Bourlier, Marie, Melchior

Biographie


Né vers 1812 de Bourlier, Jean-Baptiste, Zacharie, Antoine, Claude (lui-même né le 17 janvier 1778 à Blaize dans la Haute-Marne). Bijoutier (ou brunisseur sur les listes du Constitutionnel). Il fut tué « en combattant vaillamment » (selon une note in Archives de Paris VD6 352 n° 1, Fêtes de Juillet, mariage, lettre de lautorité à ce sujet), le 28 juillet 1830, porte Saint-Martin. Son père reçut (sous le nom de Bourelier, M.-Melk) un secours de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. La famille était indiquée comme « très malheureuse » sur les listes de la mairie. Elle reçut un secours de soixante francs (payé à M. Dulin), le 17 août 1830, un secours de quarante francs, le 11 septembre, à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le père, ayant eu un fils de tué et un autre au service militaire, demanda l’exemption du service militaire pour un autre de ses fils, Louis, Adrien, né vers 1809 à Paris, ce qu’il obtint. Le père ne fut pas pensionné, étant mort de chagrin en octobre 1830, avant l’attribution des pensions. Dulin, capitaine commandant de la 4e compagnie du 2e bataillon de la VIe légion de la garde nationale, écrivit la lettre suivante, qui bien qu’apostillé par le maire du (ancien) VIe arrondissement, n’eut aucun résultat, à la Commission des récompenses nationales : « Messieurs, j’ai l’honneur de vous exposer que, dans les glorieuses journées de Juillet, le nommé Marie, Melchior, Bourlier a succombé en combattant pour la cause de la liberté, ainsi qu’il est constaté par les pièces qui vous ont été fournies. Ce jeune homme était le soutien de sa famille. Son père, déjà âgé, était porté pour avoir une pension, dont il ne jouira pas ayant succombé au chagrin de la perte de son fils. Il laisse maintenant trois orphelins. L’aîné commence à se suffire à lui-même mais le nommé René, Auguste, âgé de huit ans, infirme, et sa sœur, Louise, Joséphine, âgée de onze ans, sont hors d’état de gagner leur vie. Je viens donc mettre sous vos yeux l’abandon où se trouvent ces enfants, en vous priant de reverser sur ces orphelins la pension qui devait être accordée à leur père, ayant été privés de celui qui leur en tenait déjà lieu puisqu’il nourrissait sa famille du fruit de son travail. Personne n’a, je crois, de droits mieux acquis que ces enfants et je ne doute pas, messieurs, que vous n’ayez égard à la réclamation que je vous fais pour ces malheureux. Je ne doute pas non plus que ce ne soit un service à rendre à la Commission que de lui indiquer ceux qui, comme les enfants Bourlier, ont des droits à la reconnaissance et aux bienfaits de leur patrie. » En 1832, à l’occasion du mariage, le 9 août, de la princesse Louise avec le roi des Belges, quand le roi voulut doter et marier seize jeunes filles, choisies parmi les familles les plus méritantes (douze pour la Ville de Paris et quatre pour les arrondissements ruraux), la promise de Bourlier, Louis, Adrien, ouvrier monteur en cuivre, demeurant 5, rue Mongolfier, exempté du service militaire, fut l’une des candidates : fille elle-même d’un médaillé de Juillet, elle se nommait Lely, Babeth, née vers 1813 à Wissembourg, employée à l’Imprimerie royale depuis l’âge de ses douze ans, demeurant 14, rue Frépillon. La jeune fille devait être dotée par le roi et une somme de quatre cent quarante francs, mise à la disposition de la mairie pour payer les frais du mariage (location de voiture, déjeuner, publication et autres accessoires relatifs à la célébration du mariage) ; mais l’examen du dossier ne permet de savoir si la candidature de Bourlier et Lely fut retenue. Le père de Bourlier demeurait 41, rue du Vert-Bois en 1830. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Archives de Paris VD6 352 n° 1, Fêtes de Juillet, mariage, lettre de l’autorité à ce sujet ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, relevé nominatif des personnes décédées pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 par suite de coups de feu, idem Répertoire alphabétique des personnes décédées pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, idem Etat nominatif des père et mère des citoyens tués en juillet 1830 au-dessous de soixante ans, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/46.

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