Boullay, Pierre, François, Guillaume

Biographie


Né le 21 avril 1777 à Caen (Calvados), fils du « prétendu mariage » selon les termes de l’acte de baptême à la paroisse Saint-Gilles, de Boullay, Guillaume, André, Nicolas et de Gauvet, Marie, Anne, Angélique « de la religion soi-disant réformée ». Pharmacien. Il fut décoré de la Légion d’honneur, le 7 décembre 1814, par le roi Louis XVIII et comme sous-lieutenant de la 3e compagnie du 1er bataillon de la IIIe légion de la garde nationale de Paris. Ses états de service en novembre 1816, dans son dossier de la Légion d’honneur, le présentaient comme « pharmacien, docteur ès sciences, ancien pharmacien militaire, membre des sociétés de médecine de Paris, de Bruxelles, de celle d’encouragement pour l’industrie nationale, des académies de sciences, belles lettres et arts de Caen et de Rouen, administrateur de bienfaisance. Lieutenant depuis sa formation de la garde nationale. » Adjoint au maire du (ancien) IIIe arrondissement en 1831. Membre de l’Académie de médecine. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut la médaille auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (sous le seul nom de Boullay à la Commission des récompenses nationales et son nom ne semble pas être dans les journaux). Il signa, le 17 août 1832, un certificat en faveur de Lefort, Antoine, maire du (ancien) Ier arrondissement, et qui avait été nommé officier de la Légion d’honneur quatre mois après l’avoir été comme chevalier et qui avait besoin qu’on prouvât que l’opposition qu’il avait montrée, le 14 juillet 1831, à la plantation d’un arbre de la liberté sur les Champs-Elysées par quelques séditieux, était une action déclat suffisante pour mériter la croix en dehors des statuts de l’ordre (voir Bocage, Prêtot Larive, Boniface et beaucoup d’autres). Ce certificat attestait que l’objet de la lettre qu’avait envoyée dès le 17 juillet 1831 le président du Conseil à Lefort était « de reconnaître et de récompenser le courage et le dévouement que M. Lefort montra, au péril de ses jours, le 14 juillet 1831, en voulant s’opposer et en s’opposant réellement à la plantation d’un arbre de la liberté qu’environ six cents agitateurs voulaient élever sur la place de la Concorde, afin de braver l’autorité protectrice des lois et de l’ordre public. Il est de notoriété publique que le sieur Lefort, maire du (ancien) Ier arrondissement, persuadé que l’autorité municipale doit être toute paternelle, espérant que de bons citoyens et vrais patriotes ne résisteraient pas aux exhortations d’un magistrat revêtu de l’écharpe tricolore, décoré de la Légion d’honneur et surtout de la Croix de Juillet si chère en apparence et si sympathique aux chefs de ces perturbateurs, voulant éviter toute collision avec la garde nationale justement courroucée des désordres qui ce jour-là éclataient sur divers points d’une manière alarmante, s’avança seul à leur rencontre, les engagea à se séparer, arrêta l’arbre, fut assailli de toutes parts et ne dut son salut qu’aux branches dudit arbre et surtout au 4e bataillon de la Ire légion resté à quelque distance et accouru en désordre à son secours. C’est pour rendre hommage à ces faits et en exécution de l’article 21, paragraphe 4 de l’ordonnance du 26 mars 1816 que nous avons délivré au sieur Lefort, maire du (ancien) Ier arrondissement, le présent certificat pour valoir ce que veut la loi. » Membre de l’Académie de médecine, il fut nommé officier de la Légion d’honneur le 5 mai 1831. Il mourut le 28 mars 1858 dans son dossier de la Légion d’honneur mais le 3 novembre 1869 in Revue d’histoire de la pharmacie. Nous empruntons à la Revue d’histoire de la pharmacie la notice biographique qui lui est consacrée et ainsi rédigée par P. Lemay : « Pierre-François-Guillaume Boullay, pharmacien et chimiste remarquable, est très peu connu, éclipsé par les grandes vedettes. Né à Caen le 21 avril 1777, il ouvre une officine à Paris en 1799, devient docteur ès sciences en 1818, membre de l'Académie de Médecine le 27 décembre 1820 et son président pour 1834. Il meurt le 3 novembre 1869. Au cours de sa longue carrière, il publie des travaux sur les éthers chlorhydriques, phosphoriques, arséniques, sur les amandes douces, la violette, la coque du Levant, dont il extrait la picrotoxine, sur la fève Tonka, les eaux minérales avec Henry et sur une méthode de déplacement avec son fils. Sa prédilection pour l'étude et l'usage des éthers, il la communique à son fils, Félix-Polydore, collaborateur de Dumas, qui devait, hélas ! mourir à 29 ans de brûlures d'éther dans un accident de laboratoire. Les obligations de sa pharmacie, la poursuite de ses recherches ne l'empêchent pas de fonder, avec Boudet père, Planche, Cadet et Destouches, le Bulletin de Pharmacie, devenu en 1814 le Journal de Pharmacie et de Chimie, auquel il s'intéressa toute sa vie. Une lettre à Regnault, chef de la Pharmacie centrale des hôpitaux, moins d'un an avant sa mort, en témoigne : “Paris, 3 février 1868. Je ne suis pas jaloux, mon cher Regnault, que M. Bussy ait été plus heureux que moi, et je nous en félicite. C'était un vrai chagrin pour moi, fondateur du journal, qui avais réussi à y maintenir l'harmonie pendant près de soixante ans, de la voir se détruire. Votre confrère et ami, Dr Boullay. Paris, 15 février 1865.” (extrait d’une collection personnelle, précise