Brandon, Léon
Biographie
Né le 12 janvier 1790 (mais le 10 janvier 1792 dans son acte de mariage in Archives nationales F/15/3782 et aussi in Archives de la préfecture de police AA 375) à Lapalisse (Allier), fils de Brandon, Gilbert lui-même décédé le 13 ventôse an XI à Lapalisse, et de Jolivet, Françoise, sa femme, décédée le 2 février 1823 à Bercy. Ancien sous-officier de la garde impériale, ayant servi huit années et fait les campagnes d’Espagne, d’Allemagne et de Russie. Cordonnier. Il épousa, le 10 mars 1823 à Passy (future commune de Paris), Danet, Marie-Madeleine, blanchisseuse, née le 23 messidor an XII (12 juillet 1804), fille de Danet, Joseph, Marie, décédé le 24 mars 1814 à Passy, et de Avard, Marie-Jeanne, son épouse. Il fut blessé à la jambe. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il prêta, le 25 mai 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut, comme décoré, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Le 14 juillet 1831, la mairie lui fournit, à titre de blessé décoré, un habillement (soit une redingote de drap bleu, un gilet de casimir noir, un pantalon avec ses guêtres de coutil russe, un chapeau et des souliers). Il était inscrit, en 1833 à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet, pour une gratification de vingt-cinq francs à titre de décoré de Juillet, somme qu’il ne semble pas avoir touché puisque sa signature n’apparaît pas sur la liste d’émargement tenue par la préfecture de police. Il reçut, en juillet 1834 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de six francs, à titre de décoré de Juillet. En 1837, ne pouvant plus, depuis un an, servir dans la garde nationale, du fait de ses blessures, il sollicita de participer aux secours distribués à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, « comme ayant marché à toutes les émeutes », et espérant qu’on prendrait en compte le « dévouement qu’il a apporté pour la défense du trône et le maintien du bon ordre ». A cette occasion, la préfecture de police donna comme renseignement sur son compte : « […] Il est veuf et il a trois enfants à sa charge. Il exerce la profession de fabricant de chaussons. Le faible produit de son travail est sa seule ressource. Sa position est malheureuse. Il jouit d’une bonne réputation. » Il reçut un secours de quarante francs en 1838, un secours de vingt-cinq francs en 1840. En 1848, il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février et, « depuis longtemps sans ouvrage, ayant épuisé toutes mes faibles ressources » écrivait-il, demanda un secours et une récompense comme combattant de Février. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions avoir vu le citoyen Brandon, dans les journées des 23 et 24 février, armé d’un fusil et défendant les barricades des rues Saint-Germain-l’Auxerrois, de l’Arche-Pepin, de la Monnaie et des rues de l’Arbre-Sec et du Roule. Nous attestons en outre l’avoir vu également à la prise du Palais-Royal, essuyant le feu de la troupe. » Signé, le 1er avril 1848 : Auzias (voir Auzias, Simon ?), pour avoir été avec lui ; Berceaux, cordonnier, demeurant rue de l’Arche-Pepin, qui ajoutait certifier que Brandon était près de lui « dans les coups de feu sur la place du Palais-National » (lire Palais-Royal, N.D.A.) ; Boussuge voir Boussuge, Jean ?), charbonnier, demeurant rue de l’Arche-Pepin ; Trin, demeurant 8, rue Boucherat ; Berjaud (voir Berjaud, Jean-Baptiste, Marie), docteur en médecine, demeurant 54, rue de l’Arbre-Sec, qui ajoutait que se trouvant « aux barricades du Palais-Royal pour y panser les blessés », il l’avait bien vu et reconnu, avec son fusil, se comportant comme « un bon patriote » ; Génot, marchand de vins, demeurant 27, rue Saint-Germain-l’Auxerrois qui ajoutait avoir été présent avec Berjaud ; Fombertaux ; Blazer, demeurant 27, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Quentin « condamné en 1840, prévenu en 1847, blessé le 6 juin 1832 », qui ajoutait certifier « que le nommé Brandon a combattu dans les journées de Février et qu’il a fait partie des sociétés secrètes » ; Dourson, Jules ; Mouton ; Besson « montagnard » ; Nourri illisible ; Hance illisible ; Leotier illisible ; Rousselet ; Favre (voir Favre, Jean-Louis), demeurant 17, rue des Lyonnais, qui attestait en outre que Brandon avait fait partie avec lui des assemblées secrètes ; Aimable, Auguste, qui ajoutait avoir vu Brandon le 24 février à a barricade de la rue Saint-Honoré au Palais-Royal ; Lebonvallet, demeurant 16, quai de la Mégisserie ; Vertin illisible ; Lauche ; Pornin « commandant en chef des Montagnards ». Il reçut un secours de quarante francs le 20 juin 1848. Il fut recommandé par la Commission pour une place de surveillant dans un jardin ou palais national et pour la distinction honorifique qui devait être instituée pour perpétuer le souvenir de la révolution mais qui ne fut jamais créé. Il signa, le 17 mars 1848 et comme décoré de Juillet et ancien soldat de l’Empire, demeurant 2, rue de l’Arche-Pépin, le certificat suivant en faveur de Menu, Louis, Nicolas, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Je certifie avoir vu le citoyen Menu à la prise des Tuileries en 1830, combattant près de moi. » En janvier 1849, la