Boyer, Mathurin dit Boyer fils
Biographie
Ses droits furent examinés par la Commission des récompenses nationales de la préfecture de Nantes. Le 28 novembre 1831, il adressa la lettre suivante au maire de Nantes : « Pardon si je vous importune. Comme il vient de paraître sur notre journal un article qui donne droit de réclamation pour les journées de Juillet jusqu’au 10 décembre, étant au nombre des réclamants dont je vous l’ai fait connaître par une lettre en date du 29 juillet 1831 à laquelle vous me fîtes l’honneur de répondre qui m’apprit que vos recherches ont été infructueuses. Cela ne me surprend point, n’ayant point été à Nantes depuis l’âge de 14 ans qui est en 1814 jusqu’au 28 juillet 1830, vu mon entrée au service en 1815 à la rentrée de Napoléon je ne puis être connu que par quelques marchands avec qui mon père fait des affaires, dont je vous citerai Mme Olivier, les demoiselles Pichon marchandes rue Poissonnerie, ainsi que M. Viaud marchand rue Bon-Secours chez qui j’ai déposé un sac de de sous pour me joindre à l’attroupement dont ma lettre vous a informé de la marche que nous avions faite dans le courant de la journée du 30 juillet 1830. Je ne puis vous donner d’autres convictions que les secours que j’ai donnés à un citoyen blessé sur les marches de Saint-Pierre sans craindre le feu du 10e léger. Nous fûmes contraints de nous retirer en désordre lorsque illisible deux dames en pleurs, me voyant armé, me firent demander si je connaissais les personnes mortes sur le champ de bataille. A ma réponse que je ne connaissais personne, elles furent dans l’endroit où l’engagement avait eu lieu. Monsieur croyez bien que tout ce que je vous marque est réel et que sans mon éloignement de Nantes et mon absence d’Angers qui m’a laissé dans l’ignorance de la bonté du gouvernement, je me serais présenté devant la commission, sans craindre que personne ne me dispute l’honneur aussi bien mérité comme mes compatriotes, malgré que je ne m’attendais à aucune récompense pour avoir tiré un coup de fusil. Je me trouvais fort bien récompensé de revoir les couleurs que j’ai servies et d’avoir contribué à les replacer. Croyez bien, monsieur, que ce n’est point l’intérêt qui me fait réclamer. Ce n’est qu’en voyant mes compatriotes récompensés, avec qui j’ai partagé la même bravoure que mon désir serait d’avoir le même partage d’honneurs, sans craindre le reproche de ne pas l’avoir mérité comme eux. J’ai l’honneur, etc. P.S. J’étais chez la demoiselle Chon, au moment où l’on aperçut l’attroupement venir de la Bourse et je fus porter mon sac d’argent chez M. Viaud, pour me joindre à eux, où nous fûmes à la prison et je n’ai point quitté que le soir lorsque l’aide de camp du général Despinois est venu à la Bourse après le coup de feu annoncer que nos citoyens détenus allaient être rendus. » Il reçut la médaille de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 17 juillet 1832. Il était caporal de la 3e compagnie du 3e bataillon de la garde nationale d’Anges en 1831. Il demeurait rue Petite-Fontaine à Angers en 1831. Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances n° 26, 2e section, ordonnance n° 1137 du 17 juillet 1832, Paris, Imprimerie royale, mars 1833, p. 2, ordonnance du roi qui décerne la Croix de Juillet à quarante-deux citoyens et la médaille de Juillet à cinquante-huit citoyens ; Archives nationales F/1dIII/80, dossier Loire-Inférieure et Etat des citoyens auxquels la médaille de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 17 juillet 1832 ; Archives nationales F/1dIII/80, dossier Loire-Inférieure.