l’auteur). Il se plaignait d'ailleurs lui-même de cette activité débordante. Pour s'excuser d'un retard, il écrivait à Pelletier, pharmacien à Lyon, en 1826 : “Vous ne vous doutez pas de la vie qu'on mène dans cette immense cité. On y vit harcelé, tiraillé sans cesse, le temps s'y passe sans qu'on sache comment.” (extrait d’une collection personnelle, précise l’auteur) Tout ceci pour en venir à son invention commerciale : le sirop d'éther, dont on ignore généralement l'auteur. C'est encore une lettre à Regnault qui nous fixe sur ce point, ainsi que sur la date de l'invention : “Paris, 15 février 1865. Mon cher Regnault, L'idée du sirop d'éther m'est tout à fait personnelle. Je l'ai composé et proposé aux médecins par une circulaire, la première année de mon établissement en 1799. Ce fut une manière honorable de leur dire que j'étais là. Tout à vous de cœur, Dr Boullay.” (extrait d’une collection personnelle, précise l’auteur). Ajoutons que Boullay avait l'âme généreuse. En mars 1826, il envoyait au baron Ternaux, président de la Société philanthropique en faveur des Grecs, une nouvelle somme d'argent, “vu l'urgence où nous nous trouvons d'augmenter de tous nos moyens les ressources de nos frères prêts à succomber sous le fer des Barbares”. Son gendre, Adrien, qui partage ses sentiments et ses vœux, envoie la même somme “pour le succès de la cause sainte”. (extrait d’une collection personnelle, précise l’auteur). Sa notice est ainsi rédigée par H. Buignet pour le Comité des travaux historiques et scientifiques, Institut rattaché à l’Ecole nationale des chartes : « Pierre Boullay est un pharmacien français. Il est allié avec la famille Boudet. Pierre Boullay est issu d'une famille appartenant au culte réformé. Après avoir fait, au collège de cette ville, des études que la Révolution interrompt, il embrasse la carrière de la pharmacie, pour laquelle il se sent une vocation décidée. Il entre successivement dans l'officine de Mezaize, à Rouen, dans celle de Bacoffe, à Paris, et bientôt, dans le laboratoire de Vauquelin, où il est admis sur la recommandation de Valmont de Bomare et d'autres savants. A la fin de l'année, à peine âgé de vingt ans, il remporte à l’Ecole de pharmacie le premier prix de chimie. Il fonde, en 1798, dans un des quartiers les plus riches de Paris, une officine. Par ailleurs, il contribue à la création d'un établissement fort utile au point de vue de la pharmacie pratique, l'établissement des eaux minérales artificielles du Gros Caillou. Il soutient une thèse sur les éthers avec distinction devant la Faculté des sciences de Paris, et obtient, en 1815, le titre de docteur ès sciences physiques. Pierre Boullay étudie les diverses espèces d'éthers, l’éther chlorhydrique, les éthers phosphorique et arsénique, que plusieurs chimistes ont vainement tenté d'obtenir, et dont il peut réaliser ta préparation directe, au moyen d'un appareil. Il réalise également de nombreux travaux d'analyse sur les amandes douces, dont il fait connaître la composition détaillée ; sur la violette, d'où il tire un principe vomitif analogue à l'émétine; sur la coque du Levant, dont il fait le sujet d'une étude minutieuse et approfondie, et de laquelle il parvient à extraire une matière cristalline, toxique et amère, qu'il désigne sous le nom picrotoxine. Il mène également l'examen chimique de la fève tonka, en commun avec Boutron, et révèle la véritable nature du principe cristallin qui s'y trouve contenu. Il publie de nombreux mémoires sur les eaux minérales, tantôt seul, tantôt avec la collaboration de Henry. Enfin il mène des recherches sur la méthode de déplacement, méthode dont il fait connaître les avantages et dont il signale les importantes applications dans un travail qu'il fait en commun avec son fils Polydore Boullay. Avec Boudet, Planche, Cadet et Destouches et sous le patronage de Vauquelin et de Parmentier, il fonde en 1809 le Bulletin de pharmacie, rédigé depuis cette époque sous le titre de Journal de pharmacie et de chimie. En 1830, il est nommé premier adjoint au maire du (ancien) IIIe arrondissement de Paris. Pierre Boullay est nommé membre de l'Académie de médecine pour la section de pharmacie le 27 décembre 1820. Il est élu président pour 1834. Il appartient également à la Société de pharmacie dès l'année 1803. Par ailleurs, il est membre des Académies des sciences, belles-lettres et arts de Rouen et de Caen; des Sociétés d'agriculture et d'horticulture de Seine-et-Oise, de la Société d'encouragement pour industrie nationale, du collège chimico-pharmaceutique de Chicago. Il est nommé successivement chevalier de la Légion d'honneur, puis officier du même ordre. » Il demeurait 17, rue des Fossés-Montmartre en 1831. Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement (sous le seul nom de Boullay) ; Archives nationales F/1dIV/L/11 Récompenses honorifiques in dossier Lefort, Antoine (sous le seul nom de Boullay) ; Almanach royal et national pour l’an 1831 présenté à Sa Majesté et aux princes et princesses de la famille royale, Paris, chez Guyot et Scribe, 37, rue Neuve-des-Petits-Champs, 1831, pp. 302, 698, 744, 847, 863, 90 (sous le seul nom de Boullay) ; Revue d’histoire de la pharmacie, 1855, n° 147, pp. 210-211 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/318/36.

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