Bourdel, Louis, Léon
Biographie
Né le 14 mars 1811 à Tours (Indre-et-Loire). Tailleur et concierge, aux gages de trois cents francs annuels. Il sollicita, le 1er septembre 1830, la médaille, en récompense de sa participation aux journées de Juillet. Carel (voir Carel, Eustache, Auguste) lui délivra, le 3 août 1830, le certificat suivant : « Le major soussigné, chargé du commandement des Tuileries les 29, 30, 31, 1er et 2 août, atteste que MM. les gardes nationaux dont les noms sont inscrits au bas du présent acte et qui ont été de service au château des Tuileries depuis le 29 juillet jusqu’à ce jour, se sont conduits d’une manière digne d’éloge, non seulement pour la bravoure et l’intrépidité qu’ils ont montrées mais encore pour la probité dont ils ont fait preuve pour la conservation des objets précieux qui se trouvaient dans le château au moment où il a été envahi. Je déclare que c’est particulièrement à leur vigilance active et à leur imperturbable fermeté dans ces moments dangereux qu’il est dû la conservation des différents objets précieux dont l’inventaire a été fait par M. Mazug, commissaire de police du quartier des Tuileries, en vertu de l’ordre du gouvernement provisoire. M. Bourdel, Louis, Léon, tailleur d’habits, demeurant rue des Vieilles-Etuves-Saint-Honoré, n° 14, accompagné de Fleury sergent, Henry capitaine, Auvert, Tessier, Marchand, Déflechelle, Dacbert, Lecoq, Cany, Laurent. Enfin je certifie que les braves gardes nationaux dont les noms sont ci-dessus déclarés ont constamment continué leur service de la manière la plus honorable jusqu’à ce jour où ils ont été remplacé par un poste du 5e régiment de ligne. » Le commandant supérieur des Tuileries, Bernard illisible, Victor, le 31 août 1830, joignit sa recommandation à une nouvelle recommandation de Carrel. Janot, bombeur de verre, demeurant 65, rue Montorgueil et présentement 7, rue des Lavandières-Sainte-Opportune, certifia, le 20 octobre 1830, que « Bourdel s’est très bien comporté dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 et qu’il a exposé sa vie pour la défense de nos libertés ». La veuve Cuende et le concierge Gaillard, demeurant tout deux 2, rue des Poulies, certifièrent que « Bourdel, au péril de sa vie, a transporté les blessés dans la journée du 29 juillet 1830, chez moi où on donnait des secours ». Un dernier certificat était ainsi rédigé : « Les soussignés, habitants de Paris, rue des Vieilles-Etuves-Saint-Honoré, certifient et attestent qu’il est à leur parfaite connaissance que le sieur Bourdel, Léon, tailleur, rue des Vieilles-Etuves-Saint-Honoré, n° 14, a combattu pendant les mémorables journées de juillet 1830 avec un courage vraiment digne d’éloges et qu’il a fait preuve d’un patriotisme éprouvé en contribuant de tous ses efforts au recouvrement de nos libertés. Ils déclarent en outre que le sieur Bourdel, Léon, a été absent de son domicile pendant toute la mémorable semaine des événements. Ils pensent avec justice que le dénommé a conquis l’estime et la reconnaissance de ses concitoyens, qu’il a bien mérité de la patrie et qu’il a acquis des droits à la bienveillance du gouvernement, auquel ils s’empressent de le recommander avec une vive instance. » Signé, le 1er octobre 1830 : Damar illisible ; Janot, bombeur de verre, demeurant 65, rue Montorgueil ; Rigaud ; Tricotel ; Meynier ; Duru ; Louvet ; Septaubry illisible ; Magny. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sa médaille et son brevet lui furent envoyés le 9 novembre 1831. Il reçut quarante francs de secours en 1848. En 1849, les renseignements de police indiquaient à son sujet : « A fait partie de la garde nationale, IVe légion, mais l’état continuel de maladie dans lequel il se trouve le dispense de tout service. Bons renseignements sur sa conduite privée et politique. Il se trouve dans une position nécessiteuse. » En 1850, les mêmes renseignements indiquaient qu’il était marié, père d’un enfant de deux ans, ne retirait, à cause de son état de santé fragile, qu’un gain fort minime de son travail et que sa position était fort peu heureuse, ajoutant aussi : « Il a été écroué à Sainte-Pélagie le 29 octobre 1842 pour attentat à la pudeur sur des filles de onze ans ; acquitté par les assises du 14 janvier 1843. » Il demeurait 14, rue des Vieilles-Etuves-Saint-Honoré en 1830-1831 ; à Chinon (Indre-et-Loire), en 1831 ; 19, rue de la Monnaie de 1844 à 1850. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/46 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves qui ont formé des demandes de secours, et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 29 mai 1849, minutes 57-61, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 78.