Brandebourg, François
Biographie
Né vers 1804 à Villers-la-Chèvre (Meurthe-et-Moselle). Garçon marchand de draps (mais par erreur marchand fruitier dans son dossier de la Société des Réclamants in Archives de la préfecture de police AA 375). Il était porteur du certificat suivant : « Attestation pour M. Brandebourg. Dans la journée du 28 juillet 1830, François Brandebourg, âgé de 25 ans, natif de Wuillers-Lachevre, département de la Moselle, garçon de confiance de M. Pinel, négociant en draperies, rue Béthizi, n° 11. Tandis que son maître était avec son frère Eugène, médecin (voir sans doute Pinel, Marie, Eugène demeurant 25, rue Montorgueil en 1833 in VD6 11 ?), dans les rangs des braves défenseurs de nos libertés, brûlant aussi de combattre, mais n’ayant pas d’armes, il se précipita sur les tirailleurs du 15e léger, qui parcourait la rue de la Monnaie, renversa l’un d’eux, s’empara de son fusil, franchit deux barricades, et revint saint et sauf au milieu de nous. Après cette expédition périlleuse, ainsi armé, il s’embusqua, et fit mordre la poussière à sept de nos ennemis. Le lendemain 29, M. Pinel, avant de partir pour la prise du Louvre et du Palais-Royal, confia ses magasins à Brandebourg ; ce dernier disposa de l’arme qu’il avait conquise la veille en faveur d’un ami qui en manquait ; mais bientôt après Brandebourg, échauffé par la fusillade du Louvre, oublie sa consigne, sort une seconde fois, arrive jusqu’au Carrousel, au milieu du feu de la mousqueterie, désarme encore un de nos ennemis, et assiste en vainqueur à la prise des Tuileries. Les soussignés, tous témoins oculaires de ces actes de courage, se font un devoir de les signaler à la reconnaissance nationale. Paris le 4 août 1830. Signé : Doineau, capitaine en disponibilité, officier de l’ancienne armée, demeurant 11, rue de Bétizy ; Lemarchand, agent d’affaires, électeur, demeurant 11, rue de Bétizy ; Lesage, marchand de drap, demeurant 9, rue de Bétizy ; Lecomte, épicier, demeurant 9, rue de Bétizy ; Fronquier ou Tronquier, vitrier-peintre, demeurant 11, rue de Bétizy ; Locque, marchand de vin, électeur, demeurant 21, rue de Bétizy ; Yver, négociant, demeurant 10, rue de Bétizy ; Cauchelier, épicier, demeurant 13, rue de Bétizy ; Girard, négociant, demeurant 10, rue de Bétizy ; Will, tailleur, demeurant 10, rue de Bétizy ; Drin, limonadier, demeurant 10, rue de Bétizy ; Lepage, coiffeur, demeurant 21, rue de Bétizy. » Le P.S. suivant était écrit sur ce certificat (les deux Pinel ne sont a priori pas dans ce dico…) : « Le 29 juillet aux Tuileries, MM. Pinel ont sauvé deux tableaux de piété d’un grand prix, qui allaient être foulés aux pieds, au moment de l’effervescence, ils ont été déposés chez M. le commissaire de police de leur quartier. » Brandebourg fut contusionné au Louvre par une balle morte. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin 1831. Il déposa un dossier à la Société des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement), afin de solliciter la Croix de Juillet en remplacement de sa médaille. Dans un certificat délivré en faveur de Pinel, Paul, son patron, on trouve des indications concernant Brandebourg ; ce certificat était ainsi rédigé pour les passages concernant Brandebourg : « […] [Le 28] Dès les 4 heures du matin, ne sachant quel serait le résultat de la journée, il fit installer des barricades dans les rues de Béthisy et B... partie du manuscrit brûlée (sans doute Bourdonnais), secondé merveilleusement par le brave Brandebourg, son homme de confiance, qui procura par ses ordres les outils nécessaires au dépavage. […] [Le 29 après la victoire] Venant de prendre quelque nourriture chez lui, où il ne rencontra pas le brave Brandebourg, qui, n’ayant pu rester étranger à la gloire des Parisiens pour la conquête du Louvre et des Tuileries, avait levé la consigne que lui avait donné son maître pour la garde de son magasin […]. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était le soutien de sa mère et de ses trois sœurs. Il demeurait 11, rue Béthisy en 1830-1831 (mais 22, rue Sainte-Anne dans son dossier de la Société des Réclamants in Archives de la préfecture de police AA 375). Les Barricades immortelles du peuple de Paris, relation historique, militaire, anecdotique des journées des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 et du voyage de Charles X jusqu’à son embarquement, par P. C., Paris, Leroi, 1830, p. 323-325 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 375 ; Archives de la préfecture de police AA 408 in dossier Pinel, Paul.