Boussuge, Guillaume

Biographie


Né le 29 décembre 1784 à Paris (ancien) XIe arrondissement. Maître menuisier. Le certificat suivant lui fut délivré : « Nous, gardes et tambours de la 4e compagnie du 2e bataillon de la IVe légion de la garde nationale de Paris, soussignés, certifions à qui il appartiendra que le sieur Boussuge, Guillaume, maître menuisier et chasseur des compagnie, bataillon et légion susdits, domicilié depuis douze ans, rue Boucher, n° 8, a pris les armes et s’est trouvé de sa personne aux différentes affaires et attaques qui ont eu lieu pendant les journées des 28 et 29 juillet dernier, notamment aux désarmements des postes de la Caisse d’amortissement, de la Banque de France, de la Bourse, et de là ensuite, dans la rue des Prouvaires et celles adjacentes, puis au Louvre. Que dans toutes ces affaires, et plus particulièrement à l’attaque du Louvre le sieur Boussuge, Guillaume, s’est fait remarquer par beaucoup de sang-froid et un grand courage, se trouvant à côté du sieur Miel (voir Miel, Edme, Marie), dentiste, commandant du détachement, dont le sieur Boussuge faisait partie au moment où cet illustre citoyen a été atteint mortellement. […] » Signé, le 1er décembre 1830 : Lambert, demeurant 6, rue Boucher ; Beuvé, Th., grenadier de la 4e ; Legroin, demeurant 1, rue Boucher ; Laveissière, demeurant 8, rue Boucher ; Henry, demeurant 1, rue Boucher ; Bigot, marchand de vins, demeurant 8, rue Boucher ; Levêque, chasseur, demeurant 16, rue Boucher ; Gauthier (voir Gautier, Jean-Louis, Marie, même rue ?), sergent, demeurant rue des Fourreurs « présent à l’affaire » ; Goussard, demeurant 3, rue de la Limace ; Mangin (voir Mangin, Barthélemy), 1er tambour, « qui a été présent à l’affaire », demeurant 15, rue Tirechappe ; Sanas, tambour des grenadiers du 3e bataillon, IVe légion ; Dornier, grenadier du 4e bataillon, demeurant 6, rue Boucher ; Peruelle, demeurant 6, rue Boucher ; Morel, lieutenant de la 1re compagnie du 4e bataillon de la IVe légion de la garde nationale ; Guérinot, demeurant 3, rue Boucher. Poirier, Adolphe, Joseph (voir ce nom) certifia que Boussuge « faisait partie de la colonne que je commandais le 28 juillet et qu’il a parcouru avec moi les divers quartiers de Paris » ; Hirne, Jean, Protais, Théodore (voir ce nom), attesta les mêmes faits « comme ayant commandé supérieurement la susdite colonne le 28 juillet ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il apostilla, le 30 novembre 1830, un certificat délivré par Hirne (voir Hirne, Jean, Protais, Théodore) en faveur de Sanas, Jean-Marie (voir ce nom) comme quoi il avait « vu le sieur Sanas battre la générale le 28 juillet », certificat que Sanas produisit au moment de faire valoir ses droits devant la Commission des Réclamants. Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin, et son brevet le 20 août 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Le 26 octobre 1849, il adressait la lettre suivante au ministère de l’Intérieur afin d’obtenir une aide ou un emploi : « La triste position dans laquelle je me trouve depuis les révolutions qui ont eu lieu me détermine à m’adresser à vous pour solliciter de votre bonté et de votre justice les moyens de sortir de la détresse où je suis plongé et qui s’aggrave chaque jour. Après avoir travaillé quarante ans de ma vie, j’avais fait quelques petites économies, avec lesquelles j’ai acheté près du Champ-de-Mars une propriété, qui maintenant est grevée d’hypothèques par les emprunts que j’ai été forcé de faire pour payer les contributions que l’on m’a imposées. Presque sans locataires depuis dix-huit mois, j’ai fait les derniers sacrifices en vendant et en engageant tout ce que je possédais et je suis à la veille d’être mis dehors de chez moi, faute de pouvoir payer ces mêmes contributions. Je pense, monsieur le ministre, qu’il est en votre pouvoir de venir à mon secours en arrêtant et diminuant les frais qu’on m’impose. J’ai d’autant plus de droit à votre sollicitude que je suis décoré de Juillet et que je n’ai jamais rien obtenu à ce titre malgré les promesses faites à ceux qui ont cet honneur. Bien que je ne sois plus jeune, monsieur le ministre, je suis encore plein de santé et de courage et j’accepterais avec reconnaissance le plus petit emploi qu’on voudrait m’accorder, afin de me tirer de la misère qui me menace si mon sort ne s’améliore pas. C’est donc en vous, monsieur le ministre, que je mets toute mon espérance et j’ose me persuader que ce ne sera pas en vain. J’ai l’honneur etc. » En mars 1850, l’administration donnait sur Boussuge les renseignements suivants : « Le sieur Boussuge, Guillaume, ouvrier menuisier, […] demeurant dans sa propriété avenue de la Bourdonnais n° 49, est favorablement représenté sous tous les rapports. La position de ce médaillé de Juillet n’est pas heureuse, attendu qu’il a à sa charge sa femme, ses enfants et ses petits-enfants et que sa propriété, qui est grevée d’hypothèques, n’est pas habitée et lui est plutôt à charge qu’utile. » Il reçut un secours de soixante francs en 1850, à titre de médaillé de Juillet. Le 15 septembre 1851, il adressait cette nouvelle demande de secours : « J’ai eu l’honneur de m’adresser à vous, au commencement de cette année, pour vous exposer ma triste position et réclamer de la générosité du gouvernement un secours accordé aux décorés de Juillet, dont je fais partie. La somme que j’ai reçue m’a servi à payer mes contributions arriérées