Boyaud, Louis
Biographie
Né le 16 novembre 1803 à Sigy-le-Châtel (Saône-et-Loire) (le 15 juillet 1800 à Ligny dans la Saône [pas de département de la Saône, Lugny ou Ligny-en-Brionnais ?] sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3, in VD6 633 n° 1 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; bien né en 1803 à Sigy-le-Châtel dans la lettre qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 374), fils de Jacques Boyaud, ex-sous-lieutenant au 18e de ligne, chevalier de la Légion d’honneur, retraité sous le Consulat par suite de ses blessures, et de Louise Greuzard, fille de Jean-Baptiste Greuzard, ex-chirurgien major des gardes du corps et des bâtiments de Louis XVI. Journaliste et par erreur parfois journalier. Nommé sous-lieutenant, sur proposition de la Commission des récompenses nationales, il sollicita, en 1831, la décoration de Juillet. Il rappelait ainsi sa participation aux journées de juillet 1830 : « Le 26 juillet 1830, lorsque le peuple encore frappé de stupeur, ne paraissait point décidé à résister aux ordonnances, l’exposant se rendit auprès des rédacteurs du journal le Pour et le Contre, rue Saint-Pierre-Montmartre, n° 17, et proposa de réunir tous les jeunes collaborateurs des feuilles constitutionnelles de leur conseiller de s’armer, de faire armer leurs amis puis, lorsque l’organisation serait achevée, d’opérer un mouvement qu’il espérait voir suivi par le peuple. Ce plan fut rejeté comme trop hasardeux. Le sieur Antoni, demeurant rue Saint-Dominique-d’Enfer, n° 20 ou 21, doit se rappeler cette proposition. Le soir du même jour, après s’être concerté avec plusieurs jeunes gens (entre autres Jean, Antoine Demôle [voir Demole, Jean, Antoine], étudiant en Droit demeurant quai des Ormes, Hôtel de Mâcon, n° 46, et Denompère Champagny [voir (voir Denompère Champigny ou Denoupère Champagny], garde du corps en senestre demeurant aux Batignolles), l’exposant était décidé à partir pour la Bourgogne, où un plan de résistance aurait occasionné une diversion dont Paris aurait profité. Mais l’agitation qui eut lieu dans la soirée, les événements du lendemain et des jours suivants l’empêchèrent de s’éloigner. Après avoir assisté un instant à la délibération tenue au bureau du National, il se rendit au Palais-Royal, d’où il se porta avec la foule au boulevard des Capucines. Rien d’important ne fut accompli ce jour-là. Le lendemain, 27, à 1 heure de l’après-midi environ, il était sur la place du Palais-Royal au moment où la cour et le jardin furent évacués. Sans armes alors, il se défendit avec des pierres. De concert avec un nommé Gauthier (voir ce nom), demeurant Grande-Rue à La Villette, n° 23, il décida un grand nombre de spectateurs à une résistance plus ferme et dans une charge faite par la gendarmerie dans la rue Saint-Honoré, il reçut un coup de sabre qui abattit son chapeau. Le sieur Gauthier, le sieur Demôle et le sieur Dupuy, limonadier rue Montmartre, peuvent attester ce fait. Le même jour, sur les 5 heures, se trouvant de nouveau dans la rue Saint-Honoré avec les sieurs Demôle et Denompère, il se jeta au-devant d’un peloton du 3e de la garde, dont il essuya le feu, à une distance d’environ trente pas, et parvint jusqu’à l’officier qui le dirigeait. Trois victimes, une femme et deux enfants, étaient tombés frappés mortellement, et, dans la chaleur de l’indignation, l’exposant adressa au chef du peloton des reproches qui auraient motivé son arrestation (l’on sait qu’une arrestation dans ces circonstances était un arrêt de mort), si la loyauté de l’officier n’eût résisté aux conseils de plusieurs de ses collègues. Il protégea la retraite de l’exposant, l’engagea même à s’enquérir de la position des familles des victimes, et promit lorsque les événements serraient terminés de leur envoyer des secours si elles en avaient besoin. Cet officier s’appelait de la Blanchaie ou de la Blanchelaye et sans doute il pourrait attester ce récit. Les sieurs Demôle et Denompère ont vu l’exposant se jeter au milieu du feu, ils crurent si bien qu’il lui avait été impossible d’échapper aux décharges dirigées contre lui qu’ils allèrent annoncer sa mort à son domicile, rue des Quatre-Vents, n° 