Boyard, Aimé, Félix
Biographie
Officier en réforme, chevalier de la Légion d’honneur. On trouve dans le dossier de Bayeul, François, Casimir in Archives de Paris VK3 41, un texte qui signalait sa conduite pendant les trois jours et ainsi rédigé : « A la commission chargée de recueillir les faits les plus notables des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830.
»Parmi les citoyens du (ancien) XIe arrondissement de Paris, nous citerons avec éloges MM. Corbiot, ex-contrôleur dans les subsistances militaires, Gechter, avocat, Bayeul, ancien capitaine, chevalier de la Légion d’honneur, Godard, ancien officier du génie, Boyard, Aimé, Félix, ex-officier en réforme, chevalier de la Légion d’honneur, qui, les premiers, après avoir combattu les 27, 28 et 29 juillet se sont emparé le 29 rue Saint-Honoré des maisons occupées par les Suisses et le 3e régiment de l’ex-garde royale.
»Le 29 juillet, dès le matin, ces mêmes chefs sommèrent M. Doigk (illisible), chef de bataillon, commandant au Luxembourg, de leur remettre à l’instant même les fusils de son bataillon ; à quoi, il répondit les avoir livrés au peuple la veille. Sachant le contraire, ils firent enfoncer les portes du Luxembourg et l’on trouva ce qu’on désirait : une grande quantité d’armes à feu, des gibernes et des sabres, ce qui leur servit à marcher aussitôt sur le Louvre, ayant avec eux un élève de l’Ecole polytechnique (effectivement in Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants à la mention Poyen, Charles, Marie, Eugène, élève de l’Ecole polytechnique, j’ai que ce dernier était entré au Louvre, le 29 juillet, en uniforme avec Gavaret (voir Gavaret, Louis, Dominique, Jules) et Boyard).
»Le lendemain 30, aidés de quelques habitants de la commune de Vaugirard, ils ont amené à l’état-major établi chez M. Laffitte une pièce d’artillerie de gros calibre prise à l’ennemi et qui depuis a été braquée sur la place Vendôme. Le même jour ces citoyens placés en éclaireurs près la barrière de l’Etoile, après avoir fait plusieurs prisonniers de la garde royale, ont eu le bonheur de sauver la vie à M. Hygonnet aide de camp du général Pajol, porteur d’ordonnance de la plus haute importance.
»Dans la soirée, ces citoyens infatigables ont encore conduit chez M. Laffitte huit soldats qu’ils avaient faits prisonniers dans les plaines de Montrouge.
»Aussitôt qu’ils ont connu l’ordre de marcher sur Rambouillet, tous cinq sont parvenus à rallier autour du drapeau placé à la grille du passage du Commerce soixante-quinze de leurs camarades, les couleurs nationales à leur tête ; ils ont d’abord dirigé leur compagnie sur Versailles, où, disait-on, il devait leur être délivré des armes.
»Leur attente d’abord a été trompée mais, ayant appris de l’habitant que le 1er régiment des grenadiers à cheval de la garde était cantonné dans la ville et était encore armé et équipé en guerre, ayant alors avec eux un élève de l’Ecole polytechnique dont ils ignorèrent le nom mais qui a porté dans son chapeau le numéro 58, ils ont prévenu le général commandant le département de Seine-et-Oise de cette circonstance qui, appréciant la sagesse de leurs observations, les a autorisés à désarmer ce régiment.
»C’est encore à leur zèle que l’on doit la préservation du pillage de la grille et du château de Versailles, auquel voulaient se livrer des individus que la nuit semblait favoriser.
»Avant 2 heures du matin, à la tête d’une compagnie qui comptait plus de deux cents hommes ayant fait corps avec un détachement du (ancien) VIe arrondissement IIe et IIIe légion, que commandait M. Boyard, tous armés par eux, ils étaient sous les murs de Rambouillet lorsque le général Exelmans ordonna une contremarche. Ils ont de suite et en bon ordre ramené leur compagnie à Paris, porteurs toujours de leur drapeau, qu’ils ont replacé sous la garde de leurs concitoyens avec cette inscription XIe légion, à Rambouillet les 3 et 4 août 1830 » Signé Bayeul, 29, rue de l’Ecole à Vaugirard ; Corbiot, 10, rue de l’Observance ; Godard, 6, rue Bleue ; Boyard, 31, rue du Cherche-Midi ; Gechter, 4, rue Clément. Boyard reçut un secours de vingt francs, le 5 novembre 1830, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut une indemnité définitive de cent vingt francs. Il reçut, à ce titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il demeurait 31, rue du Cherche-Midi en 1830 (mais une fois sur deux 13, rue de la Huchette in Archives nationales F/1dIII/37, sans doute par confusion avec le précédent sur la liste, Bourdon ; et l’autre fois bien 31, rue du Cherche-Midi). Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 86 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, un gros cahier vert de récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Bayeul, François, Casimir ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe. Son nom ne semble pas être dans la base leonore de la Légion d’honneur.