Bourgaux, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 14 brumaire an X (5 novembre 1801) à Paris, (ancien) XIIe arrondissement. Tôlier (bottier in Archives de Paris VD6 672 n° 1 ; mais bien tôlier in Archives de Paris VK3 33 jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, in Archives de Paris VK3 34 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives nationales F/1dIII/37 ; bien tôlier-poêlier dans la réclamation qu’il fait in Archives de la préfecture de police AA 374). Il fut blessé de deux coups de feu dont l’un lui cassa la jambe gauche, le 28 juillet 1830 à 16 heures, rue Lacuée lors du passage de la garde royale sur le pont d’Austerlitz. Il fut soigné, dès le même jour, à l’hôpital Saint-Antoine et y était encore présent en février 1831. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Cochot, Edme, Dominique, serrurier en bâtiment, demeurant 17, rue de Bercy ; Lieuvade, Charles, marchand de vin, demeurant 36, rue de Bercy ; Pinson, Claude, Marie, Auguste, fabricant de bonneterie, demeurant 15, rue de Bercy. Ils attestèrent « pour vérité que le 28 juillet dernier, se trouvant rue de Lacuée, sur les 4 heures de l’après-midi, ils ont vu un citoyen qu’ils reconnaissent pour être le sieur Jean-Baptiste Bourgaux […], au moment où ledit Bourgaux a été atteint d’une balle à la jambe gauche, dont il a été renversé et l’ont aidé à se relever et que le fils de l’un d’eux, le sieur Cochot (voir Cochot, François, Prudent), l’a aidé à le transférer à l’hospice Saint-Antoine ». Le 9 avril 1831, sur l’attestation de Boursier, Jean-Louis, tôlier, demeurant 5, rue de la Roquette, et de Huot, Louis, ancien marchand charcutier, demeurant 168, rue Saint-Antoine, le maire du (ancien) IXe arrondissement, certifiait que Bourgaux était « dans un état de dénuement complet, qu’il ne peut exercer sa profession de tôlier et qu’il est dénué de tout moyen d’existence ». Il reçut un secours de cinquante-deux francs et cinquante centimes, le 4 février 1831, un secours de cinquante-deux francs et cinquante centimes, le 18 février 1831, un secours de vingt-huit francs, le 9 mars 1831, un secours de dix-huit francs, le 30 mars 1831, un secours de quarante-six francs, le 13 avril 1831, un secours de cinquante francs, le 30 avril 1831, un secours de cinquante francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 9 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, rue Saint-Honoré à 8 heures du matin, il eut un fusil chez un ferrailleur rue du Dragon, après en avoir cherché vainement ailleurs. Au désarmement de la place aux Chevaux, a fait feu contre les cuirassiers ; au pont d’Austerlitz, les cuirassiers se sont retirés après une heure de combat ; la ligne et les cuirassiers ayant évacué, ils ont traversé le pont ; il fut de faction à la rue de Charenton. Repoussé par de nouvelles troupes, il fut blessé et transporté à l’hôpital Saint-Antoine. Blessé à la jambe gauche. A brûlé trente cartouches environ. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 9 avril 1831, à deux voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la jambe gauche, de sa partie antérieure et inférieure vers la partie externe, suivie de la fracture comminutive des deux os, blessure guérie mais avec déformation, raccourcissement et atrophie du membre, circonstances dont la réunion doit le faire ranger dans la 5e classe des blessés. » Admis dans la 5e classe des blessés, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 10 mars 1831 (sous le nom de Bourgault, Jean-Baptiste), une pension de six cents francs lui fut accordée. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Resté huit mois à l’hôpital Saint-Antoine, il se plaignait de n’avoir pas obtenu satisfaction et déposa un dossier à la Commission des Réclamants. Depuis la salle Saint-François de l’hôpital Saint-Antoine, où il était retourné pour soigner sa blessure, il relatait ainsi la conduite qu’il avait tenue pendant les combats de Juillet : « […] Le 27, son empressement fut celui de se procurer des armes. Le 28, se trouvant armé d’un fusil, il se transporta vers la poudrière, afin de demander des munitions et de là, il se dirigea vers le pont d’Austerlitz. Là, il repoussa (avec les autres braves) les cuirassiers, qui