1. Le soir, un magasin de passementerie dans lequel on croyait trouver des armes fut assailli par la foule, qui voulait faire abattre une enseigne aux armes de la maison d’Orléans. L’exposant parvint à calmer la multitude et la propriétaire de ce magasin, situé rue Saint-Honoré entre la rue du Coq et une petite rue qui aboutit à la place de la colonnade du Louvre, doit se rappeler une intervention qui lui fit obtenir jusqu’au lendemain pour enlever son enseigne. Le 28 à 11 heures environ, l’exposant se rendit à la mairie des Petits-Pères et marcha au quartier des Prouvaires ou le 15e engagea contre la garde nationale un feu meurtrier que tout le monde ne soutint pas avec courage. Il combattit au marché des Innocents et dans la rue Saint-Honoré contre la garde royale. Contraint de chercher un asile momentané rue du Four n° 4, 6 ou 8, il se vit forcé pour l’obtenir de menacer le portier de la maison. Un garde national blessé se trouvait à l’entresol. Un instant après, refoulé de nouveau dans la même rue par la garde, il se retira au n° 14, où il put faire panser sa main droite, brûlée par le feu d’un mauvais fusil. Ce fut une dame, épouse d’un ancien militaire décoré, demeurant au rez-de-chaussée de la maison, qui lui bassina la main avec de l’huile. Le portier de la maison n° 14 et les personnes qui habitaient le rez-de-chaussée peuvent attester la troisième partie de ce récit. Les habitants de la maison n° 4, 6 ou 8 peuvent attester la seconde et, pour la première, le nom de l’exposant doit se trouver inscrit à la date du 28 sur des registres de garde nationale provisoire dressés à la mairie des Petits-Pères. Plus tard, il combattit dans la rue Saint-Claude, entre la rue Bourbon-Villeneuve et la rue de Cléry. Deux jeunes gens qui s’y étaient rendus avec lui y périrent. De là, il marcha rue Saint-Denis où il eut à soutenir le feu de la garde royale. Pendant la nuit, il contribua au service et à la construction des barricades. Le lendemain 29, il fit partie de la garde nationale qui, organisée sur la place de Grève, se rendit au manège d’équitation, rue Cadet où le général Delaborde (voir Delaborde, Alexandre, Louis, Joseph) prit le commandement. Le colonel Bro (voir Bro, Louis), alors capitaine ou chef de bataillon, peut se rappeler un jeune homme qu’il envoya chez M. Laffitte demander les ordres du général qui s’y trouvait et que plus tard il détacha en avant-garde pour prendre ceux du général Lafayette qui passait dans la rue Montmartre pour aller à l’hôtel de ville. L’exposant assista ensuite au combat qui eut lieu près du Théâtre-Français. Il fut témoin de la bravoure d’un homme du peuple qui s’empara d’un canon au coin de la rue du Richelieu. Il participa à la destruction des gardes royaux retranchés dans une maison qui fait face à cette rue et marcha enfin aux Tuileries. Mais les citoyens commençaient à pénétrer dans le palais lorsqu’il y arriva et, ne pouvant aider sur ce point à la défaite des satellites du pouvoir absolu, il fit du moins tous ses efforts pour empêcher le désordre. Il a la satisfaction d’avoir contribué, avec un garde national dont il ignore le nom, à la conservation des vases sacrés de la chapelle de Charles X. Ces vases, qu’un élève de l’Ecole polytechnique avait fait placer sous les machines du théâtre, avaient été découverts et pouvaient être enlevés. Ils furent retirés du lieu où ils étaient placés, dans une couverture de laine, et portés à la Bourse, où un inventaire que l’exposant ne fut point appelé à signer fut dressé. On y remarquait une fort belle cuvette en vermeil. […] Depuis la révolution de Juillet, il n’est entré dans aucune association politique et lorsque la Chambre des députés après la victoire délibérait sur la déchéance du Charles X et de sa famille, il fut chargé par M. Thiers d’aller à l’hôtel de ville s’informer auprès de M. de Schonen ou de M. Mauguin de la disposition des esprits dans le sein de la commission municipale. M. Maugin auquel il s’adressa et M. Thiers peuvent confirmer cette assertion de leur témoignage. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Boyé fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il signa un certificat en faveur de Meisner, Edouard, Pornay, Hippolyte, François, et Menten, Jean-Pierre, comme quoi ces trois gardes nationaux s’étaient « comportés avec le plus grand courage et une intrépidité remarquable dans les journées de Juillet. […] Le 27, au rassemblement devant l’hôtel Polignac, au ministère des Relations extérieures, invités à se retirer, ils persistèrent à ne pas abandonner leurs braves concitoyens et restèrent constamment pour suivre le mouvement populaire. Le 28, près de la porte Saint-Denis, l’affaire devenant très chaude, les anciens militaires reconnurent le brave général baron de Lacroix parmi la foule et se réunirent à lui. Il les forma sur-le-champ en division sous ses ordres, et exécuta des feux de section avec une telle précision et d’un tel effet qu’après avoir mis hors de combat le lieutenant-colonel du 3e régiment de la garde royale et beaucoup de ses soldats, la garde, serrée de trop près, fit un mouvement rétrograde. Pendant les trois mémorables journées, les trois dénommés ci-dessus n’ont cessé de combattre aux Tuileries et au Louvre ; dans les attaques, ils se réunirent de nouveau sans le général de Lacroix et contribuèrent vigoureusement au succès qui couronna le courage de nos braves jeunes gens. Leur zèle à travailler aux barricades mérite aussi les plus grands éloges et c’est avec plaisir que nous les recommandons à la reconnaissance nationale. » Il signa, le 15 août 1830, le certificat suivant en faveur de Lacroix de, baron de Buegard : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale de Paris et autres, certifions et attestons que dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, M. le lieutenant général de Lacroix baron de Boegard a bien mérité de la patrie et c’est avec plaisir que nous citons la conduite héroïque de ce vétéran de l’ancienne armée impériale, déjà connu sous le nom de l’intrépide de Lacroix, que lui donna Napoléon. Dans les mémorables journées de Juillet, il donna l’exemple du courage qui brave la mort et sait vaincre. On le vit partout où était le danger, où le conseil était nécessaire et dirigeait (avec cette supériorité de jugement que donne une longue expérience) la valeur des défenseurs de nos libertés. Il nous dit qu’il n’y avait plus à marchander, qu’il fallait vaincre ou mourir. Le 27, au rassemblement devant l’hôtel Polignac aux Relations extérieures, l’officier de gendarmerie de service au ministère et un officier du 3e régiment de la garde royale l’ayant reconnu lui dirent : “Général, nous vous invitons à vous retirer ; vous êtes exposé à être arrêté comme chef de ces factieux.” Il leur répondit : “Si je joue aujourd’hui ma tête, j’en fais volontiers le sacrifice. Je suis assez vieux pour n’avoir plus qu’à vaincre pour la charte ou mourir pour ma patrie.” Le 28 juillet, près de la porte Saint-Denis, l’affaire devenait chaude. Parmi la foule des braves, se trouvèrent grand nombre d’anciens soldats dont il avait été le colonel. Ayant été reconnu par eux, ils se formèrent sur-le-champ, en division. Sous ses ordres, ils exécutèrent des feux de section avec une telle précision et d’un tel effet qu’après avoir mis hors de combat le colonel du 3e régiment de la garde royale et beaucoup de ses soldats la garde fit un mouvement rétrograde. Serré de trop près, le brave général de Lacroix fut blessé sur le Pont-Neuf d’un coup de lance. Le lancier fut abattu d’un coup de pistolet. Il ne cessa cependant de continuer à combattre à la tête des braves qui s’étaient replacés sous ses ordres. Il se trouva successivement aux attaques des Tuileries et du Louvre. Le soir, lorsque le feu cessait, il engageait à travailler aux barricades et abattis pour être prêts à une vigoureuse résistance. Le lendemain, il passait la nuit à la Bourse pour être averti en cas d’attaque […]. » Le 11 mai 1831, ayant lu, écrivait-il, dans le Moniteur les noms de personnes décorées et qui n’avaient pas autant de titres que lui, il adressait la lettre suivante à la Société des réclamants, sise rue Bourg-Labbé, afin d’obtenir la décoration « que tant d’autres ont obtenue ». Cette lettre reprenait les faits déjà cités plus haut et il écrivait approuver d’avance toutes les démarches