Bremer, Jacques

Biographie


Marchand de vin. Il quitta son établissement de marchand de vin pour aller combattre. Après les combats, il fit partie du 2e régiment de la Charte puis fut incorporé au 9e léger. Le 15 septembre 1830, il fit une lettre au préfet de police afin d’obtenir une place de brigadier dans les octrois. Il écrivait ne pas regretter les trois cent cinquante francs qu’il avait dû dépenser « pour soutenir l’intérêt de sa patrie ». Il donnait alors les précisions suivantes : « […] Le 4 septembre, il a eu l’honneur de conduire trois cents hommes réformés du dépôt de la caserne de Babylone devant vous, Monsieur le préfet, à l’effet de faire distribuer auxdits réformés une solde et les vivres […] ; il est dans votre connaissance qu’il n’y a pas eu le moindre désordre avant ni après les paiements faits […]. » Sa demande d’une place était apostillée par les députés Poulmair (député de la Moselle), Bouchotte, Milleré, Durand, Paixhens, En 1831, il était sergent au 20e de ligne, en garnison à Arles et sans doute incorporé vers le mois de mars 1831. Il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales, sans succès et sans qu’aucune trace nous fût restée. Il déposa un dossier devant la Commission des réclamants de la rue Bourg-Labbé. On trouve plusieurs certificats dans son dossier. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Le lieutenant-colonel commandant la garde nationale mobile du (ancien) Xe arrondissement certifie que M. Bremer, Jacques, sous-lieutenant, a fait partie dudit corps, a montré du zèle et de l’intelligence ; que son âge, son physique robuste, sa bonne conduite le mettent en position de rentrer en activité. Je certifie en outre que ce sous-lieutenant a donné des preuves d’un entier dévouement dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet 1830. » Signé, le 8 août 1830 : Bigarne, lieutenant-colonel de la garde nationale mobile du (ancien) Xe arrondissement. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, maire adjoint de la ville de Vaugirard, sur l’attestation des sieurs Pier Vallée-Hautmesnil horloger et Hallez, Charles, coiffeur, tous deux domiciliés dans la commune, certifions que le sieur Bremer, Jacques, marchand de vins, habite notre commune depuis six années consécutives, qu’il est de bonnes vie et mœurs et qu’aucune plainte ne nous a été portée contre lui. Nous attestons en outre, d’après la déclaration des nommés Daviel, Eugène et le nommé Louis Dablincourt, gendarme à la résidence de Vaugirard, que le 29 au matin le sieur Bremer s’est présenté le premier à la caserne desdits gendarmes pour les désarmer. » Signé, le 27 août 1830. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants de Vaugirard, certifions que le sieur Bremer, Jacques, le jeune, a fait le sacrifice de son établissement de marchand de vins depuis sept ans consécutifs qu’il habite ladite commune, pour servir la cause nationale dans les grandes journées de Juillet. » Signé à Vaugirard, le 11 septembre 1830 : Hallez, coiffeur ; Raiguinot, marchand de vins ; Pier Vallée-Hautmesnil horloger ; Oger ? illisible, peintre. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Bremer, Jacques s’est distingué d’une manière honorable dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, qu’il a su mériter par son courage héroïque l’estime de ses concitoyens. En foi de quoi nous nous plaisons à lui rendre justice tant pour sa moralité que pour son dévouement à la chose publique. » Signé, le 18 août 1830 : Pommier ; Raganeau ; Redon ; Hallez (voir plus haut) ; Vigneulle ; Housel ; Raiguinot (voir plus haut). Le cinquième certificat, ainsi rédigé (mais rayé) : « Nous certifions, Dubuisson, officier en retraite, avenue de Ségur n ° 9 ; Pantoustier, demeurant rue de Bourgogne n° 27, tous deux ex-officiers de la Vieille Armée, demeurant à Paris, déclarons avoir vu et reconnu le jeune Brémer dénommé ci-dessus aux barricades du Pont-Neuf le 28 juillet, qu’il était en outre à la prise du Louvre et des Tuileries, faisant aussi partie des douze cents citoyens armés envoyés le 30 à Saint-Cloud pour combattre l’armée royale. » Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Jacques Bremer jeune, demeurant à Vaugirard (sic), s’est posté le 28 au matin sur la place de Grève, où il a coopéré à la première prise du poste de la Ville (lire de l’Hôtel de ville, N.D.A.), que de là il s’est rendu dans la rue Dauphine et après y avoir organisé la première barricade de la rue du Collège-des-Quatre-Nations et riposté pendant cinq heures au feu et à la mitraille des Suisses placés