Bourdin, André, Ernest

Biographie


Né le 16 octobre 1807 à Melle (Deux-Sèvres). Editeur. Il donnait sur son compte les indications biographiques suivantes : « […] Sans fortune, orphelin, puis ouvrier gantier pendant douze ans […] j’ai su par mon assiduité au travail et par ma conduite, m’élever tout seul et donner, à mon tour, comme éditeur, l’ouvrage quotidien à plus de cent ouvriers […]. » Il sollicita devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février, voulant, disait-il, apporter la preuve « de la fixité de mes opinions depuis 1830, de mon amour sincère pour la liberté et pour l’ordre, de mon respect pour la famille et pour la propriété. Depuis 1830 j’étais républicain par mes vœux, je le serai maintenant par mes actions. » Il adressa à la Commission la lettre suivante : « Le citoyen Bourdin, André, Ernest, combattant de 1830 aux barricades de la rue Aubry-le-Boucher et du marché des Innocents, s’est rendu, le 23 février, rue Taranne, en uniforme de garde national à cheval, avec un fusil, pour participer à la protestation de la Xe légion de la garde nationale, aux cris de : Vive la réforme ! Le 24, il a travaillé aux barricades du faubourg Saint-Germain. Il est parti ensuite à la tête d’une troupe d’ouvriers et de gardes nationaux, qu’il a menés aux Tuileries puis à la chambre des députés pour soutenir la cause de la révolution et maintenir l’ordre après la victoire. Il a continué à être chef de [brûlé] toute la nuit du 24 au 25, dans l’intérieur des Tuileries. Le 25, étant en permanence à la mairie du (ancien) Xe arrondissement, lorsqu’on est venu demander des [brûlé] contre les ouvriers imprimeurs qui brisaient les presses mécaniques, il s’est présenté seul, en uniforme de garde national, dans les ateliers de l’imprimeur Martinet, rue des Marais-Saint-Germain, où l’on brisait les presses. Il a été assez heureux pour ramener à des pensées meilleures des citoyens égarés ; il ne les a quittés qu’après avoir obtenu d’eux la promesse qu’ils n’iraient plus ailleurs. Ce désastre a été le dernier. Le 26, sur la prière de son confrère le citoyen Pagnerre, maire du (ancien) Xe arrondissement, il a rassemblé une troupe de citoyens armés et a aidé, à leur tête, à rétablir la circulation dans le quartier de la Monnaie. Le 26, il a pris dans le (ancien) Xe arrondissement l’initiative de l’organisation d’un service d’ordonnances parmi les gardes nationaux à cheval du 6e escadron sous le commandement du lieutenant Nogent-Saint-Laurent, à la disposition des autorités municipales, mesure qui a été adoptée aussitôt dans les autres arrondissements. » Sa demande était revêtue de plusieurs apostilles. La première : « Je certifie que le citoyen Bourdin s’est mis à notre tête et nous a conduits aux Tuileries et à la Chambre des députés dans la journée du 24 février. » Signé : Pernet, ouvrier carrossier, garde national mobile à la 7e compagnie du 21e bataillon, demeurant 14, rue du Montparnasse. La deuxième : « Je certifie que le citoyen Bourdin s’est mis à notre tête et nous a conduits aux Tuileries et à la Chambre des députés dans la journée du 24 février. » Signé : Robin (le reste est brûlé mais le tout est imprimé quelque part rechercher dans Google ou BNF). La troisième : « Je certifie que le citoyen Bourdin s’est mis à notre tête et nous a conduits aux Tuileries et à la Chambre des députés dans la journée du 24 février 1848. » Signé : Hauskneckh, J., grenadier au 4e bataillon de la Xe légion de la garde nationale. La quatrième : « Je certifie en tous points ce qui est relatif au bris de mes presses mécaniques ; je déclare en outre que M. Bourdin a déployé la plus grande énergie contre les hommes occupés à commettre cet acte de brutalité. » Signé, le 23 mars 1848 : Martinet, imprimeur, rue des Marais-Saint-Germain. La cinquième : « Je certifie que le citoyen Bourdin, ne pouvant rejoindre son escadron le 23 février et sachant que ma compagnie était disposée à protester vigoureusement contre les dispositions de nos colonels et chefs de bataillon, sur mon invitation, s’est empressé de se joindre à nous, et dans nos rangs n’a cessé de se faire remarquer par ses cris de Vive la réforme ! A bas les ministres ! et qu’ensuite, après qu’ils ont eu fait rompre les rangs, ils s’est dirigé sur les Tuileries à la tête d’un détachement de citoyens armés. » Signé Simon, décoré de Juillet (faire les recherches, pas de Simon décoré dans le Xe arrondissement…), capitaine au 4e bataillon de la Xe légion de la garde nationale. La sixième : « Je suis heureux de donner mon témoignage à M. Bourdin : je l’ai vu personnellement, le 25 février, s’opposer au bris des presses de M. Martinet ; enfin je dois dire qu’il est l’instigateur du service de la garde nationale à cheval à la mairie du (ancien) Xe arrondissement le 26. M. Bourdin est un homme de cœur, d’énergie et un excellent citoyen. Quant à moi, je lui ai voué pour sa conduite une affection véritable. Signé le 20 mars 1848 : Nogent-Saint-Laurent, avocat, lieutenant de la garde nationale à cheval, 6e escadron). La septième : « J’atteste la vérité des faits établis par le citoyen Bourdin, qui a fait preuve de dévouement et de patriotisme. » Signé : Hingray, colonel de la Xe légion de la garde nationale. Il fut proposé par la Commission pour le signe honorifique. Il était membre du Comité électoral démocratique du Xe arrondissement, sergent puis sous-lieutenant de 1830 à 1837, au 4e bataillon de la VIe légion de la garde nationale, garde national au 6e escadron de la garde nationale à cheval de 1837 à 1848. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 4, rue Guénégaud en 1848. Archives de la préfecture de police AA 374.

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