que la Société jugerait à propos d’avancer. Cette lettre était ainsi rédigée : « Le sieur Boyaud, Louis, […] ex-rédacteur de la Révolution et de la Tribune, a eu l’honneur d’adresser à messieurs les membres de la Commission des récompenses nationales une demande afin d’obtenir la décoration spéciale accordée aux patriotes de Juillet, ainsi que le grade de sous-lieutenant dans l’armée. Pour justifier ses prétentions, il a exposé que le lundi lorsque les premiers symptômes de résistance se manifestèrent au Palais-Royal il fut un des premiers à diriger le mouvement, qu’il le conduisit au boulevard des Capucines, où les fenêtres du ministre des Affaires étrangères furent brisées à coups de pierres. De là, il se rendit sur les 11 heures du soir au bureau du National, où il passa la nuit et en sortit au point du jour pour distribuer différents exemplaires du journal, chose que ne pouvaient faire les porteurs ordinaires, que la police eût pu arrêter. Le mardi à midi environ, il se trouvait sur la place du Palais-Royal quand les premières charges de la gendarmerie eurent lieu. Il reconnut dans la foule un négociant de La Villette, nommé Gauthier et résolut de rendre plus active la résistance opposée par le peuple. Il y parvint en haranguant les spectateurs et en les persuadant que la gendarmerie fuirait si on osait l’attendre. De nouvelles charges furent faites et dans l’une le réclamant reçut un coup de sabre, qui abattit son chapeau ; mais dès lors on ne se retirait plus devant les gendarmes et à chaque tentative nouvelle qu’ils firent les patriotes les repoussèrent en désordre sur la place (voir pour ce fait le nommé Gauthier (voir ce nom), rue de La Villette n° 23). Les empoigneurs de M. Foucaud, intimidés de l’audace du peuple, qui n’avait encore d’autres armes que des pierres, se ralentirent et le soussigné se retira dans un café situé rue Montmartre, chez le sieur Dupuis. Il y rencontra les nommés Demole (voir Demole, Jean, Antoine), demeurant quai des Ormes, hôtel de Mâcon n° 46, Denompère (voir Denompère Champigny ou Denoupère Champagny ou Nompère de Champagny), garde du corps, demeurant aux Batignolles, Giverdey, commis négociant et Barbin, élève en médecine. Après avoir dîné avec les susnommés, il demanda un fusil à M. Simonet, avoué rue des Vieux-Augustins n° 61 mais il ne put l’obtenir et, suivi toujours des sieurs Demole, Denompère et Giverdey il se rendit à la rue Saint-Honoré, où le bruit de la fusillade se faisait entendre. Ayant aperçu les cadavres d’une femme et de deux enfants, il voulut tenter de parler au capitaine de la compagnie de garde royale qui descendait la rue Saint-Honoré. Arrivé à environ trente pas du détachement, il fut abandonné de ses compagnons, qui, l’ayant vu essuyer le feu de tout un peloton à une aussi faible distance, prirent bravement le parti d’annoncer et de pleurer sa mort. Aucune balle cependant ne l’avait atteint. Il s’adressa au capitaine de la compagnie, auquel il se plaît à rendre un honorable témoignage. Plusieurs officiers voulaient qu’il fût arrêté ; mais le capitaine protégea sa retraite et lui dit même ces paroles : Je m’appelle de la Blanchetaie, je suis un vieux soldat et je dois obéir ; mais prenez des renseignements sur les personnes qui ont été victimes ; si leurs familles sont malheureuses après les troubles je m’empresserai de les secourir. Dans la soirée, il travailla aux barricades et empêcha différentes scènes de désordre contre des armuriers qu’on voulait maltraiter. Le lendemain, armé de pistolets, il parcourut le quai de la Ferraille, la cour du Carrousel, la place de la Concorde, la rue de Richelieu, la rue de la Paix, le boulevard des Italiens pour reconnaître la position des troupes et il se réunit aux quatre premiers gardes nationaux qui parurent, les armes à la main ; il les rencontra près du théâtre des Italiens, d’où on alla à la mairie des Petits-Pères et de là rue des Prouvaires, ou par un malentendu, une lutte assez sérieuse s’engagea contre le 15e. Il est peut-être à la halle aux draps quelques personnes qui se rappelleront avoir vu un jeune homme armé de pistolets se jeter au-devant de gardes nationaux qui fuyaient et les ramener de