se replièrent de l’autre côté du pont avec une compagnie de la ligne, qui réunis ensemble, soutinrent le feu pendant une heure et demie. Ils parvinrent à passer le pont et les mirent en déroute. De là, ils descendirent à la rue de Charenton. N’ayant rien trouvé d’urgent, ils revinrent au pont d’Austerlitz. Ayant aperçu un bataillon de la garde à pied, le nommé Bourgot dit à ses camarades Laissez-moi faire, je connais le service, je vais me mettre en faction pour savoir quelle est leur intention. Illisible prit sa faction ; il cria Qui vive ? Alors les tambours cessent de battre et le commandant arrive à l’ordre mais ses camarades firent feu en repassant le pont et, le laissant seul, il fut obligé de se retrancher à la rue de Lacuée, où il fut blessé en chargeant son fusil. De là, on le transporta à l’hôpital Saint-Antoine, où il a resté pendant l’espace de huit mois. Il est obligé de rentrer dans la même maison afin de finir de guérir de ses blessures. N’ayant obtenu que la médaille, il vous sollicite, messieurs, de vouloir lui accorder la croix, qu’il a fort bien méritée, vu qu’il reste estropié pour le reste de ses jours. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, tous habitant et domiciliés dans le faubourg Saint-Antoine, certifions et attestons que le sieur Jean-Baptiste Bourgaux (sic) était resté seul à la tête du pont d’Austerlitz du côté du faubourg Saint-Antoine avec un fusil à la main le 28 juillet 1830, où il a arrêté lui-même un bataillon de la garde royale, venant du côté du boulevard Bourdon pour passer le pont ; que ce brave citoyen, forcé de s’éloigner devant cette masse d’hommes après que ses camarades ont été éloignés sur l’autre rive de la rivière, le sieur Bourgaux fut forcé de se retirer en se battant par la rue de Lacuée qui est près du pont et que là il fut atteint de deux balles dont une lui a brisé et cassé la jambe gauche. » Signé, le 7 septembre 1831 : Cochot, François, Prudent (voir ce nom), serrurier, demeurant 17, rue de Bercy ; Crouillebois, maçon, demeurant 13, rue de Lacuée ; Lieurade, propriétaire, demeurant 36, rue de Bercy ; Pinson, fabricant d’ébénisterie, demeurant 15, rue de Bercy. En 1833, il obtint une indemnité afin d’aller prendre les eaux thermales et y soigner ses blessures ; en 1834, il sollicita que la même indemnité lui fût allouée et pour la même raison. Il était célibataire en 1830. Il demeurait 17 ou 107, le numéro est illisible rue du Faubourg-Saint-Jacques (mais 19, rue du Faubourg-Saint-Jacques en 1831 et une autre fois à la Glacière in Archives de Paris VK3 22) en 1830 ; 166, rue Saint-Antoine, près le passage Saint-Pierre, chez M. Désir, pharmacien, en 1831 (in Archives de Paris VK3 41 une enquête dit bien Demeure et a toujours demeuré passage Saint-Pierre ; mais à la Glacière in Archives nationales F/1dIII/37 ; 25, rue de la Glacière deux fois in Archives de Paris VK3 33 et in Archives de Paris VK3 34) ; 4, rue du Martroi sous l’arcade Saint-Jean en 1834. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, p. 65 (sous le nom de Bourgault), liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement, p. 112, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 18 ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 9 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 9 avril 1831, idem (ancien) XIIe arrondissement, liste supplémentaires de décorations ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des blessés du (ancien) XIIe arrondissement qui se sont présentés devant le jury d’habillement, idem une liste de blessés (sous le nom de Bourgault) ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement (bien sous le nom de Bourgaux, Jean-Baptiste, né le 5 novembre 1801 à Paris, Tôlier, demeurant 25 à la Glacière) ; Archives nationales F/1dIII/46 ; Archives nationales F/1dIII/82, lettre du ministère du Commerce et des Travaux publics en date du 28 mai 1834 et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, Barèges, Mont-d’Or et Néris (sous le nom de Bourgault) et liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 5e classe ; Archives de la préfecture de police AA 374 (sous le nom de Bourgot, Jean-Baptiste jeune ; il signe bien Bourgot, si c’est lui qui signe, faire le changement ?).