Bourgadier, Michel

Biographie


Né vers 1775. Ancien soldat de la Grande Armée, compagnon maçon puis entrepreneur en bâtiments. Il reçut trois coups de feu, place de Grève, l’une au cou et deux autres à l’épaule droite. Bien que blessé, il continua de combattre, place du Châtelet, place des Innocents, à la caserne Popincourt et aux écuries du faubourg Saint-Honoré et place du Palais-Royal. Le 29 juillet, faisant partie d’une patrouille de la garde nationale il « parvint à arrêter quatre individus qui avaient formé le projet de brûler l’échafaudage de l’arc de triomphe de la barrière de l’Etoile ; projet qui avait déjà reçu un commencement d’exécution, qu’enfin par l’apparition de cette patrouille il parvint à sauver la vie au gardien établi à la garde de ces échafaudages » ; les mêmes individus venaient de piller la caserne de gendarmes de l’Etoile. Le certificat qu’il possédait pour attester ces faits était signé de Pontallier, capitaine ; De la Caze ; Barbeson, propriétaire ; Bouchard ; Tournier ; Guyot ; Beauvais. Il reçut un total de cent francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut cent cinquante francs de secours de la commune de Neuilly en 1830 et cent francs en 1831 sur les fonds de souscription (peut-être les mêmes que les cent francs reçus de la sous-préfecture de Saint-Denis ? dans son dossier in Archives de Paris VK3 41, il est parlé dun secours définitif de cent francs ; donc cent francs plus la souscription). Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1832, veuf et père de cinq enfants, il reçut cinquante francs de secours et était « digne, sous tous les rapports, de la bienveillance du gouvernement ». Il reçut un nouveau secours de cent francs en 1834. En 1835, les renseignements de police indiquaient à son sujet qu’il avait demeuré, 61, rue de Lourcine, « où il tenait un débit d’eau-de-vie. Il y a fait de mauvaises affaires ; il avait alors une femme avec lui ; on ignore ce qu’elle est devenue ; il n’a plus à sa charge qu’un enfant de neuf ans. Sa position paraît extrêmement malheureuse. Sa conduite est régulière. J’ai fourni, il y a un an, des renseignements sur son compte à M. le préfet de la Seine au sujet d’une réclamation qu’il avait formée comme condamné politique sous la Restauration. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1835. En 1836, les mêmes sources indiquaient qu’il était « toujours dans la position la plus gênée. Il a repris avec lui sa femme légitime, qu’il avait autrefois abandonnée pour vivre avec une concubine et on fait l’éloge de sa conduite actuelle ». Il obtint, cette année-là, un secours de cinquante francs. En 1837 : « Après avoir été entrepreneur de maçonnerie, il s’est occupé de courtage en bâtiments ; aujourd’hui, il est à la recherche d’une place de concierge ; on assure que ces chutes successives sont plutôt le résultat de l’inconduite que du malheur ; sa moralité paraît en effet laisser beaucoup à désirer ; il a eu plusieurs enfants d’une concubine, qu’il avait renvoyée, il y a un an, pour reprendre sa femme légitime ; il a quitté une deuxième fois celle-ci et il vit de nouveau en concubinage. Le pétitionnaire a contracté des dettes chez plusieurs fournisseurs, aux poursuites desquels il s’est soustrait jusqu’à ce jour en changeant de logement. » En 1845, maçon à Vouarce (Marne), il se trouvait « dans une position d’implorer des secours des personnes charitables pour exister lui et sa famille » et avait selon les renseignements de police une conduite régulière, méritant « à tous égards la bienveillance du gouvernement ». Il reçut quarante francs de secours en 1845, la même somme en 1847. Il avait sans doute, sous la Restauration, été condamné par le tribunal de Bellac (Haute-Vienne) « par suite d’opinion ». Effectivement dans Petite histoire de Cieux, Haute-Vienne: de l'âge de pierre à la fin du XIXe siècle, p. 110-111, l’auteur parle d’un Bourgadier condamné sous la Restauration. Il demeurait 5, rue des Acacias à la barrière de l’Etoile en 1830 ; 5, rue de Chartres aux Batignolles à Neuilly en 1831 ; 1, rue Leclerc, barrière Saint-Jacques en 1834 ; 61, rue de Lourcine, 28, rue de Rohan puis 21, rue Basse-des-Ursins en 1835 ; 11, rue Villedot et 12, rue Chabannais en 1837 ; Vouarce (Marne) en 1838-1846. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe de larrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 90 ; Archives de Paris VK3 41, idem in dossier Belay ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/46 ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Cusat ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 1re classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/15/3784 secours à divers titres.

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