devant le Louvre. » Signé : Dubuisson, capitaine, demeurant 9, avenue de Breteuil ; Néno, sous-lieutenant de la Vieille Armée, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 41, rue de Grenelle au Gros-Caillou ; Pantoustier, F., demeurant 27, rue de Bourgogne ; illisible (Issi ?), sous-lieutenant de la 87e demi-brigade, demeurant 13, rue des Mauvais-Garçons. Le septième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine, chirurgien-major de l’hôpital du Gros-Caillou, membre de l’Académie de médecine, officier de la Légion d’honneur, certifie avoir visité le sieur Bremer et lui avoir reconnu une cicatrice à la partie supérieure et antérieure de la jambe gauche, qui paraît être le résultat d’un coup de feu qu’il a reçu à cette extrémité illisible. » Signé le 27 août 1830 : Poirson. Le huitième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Jacques Bremer jeune, a, le 29 au matin, organisé la première compagnie de garde nationale à Vaugirard, qu’il en a été le chef et a conduit sa colonne sur la place de l’Odéon, lieu de distribution des munitions ; qu’il fut désigné pour surveiller toutes les opérations et que de là il s’est rendu à la caserne de Babylone, où il est entré un des premiers, que toute la nuit il a fait des patrouilles pour le maintien de l’ordre et prévenir toute surprise et qu’enfin le vendredi il faisait partie du corps qui a marché sur Saint-Cloud. Dans toutes ces circonstances, il a montré un sang-froid et une bravoure dignes de la cause qu’il défendait. » Signé, à Vaugirard, le 24 août 1830 : Houssel ; Pommier ; Ragueneau, fabricant de produits chimiques ; Hallez ; Redon ; Tachan ou Lachamp. Le neuvième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, officiers de l’ex-2e régiment de la Charte, formé depuis les mémorables journées de Juillet, certifions que M. Bremer jeune a fait partie dudit dépôt, en qualité de sous-lieutenant provisoire, qu’il s’est acquis par son zèle, son dévouement et sa bonne conduite l’estime et l’amitié de ses camarades. » Signé, le 3 septembre 1830, pour les noms lisibles : Bremer, capitaine commandant le dépôt ; Leroux ; Maugis ; Brulé ; Royer ; Gravine ; Pantoustier, F. ; Gommes ; Duras ; Bremer, sous-lieutenant ; Dubuisson ; Nebous. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « Bremer, Jacques. Ancien officier. Produit une foule de certificats, couverts de plus de cinquante signatures attestant que M. Bremer a vaillamment et courageusement combattu pendant les trois journées. Plus une pétition à M. le préfet de la Seine avec une apostille de MM. Poulmair, Bouchotte, Milleré, Durand, Paixhens, tous députés, ainsi conçue : “Les députés soussignés ont l’honneur de recommander particulièrement la présente demande à M. le préfet de la Seine. M. Bremer leur est connu par ses bons principes et la conduite honorable qu’il a toujours tenue. Indépendamment de ces titres, M. Bremer a encore droit à la bienveillance de M. le préfet par les actes de bravoure qu’il a montrés dans les journées de Paris.” Nous trouvons dans son dossier une lettre de M. Ternaux, membre de la Commission des récompenses nationales, adressée à M. Delanoy, aussi membre de la Commission des récompenses nationales, ainsi conçue : “Mon cher de Lannoy, Je crois que tu as dû examiner la conduite de M. Bremer jeune, dans la prise de la caserne de Babylone. Le jour où il passa devant nous, personne du jury n’y avait été. Si sa conduite à cette prise a été comme elle est attestée, je crois que je dois le porter sur la liste des sous-lieutenants, que je dois porter aujourd’hui à la ville (lire à l’Hôtel de ville, N.D.A.). Les informations prises sur son compte sont du reste très bonnes.” Signé : Ternaux. Ainsi, messieurs, malgré sa belle conduite et ses droits recommandables, M. Bremer n’a obtenu ni croix ni grade parce que le jour où il a comparu devant le jury il n’y avait personne qui connût l’affaire de Babylone. Voilà les actes de cette Commission si bien organisée et ses soins dont la sagesse a tout prévu et bien fait. On peut en juger par cet exemple et par mille autres que nous pourrions citer. » Bremer disait parler l’allemand. Il demeurait à Vaugirard en juillet 1830 ; 11, rue Tiquetonne en 1831 ; à Arles en 1831. Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives de la préfecture de police AA 375. Il y a cette inscription sur une page : Commandant de la gendarmerie à Josselin dans le Morbihan. Dautre part quelques sources internet comme gendarme… si cest le même… Voir Bremer, Jean ?

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