préfecture de police donna sur son compte comme renseignement : « […] Né le 12 janvier 1790 à Lapalisse (Allier) encore une fois la même erreur ? […] Il est marié et père de trois enfants. En février, il a fait partie de la bande dite des Montagnards, qui avait pris possession de la préfecture de police. Généralement connu comme ayant des opinions républicaines très exaltées, il a cependant, depuis les affaires de juin, abandonné la politique pour ne songer qu’à chercher du travail. » Il mourut le 6 juillet 1849 à Paris, laissant sa veuve, et deux enfants en bas âge « dans la dernière des misères ». La police rapportait sur son compte qu’elle avait une « bonne conduite et moralité ». A titre de veuve d’un décoré de la Croix de Juillet, elle toucha un secours de quarante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850 et en 1851. En 1852, la même administration rapportait : « Agée de cinquante ans (c’est donc sans doute la même… il n’aurait jamais été veuf ?) marchande au marché des Prouvaires, rue Grégoire-de-Tours, 4, est restée veuve avec trois enfants, dont deux sont à sa charge. Son commerce ne lui rapporte pas assez pour subvenir à tous ses besoins. Elle mérite la bienveillance du gouvernement. » Elle toucha un secours de cinquante francs en 1852, un secours de cinquante francs en 1853, un secours de cinquante francs en 1854. En 1855, presque constamment malade et « dans la dernière des misères », elle sollicita un secours et obtint cinquante francs. En 1856, la police rapportait sur son compte : « S’occupe à la halle à vendre de la viande cuite et plumer de la volaille et fait de plus un ménage qui lui rapporte quinze francs par mois, le tout réuni lui fait un rapport journalier d’environ un franc cinquante à deux francs par jour. Cette femme est depuis sept ans veuve d’un décoré de Juillet. Elle a trois enfants, un garçon de treize ans qui l’aide dans son travail, mais ne gagne rien par lui-même. Ses deux autres enfants sont mariés et pas à sa charge. La veuve Brandon est souvent malade. Elle est âgée de cinquante-cinq ans. […] Les renseignements obtenus sur son compte comme conduite et moralité sont en sa faveur. Elle est considérée comme une honnête femme mais malheureuse. » Elle toucha un secours de cinquante francs en 1856, un secours de cinquante francs en 1857. En 1858, ses forces épuisées par le travail, elle venait de perdre un œil « par excès de travail et de veille ». Elle fit des demandes de secours jusqu’en juin 1861. Brandon demeurait 42, rue Basse à Passy en 1823 ; 84, rue Saint-Jacques en 1831 ; 10, rue du Montparnasse en 1831 (in Archives de Paris, VD6 631 n° 1, in Archives nationales F/1dIII/37 et aussi in Archives de Paris VD6 639 n° 5 où l’adresse 84, rue Saint-Jacques est rayée pour laisser place à celle-ci mais bien 84, rue Saint-Jacques in Archives nationales F/1dIII/39 ; 10, rue du Montparnasse dans le registre qu’il signe in Archives de Paris VD6 633 n° 1, cahier vert des prestations de serment) ; 8, rue Saint-Honoré en 1834 ; 18, quai de la Mégisserie en 1836-1837 ; 13, rue de Richelieu en 1848-1849 (mais 2, rue de l’Arche-Pepin in Archives de la préfecture de police AA 375 et dans le certificat qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Menu, Louis, Nicolas) ; 6, rue Oblin en 1849 ; sa veuve, toujours 6, rue Oblin en 1849-1851 ; 4, rue Grégoire-de-Tours en 1852 ; 1, rue de la Parcheminerie, un logement de cent soixante-dix francs par an, en 1855 ; 35, rue de la Tonnellerie en 1856-1861. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement, liste des citoyens blessés décorés à habiller ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, état nominatif des citoyens décorés de la médaille, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, convocations des décorés à la mairie, idem cahier vert des prestations de serment ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, bulletin des croix, pièces ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VI1 1, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, idem Etat de répartition de la somme de quatre cent dix francs et cinquante-cinq centimes mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être attribuée à MM. les décorés de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives nationales F/15/3782 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, Rapport au ministre, en date du 19 mai 1849, sur la proposition d’accorder à quatorze décorés, combattants, veuves de Juillet et sœur d’une victime de Juillet, domiciliés dans les départements des secours s’élevant ensemble à la somme de huit cent dix francs, minute 38, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 375 ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Menu, Louis, Nicolas ; Archives de la préfecture de police AA 420, Préfecture de police, août 1833, Etat nominatif des brevets déposés à la caisse de la préfecture de police par MM. les décorés de Juillet qui ont reçu une gratification de vingt-cinq francs, lesquels brevets leur ont été rendus ainsi qu’il est justifié par les émargements des titulaires. (confusion avec l’autre Brandon, Léon, porté pour la médaille de Juillet, même nom et prénom mais sur aucune liste….