Boulay, Séverin, Constant

Biographie


Né le 27 avril 1802 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Etudiant en médecine. Membre de l’Association de janvier 1830 et combattant de Juillet, selon Morhéry. Morhéry devait écrire au sujet de l’Association de janvier 1830 dans Réponse aux outrages et aux calomnies dirigées contre moi : « Au commencement de janvier 1830, prévoyant le coup d’Etat dont la liberté était menacée, et voulant organiser des moyens de défense contre les mesures sanglantes que préparait le pouvoir, quelques patriotes, parmi lesquels je citerai MM. Danton) (voir Danton, Jean-François), Sempoil (voir ce nom), Divel (voir Divel, Amand, Adolphe), Guérin (voir ce nom), tous combattants de juillet, arrêtèrent en commun avec moi le projet de former une association ayant pour but de faire tourner au profit du peuple les tentatives qu’on pourrait oser contre lui. Nous fîmes à ce sujet des ouvertures à plusieurs généraux qui nous donnèrent de belles promesses, mais ne voulurent jamais rien entreprendre. Enfin M. Danton (voir Danton, Jean-François) nous proposa d’en parler à l’auteur de la Guerre nationale, qu’il connaissait particulièrement, M. Auguste Fabre, et il avait un titre bien glorieux encore, celui de frère du grand écrivain, de l’illustre patriote dont la France déplorera longtemps la perte, de Victorin Fabre. Nous acceptâmes. M. Danton lui fit part de nos desseins. On convint qu’il commanderait en second l’association, et qu’il nous mettrait en rapport avec le général Lafayette que nous choisîmes pour commandant en chef. MM. Danton, Sempoil et moi, promoteurs de cette société patriotique, en formions le comité supérieur. Seuls nous avions des rapports directs avec les deux commandants. En très peu de temps nos ventes se répandirent parmi les citoyens de toutes les classes, députés, militaires, ouvriers et étudiants. Je pourrais donner les noms d’un grand nombre de pompiers qui livrèrent leurs armes à leurs coassociés au moment du combat de juillet ; mais je crains d’être taxé d’indiscrétion ; et pour le même motif je passe sous silence le nom de plusieurs députés et d’un grand nombre de militaires. Qu’il me suffise pour le moment d’appeler en témoignage quelques-uns de mes compatriotes qui tous, moins les absents, ont pris une part active à notre révolution. Tels sont MM. Emile Lebreton (voir ce nom), Guilhem (voir ce nom), fils du député, et le brave Kersausie (voir Kersausie, Guillard de, Joachim, René, Théophile) qui, à la première nouvelle des ordonnances, insurgea le 4e régiment de hussards dans lequel il était capitaine. Faut-il ajouter à ces patriotes MM. Le Calvé (voir ce nom), de Saint-Brieuc, qui s’est si bien montré en juillet ; Martin (voir ce nom), Genest (voir ce nom), Boullé (voir Boulay, Séverin, Constant) de Saint-Malo ; Richard (voir ce nom), Bertrand (voir Bertrand, François), décoré de juillet ; Jules Bernard (voir ce nom), fils du député ; son père (voir Bernard de Rennes, Louis, Désiré), maintenant conseiller en Cassation ; son oncle (voir ce nom), ex-préfet des Hautes-Alpes, et le malheureux Papu (voir Papu, Nicolas, François), de Rennes qui remplaça dans ma vente mon compatriote Sébilot (voir Sébillot, Pierre), maintenant médecin à Matignon ; enfin Mestivier (voir ce nom), Chauveau (voir ce nom), Henri, de Lavalle (voir ce nom) ; Potier (voir ce nom), de la Mayenne ; Barnio (voir ce nom, fiche à faire), de Pongibaud (voir Barnicaud, Jourdain, Antoine) ; Vimal (voir ce nom), de Clermont, tous les deux décorés de juillet ; Roger (voir ce nom), de la Vendée ; Bouvier (voir Bouvier, Joseph), du Jura et tant d’autres enfin qu’il serait trop long de nommer et qui se sont consacrés au triomphe de notre révolution. » Il combattit dès le 27 juillet. « Le 28 juillet, il a été à la grève armé. Il y est resté jusqu’au moment où l’artillerie est venue s’y établir. Le 29, il contribua à faire rendre les armes à un détachement qui stationnait au Palais de justice dans la salle des pas perdus. De là, il se rendit au Louvre avec MM. Saint-Paul et Catelier, qui fut tué. Il fit transporter Saint-Paul chez M. Bernard de Bernes, député. » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, attestons que M. Boulay, Séverin, Constant a combattu pour la cause de la liberté dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier et qu’il a par son dévouement et sa bravoure bien mérité de la patrie et de ses concitoyens. » Signé, le 5 août 1830 (pour les noms lisibles) : Chausson, Auguste, étudiant en droit ; Divet, étudiant en médecine ; Valois, négociant ; Sempoil (voir ce nom), blessé au Louvre ; Bravard (voir Bravard, Toussaint), étudiant en médecine, demeurant rue Saint-Jacques en face la rue Saint-Dominique ; Roussel, demeurant 36, rue Quincampoix ; Lelone ; Morhery, Adolphe (voir Morhery, Adolphe, Robin), décoré ; Bertrand (voir Bertrand, Stanislas, Frédéric, Théodore), demeurant 21, rue Monsieur-le-Prince ; Sanreffier, E. ou Sanressus, E. illisible, étudiant en médecine ; Danton ; Saulin illisible, demeurant à Bercy ; Gardel ; Ploize, caporal à la XIIe légion ; Petit du Gour (voir ce nom). En novembre 1830, il adressa une demande d’emploi à M. de Montalivet, qui la renvoya à la Commission des récompenses nationales. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 1, place du Palais-de-Justice en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 1er décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/46 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des personnes résidant dans l’étendue du (ancien) IXe arrondissement de Paris, qui ont obtenu la médaille de Juillet et auxquelles, à l’occasion des trois journées de Juillet, il a été accordé une somme de vingt-cinq francs ; Réponse aux outrages et aux calomnies dirigés contre moi par M. Bigrel et consorts, chez Auffray, 1832.

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