force au combat. Le 15e battit en retraite, en abandonnant ses morts, et le soussigné se rappelle avoir vu à un quatrième un citoyen en uniforme, atteint d’une balle au front et dont le sang ruisselait dans la rue. Après la retraite du 15e, la lutte s’engagea contre la garde royale. Le soussigné avait alors un fusil et demeuré presque seul il fut obligé de se réfugier un instant rue du Four-Saint-Honoré n° 6 ou 8 ou 4, dans une maison où était un citoyen blessé (dans cette maison quelqu’un se rappellera sans doute un jeune homme qui ne parvint à s’y réfugier qu’en menaçant le portier de le tuer et que pour ce fait on regarda comme un brigand. Le brigand était le sieur Boyaud). Un instant après, il sortit et après avoir lutté de nouveau contre la garde, il rentra rue du Four-Saint-Honoré n° 14, chez un ancien officier, décoré, dont la femme lui pansa la main droite brûlée par le feu. L’officier et sa femme doit avoir quitté la maison mais le portier peut indiquer leur demeure et au besoin rendre témoignage du fait avancé. Plus tard, le soussigné se rendit aux bureaux de la Révolution et de la Tribune, en sortit avec un jeune homme d’environ quinze ans, se rendit rue Saint-Claude, où le jeune homme fut tué au coin de la rue Bourbon-Villeneuve et de la rue Saint-Denis, où il contribua à la retraite de la garde royale (voir la rédaction de la Révolution, de la Tribune et les habitants du coin de la rue Saint-Claude et de la rue Bourbon-Villeneuve. Le jeudi matin, accompagné de M. Plagniol (voir Plaignol, Eugène), il se rendit à l’Hôtel de ville, où l’on disait que devait arriver le général Lafayette et de là il marcha avec les habitants du faubourg Saint-Antoine à la rue Cadet où le général (?) Delaborde (voir Delaborde, Alexandre, Louis, Joseph) devait prendre la direction du mouvement. M. Bro (voir Bro, Louis), capitaine, aujourd’hui colonel, se rappellera peut-être un jeune homme qu’il envoya en avant pour connaître les ordres du général Lafayette et qui vint lui indiquer de la part de l’illustre général le rendez-vous à l’Hôtel de ville, avis qui ne fut ni ne devait être écouté. On marcha au Théâtre-Français, où le canon se faisait entendre et le soussigné peut se flatter d’avoir contribué à la reddition des gardes royaux qui occupaient le coin de la rue (je crois) de Rohan, où ils s’étaient emparés d’une maison. Après la pacification de ce quartier, le soussigné combattit aux Tuileries, y entra un des premiers, réprima le désordre autant qu’il était en lui et enfin escorta les vases de la chapelle royale jusqu’à la Bourse. Ne pouvant citer aucun témoin, il prend le parti de donner des détails. Les vases avaient été cachés sous le théâtre, ils en furent tirés, enveloppés dans une couverture de laine et portés à la Bourse par un homme qui paraissant être de la classe ouvrière. Parmi ces vases, était une cuvette en vermeil et deux flambeaux d’une grande beauté. On les déposa près de l’enceinte où se tiennent les crieurs d’effets publics à la Bourse et ils furent reçus par des officiers supérieurs, au nombre desquels étaient le colonel Pailhès (voir Pailhès baron, Antoine) et le général Dufour (voir ce nom). Le long récit du soussigné est donné par lui afin de mettre les membres de la Commission dans la possibilité de lui rendre justice. » Boyaud s’était marié le 26 septembre 1827. Il demeurait 1, rue des Quatre-Vents en juillet 1830-1831 ; 29, rue Bourgneuf à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) en 1831 ; 24, rue Panecau en mai 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, convocations des décorés à la mairie (sous le nom de Bayaud, Louis), idem Etat des citoyens décorés de la médaille de Juillet, absents de Paris ou non trouvés au domicile indiqué, auxquels n’ont pu parvenir les lettres d’avis qui leur ont été adressées pour les inviter à retirer leurs médailles, idem liste des décorés de la médaille, qui ne l’ont pas encore retirée ; Archives de Paris VD6 92 in dossier in dossier Meisner, Edouard ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Lacroix de, baron de Buegard ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/46 ; Archives de la préfecture de police AA 374.