamme qui s’en va !

”Je ne leur dirai point de mot qui les déchire.

”Qu’ils ne se plaignent pas des adieux de la lyre !

”Pas d’outrage au vieillard qui s’exile à pas lents !

”C’est une piété d’épargner les ruines.

”Je n’enfoncerai pas la couronne d’épines

”Que la main du malheur met sur des cheveux blancs.

»L’effervescence politique se calma peu à peu ; Boulay-Paty cessa de chercher au dehors, sur les champs de bataille ou dans la rue, ses sujets d’inspiration. Recueilli dans la bibliothèque du Palais-Royal, où il avait remplacé Alexandre Dumas, démissionnaire, son activité se tourna tout entière vers lui-même et il composa des élégies, qui paraissaient, en 1835, sous le titre dElie Mariaker.

»C’est, croyons-nous, la propre histoire de sa jeunesse et de son cœur. Certes, le talent a laissé son empreinte sur plus d’une page de ce recueil, mais tout honnête homme le tiendra pour une des erreurs du poète qui a eu le tort grave d’y fouler aux pieds les plus saintes lois de la religion et de la morale. Heureusement, il sortit de cette voie mauvaise pour n’y plus rentrer. Il a regretté depuis cet écart, et il avait sans doute en vue Elie Mariaker, lorsque, peu de semaines avant sa mort, il formulait la déclaration suivante : “Je rétracte tout ce que j’ai pu écrire, publier contre la religion et contre les mœurs, et je désire que ce qui en reste soit brûlé.” Deux ans après Elie Mariaker, Boulay-Paty remportait (1837) le prix de l’Académie française, pour son ode de l’Arc de triomphe, dont nous reparlerons tout à l’heure. Il se tut pendant sept années, jusqu’en 1841, où il donna un volume dOdes nouvelles, lequel s’ouvre par la pièce couronnée de 1837 et se ferme sur un poème, le Monument de Molière, qui, l’année précédente, avait obtenu une mention honorable au concours de l’Académie. Les Odes nouvelles, sans renfermer des morceaux d’une éclatante beauté, se lisent avec agrément. On sent que l’âme du poète est pleine d’admiration pour la grandeur nationale, pour la grandeur bretonne, comme dans le Combat des Trente, Saint-Malo et lHéroïsme de Bisson. Il a de l’enthousiasme pour l’honneur et des colères pour la bassesse, la cupidité, l’intrigue et l’amour de l’or. L’Académie des arts et belles-lettres de Paris décerna une médaille d’or aux Odes nouvelles. Sept ans encore, Boulay-Paty demeura silencieux ; son nom n’était prononcé, de temps à autre, que dans les concours de l’Académie de Toulouse, où il aimait, chaque printemps, à cueillir la violette, le souci ou le lys d’argent. Comme une abeille qui pétrit son miel dans l’ombre, il travaillait à élever ce qu’il regardait comme son monument, le livre sur lequel il fondait ses plus grandes espérances d’immortalité, les Sonnets de la Vie humaine. Il les faisait imprimer quand survint la Révolution de Février. La parole, comme on le disait alors, était aux événements ; il les laissa parler tant qu’ils voulurent ; et, père prudent, il ne produisit son œuvre au grand jour qu’en 1851. » Voici la liste de ses succès aux Jeux floraux 1827, le Charme, élégie, un lys ; 1853, le Coursier et le Cavalier, ballade, un œillet d’argent ; 1855, un sonnet à la Vierge, un lys ; 1857, la Maison abandonnée, élégie, un souci ; 1858, le Câble transatlantique, ode une violette. Outre ces pièces couronnées, Boulay-Paty avait présenté au concours, en 1832, une élégie, la Vieillesse et lEnfance ; en 1841, une élégie, le Jeune mourant, en 1845, une idylle, les Fleurs, et un Sonnet à la Vierge. Il mourut en 1864. Boulay-Paty demeurait 1, rue Frochot en 1831 ; 26, rue de lEchiquier en 1830 ou 1831 in Archives de Paris VD6 3 ; 3, rue des Boucheries-Saint-Honoré en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39 mais bien 1, rue Frochot en 1831 in Archives nationales F/1dIII/35 A. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Le Figaro, 24 novembre 1830 (pour une critique à l’occasion de la sortie de ses Odes nationales) ; Revue de Bretagne et de Vendée, 8e année, 2e série, tome VI, 1864, deuxième semestre, Nantes, 1864, p. 97.

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