Bregeon, Sébastien

Biographie


Né à Nantes (Loire-Atlantique). Tailleur. Il fit une demande auprès du roi afin d’obtenir la décoration de Juillet. Ne voyant pas son nom inscrit sur les listes de décorés, il déposa, le 14 septembre 1831, un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), donnant le récit suivant de sa participation aux combats : « […] Je travaillais au n° 219, rue Saint-Honoré. Aux premières démonstrations de la garde, le 27, je me trouvais aux prises avec eux ainsi que les gendarmes ; quoique je n’eusse que des pierres, j’étais plusieurs fois, et notamment à l’entrée de la nuit, à combattre contre eux ; pris par ces derniers à la cour des Fontaines, je fus dégagé par un groupe de bourgeois, qui se trouvait protégé par un peloton du 5e de ligne. Le 28, j’étais à la Ville (lire l’Hôtel de ville, N.D.A.). Je prenais part aux combats différents qui avaient lieu de midi à 2 heures. Je me retirais et me trouvais à la place des Victoires, où j’essuyais encore une décharge de la troupe de ligne. Immédiatement après, je me rendis dans la rue Montmartre. Ayant travaillé à faire une barricade, je me disposais à les attendre avec ceux qui reçurent les Suisses et ces mêmes soldats de la ligne, qui vinrent à environ 5 ou 6 heures faire des feux de peloton. Là, ils reçurent aussi le compte de leur mauvaise conduite. Le 29, j’étais dans la rue Saint-Nicaise, au moment où l’on venait de prendre une pièce de canon. J’étais du nombre de ceux qui l’ont conduite à la Bourse ; un de nous, qui battait la charge près du Français, fut blessé à la jambe ; des Suisses qui se trouvaient dans la rue Basse au Palais-Royal nous attaquèrent à l’improviste. Etant obligés de se défendre corps à corps avec nous, j’ai eu l’avantage d’en désarmer un ; je fus là que je reçus de ce même Suisse une blessure au cou, qui m’a causé quinze jours d’hôpital à la salle Saint-Michel n° 38. Mon désintéressement m’a dicté de ne rien partie du manuscrit brûlé. Ayant des cartouches et un fusil, je tirais sur les gardes royaux partie du manuscrit brûlé où ils furent vaincus au coin de la petite rue Valois. Ces armes, je les ai gardées longtemps chez M. Boulon, qui pourrait au besoin justifier. Il a gardé tout l’équipement du Suisse, tout le temps que je restais à l’hospice. Le réclamant a été élevé au lycée impérial de Nantes, il a reçu l’instruction militaire et il croit qu’il est digne d’avoir une sous-lieutenance ou la décoration de Juillet. Il a l’honneur etc. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Maumejean, décoré de la médaille de Juillet, [certifie] que je rencontrais le sieur Bregeon le 28 dudit mois à la place de la Bourse, au moment où l’on conduisait une pièce de canon, qu’il donna trois paquets de cartouches à un de mes frères, qui lui servirent à la prise du Louvre. Je rencontrais, le lendemain, ledit Bregeon, dans la rue de Richelieu, muni de tout un fourniment. Nous fûmes ensemble à la Bourse, où je le quittai le soir, au moment où il se disposait à escorter les cadavres qui furent portés dans un cimetière. » Signé, le 14 septembre 1831 : Maumejean (voir Maumejean, Denis, Barhtélemy), décoré de la médaille de Juillet. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Bregeon, travaillant chez moi, a apporté, le 1er août 1830, un fourniment complet de garde royal et qu’il l’a vendu le jour où il est sorti de l’hospice. » Signé : Boulon, marchand tailleur, demeurant 219, rue Saint-Honoré. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que j’ai vu le sieur Bregeon, le 27 juillet 1830, jeter des pierres aux gendarmes, au coin de la place du Palais-Royal. » Signé : Pinel, Henry, demeurant 219, rue Saint-Honoré. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « J’ai vu, le 27, le sieur Bregeon résister aux gendarmes à coups de pierres, rue Saint-Honoré, puis aller illisible ; le 28, le sieur Bregeon était à 4 heures à la Ville [lire l’Hôtel de ville, N.D.A.] ; le 29, il a désarmé un Suisse et était blessé au illisible, où je l’ai secouru ; plus tard, je l’ai vu rue de Richelieu près de celle de Rohan, combattre avec la illisible des Suisses. » Signé : Potdevin (voir Potdevin, Charles, François), officier et décoré de Juillet, demeurant 24, rue Coquenard. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste et certifie avoir le sieur Brégeon (sic) combattre le 29 juillet, rue de Richelieu près des Français Maly ? » Signé : Chaignaud, décoré de Juillet, (voir Chaignaud, Charles, Eugène ?), demeurant rue Coquenard. Il apostilla ainsi un certificat délivré en faveur de Potdevin, Charles, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « J’ai vu ce qui est exposé ci-dessus ; de plus, le jeudi 29, au moment où je venais d’être blessé par un Suisse furieux, M. Potdevin (sic) m’a aidé à le désarmer, rue de Richelieu » Bregeon demeurait 18, rue Beaujolais en juillet 1830 (perron du Palaistro ?) ; 19, rue Saint-Thomas (aussi 219, rue Saint-Honoré dans le certificat quil signe pour Potdevin, Charles, François in Archives de la préfecture de police AA 409) en 1831. Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Potdevin, Charles, François ; Archives de la préfecture de police AA 375 ; Archives de la préfecture de police AA 409 in dossier Potdevin, Charles, François.

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