pour lesquelles on me faisait d’énormes frais mais ma position s’est d’autant moins améliorée qu’une maladie longue et grave (dont je puis fournir les preuves) est venue augmenter mes malheurs et m’oblige à venir réclamer aujourd’hui de votre sollicitude, monsieur le ministre, sinon un nouveau secours, au moins l’avance de la somme accordée chaque année à ceux dont je fais partie. J’ose espérer que vous daignerez m’accorder ma demande, en faveur de ma malheureuse position. Croyez d’avance à ma profonde gratitude ainsi qu’au respect avec lequel j’ai l’honneur etc. » Il reçut un secours de soixante francs en mai 1851 et un secours de soixante francs en décembre 1851. Le 2 octobre 1852, l’administration renseignait de nouveau à son sujet : « Boussuge, Guillaume, menuisier, âgé de soixante-huit ans, est propriétaire d’une petite maison qu’il habite avenue de la Bourdonnais n° 49 et dans laquelle il exploite un garni, mais il n’a qu’un seul locataire et se trouve dans une position peu heureuse. Il est marié et a un fils âgé de trente-deux ans, qui ne peut lui venir en aide. Sa femme, âgée de soixante-quatre ans, ne se livre qu’au soin de son ménage. On ne recueille que de bons renseignements sur la conduite morale et politique du réclamant, qui paraît digne de la bienveillance de l’administration. » Il reçut un secours de soixante francs en 1852. Il mourut le 25 mars 1853. Il était père de Boussuge, Charles, né vers 1814, menuisier, demeurant 5, rue des Bons-Enfants en 1853. En 1854, sa veuve, Petiet, Françoise, Eléonore, âgée de soixante et onze ans, d’une mauvaise santé et dans l’impossibilité de gagner sa vie, sollicita la continuation du secours accordé jusque-là. Elle reçut un secours de cinquante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855. En 1856, ses biens avaient été vendus par autorité de justice et elle demandait un secours. Le 23 décembre 1856, la police donnait les renseignements suivants sur sa situation : « La femme Boussuge est âgée de soixante-treize ans. Elle s’est mariée en 1810, elle est veuve depuis trois ans ; son mari était établi maître menuisier et, depuis une dizaine d’années, ils étaient retirés des affaires avec une petite fortune de quarante mille francs environ, mais ils avaient un fils qui voulut s’établir dans la même profession et, par sa mauvaise conduite, il échoua. Les époux Boussuge furent forcés de payer ses dettes ainsi que beaucoup d’autres qu’il avait contractées par sa débauche et ses dissipations. Il voulut entreprendre encore plusieurs affaires, dans lesquelles il ne fit encore que des dettes, que ses parents furent encore obligés de payer, de manière que ces gens se voyaient proches de la misère. On attribue généralement la mort du sieur Boussuge au chagrin qu’il prit de la conduite de son fils. Après sa mort, son fils acheva la ruine de sa mère et, aujourd’hui, cette malheureuse n’a aucun moyen d’existence. Elle se voit même refuser de la nourriture chez son fils, par la femme de ce dernier, chez lequel elle se rend quelquefois. Il possède quelques petites maisonnettes dans l’avenue de la Bourdonnais, où la veuve Boussuge loge mais on s’attend tous les jours que les créanciers feront tout vendre afin d’être payés. La veuve Boussuge a donné son adresse chez la demoiselle Legrand, rue de Cléry n° 9, parce qu’elle craint que son fils, ne sachant qu’elle reçoit quelques secours, ne fasse son possible pour s’en emparer. La demoiselle Legrand est l’amie intime de la veuve ; elle possède une petite aisance et lui vient en aide. La veuve Boussuge a toutes les sympathies des personnes qui la connaissent et jouit d’une excellente réputation. » Elle reçut un secours de quarante francs en 1856, un secours de quarante francs en 1857, un secours de quarante francs en 1858. En 1859, sans aucune ressource, elle sollicitait un secours, précisant qu’elle était la sœur de Petiet, Maurice, né aux Carrières-Saint-Denis, piqueur attaché au duc de Frioul, mort en 1809 au service de l’Empereur. Elle reçut un secours de quarante francs et un autre de soixante francs en 1859, un secours de quarante francs et un autre de soixante francs en 1860, un secours de quarante francs en 1861, un secours de quarante francs en 1862, un secours de quarante francs en 1863 un secours de quarante francs en 1864. En 1865, la préfecture de police transmettait au ministre de l’Intérieur les renseignements suivants sur le compte de la veuve Boussuge : « La pétitionnaire, âgée de quatre-vingts ans, est restée veuve depuis l’année 1854 du sieur Boussuge, maître menuisier, médaillé de juillet 1830, qui a laissé son établissement à son fils, à la condition que ce dernier servirait à sa mère une pension viagère de huit cents francs, qui constitue son unique ressource. On rend bon témoignage de la conduite et de la moralité de Mme Boussuge, dont la position paraît digne d’intérêt. » Elle reçut un secours de quarante francs en 1865, un secours de quarante francs en 1866, un secours de quarante francs en janvier 1867, année de son décès. Boussuge demeurait 8, rue Boucher en 1818-1831 ; 49, avenue de la Bourdonnais en 1849-1852 ; sa veuve, 9, rue de Cléry, chez Mlle Legrand, en 1856 ; 43, avenue de la Bourdonnais en 1857 ; 151, rue de Grenelle en 1858-1867. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/15/3782 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Sanas, Jean-Marie.

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