Bresson, Antoine, Louis

Biographie


Né le 9 novembre 1810 ou 1811 (mais 1802 in Archives nationales F/1dIII/39 ; vers 1812 in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II), à Badel ou Bradelle (Puy-de-Dôme) (Auvergnat, est-il indiqué en face de son nom sur les listes de la mairie). Ouvrier fumiste en 1830 puis ouvrier peintre en voitures en 1848. Il fut blessé d’une balle qui lui traversa le mollet gauche le 28 juillet 1830, rue du Petit-Carreau, alors qu’il revenait, armé, de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, où il travaillait. Il fut soigné à l’hôpital Saint-Louis. Il était célibataire en 1830. Il reçut un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours de vingt-cinq francs, le 13 octobre 1830, un autre de soixante francs le 15 octobre suivant, un autre de cent francs, le 3 novembre 1830, un secours de cent francs, le 22 novembre 1830, un secours de cinquante francs, le 6 décembre 1830, un secours, définitif, de cinquante francs, le 14 décembre 1830, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il était célibataire en 1830. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. La mairie reprenait les avis médicaux sur la nature et les conséquences de ses blessures et indiquait qu’il avait toujours de la gêne dans les mouvements. Il s’engagea et fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 20e de ligne puis au 67e de ligne le 3 février 1831, combattit en Afrique et fut réformé le 26 janvier 1833 après six mois de maladie. Ce fut, selon lui, l’état de sa jambe blessée en 1830 qui le força à abandonner son état d’ouvrier fumiste pour celui d’ouvrier peintre en voitures. Il fut arrêté le 23 février 1834 « faisant partie des malfaiteurs qui voulaient piller la boutique des armuriers attenant au théâtre de l’Ambigu », selon deux procès-verbaux de la préfecture de police en date des 24 et 25 février 1834. Celui du 25 février 1834 précisait qu’il avait été arrêté en compagnie de : Dacheux, Victor, Christian, né vers 1796 au Havre (Seine-Maritime), tourneur tabletier, demeurant rue Frépillon dans la maison occupée par Lamoraux, perruquier ; Bigot, Michel, Rustique, né vers 1814 à Sanville (Eure-et-Loir), clerc d’avoué, logé passage du Commerce, 75, rue Saint-André-des-Arts ; Lefranc, Jules, né vers 1819 à Meaux (Seine-et-Marne), apprenti quincaillier, demeurant 1, rue de la Barrillerie ; Destrée, Eugène, Charles, né vers 1816 à Paris, ouvrier serrurier en meubles, demeurant 291, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Poissant, Jean, Charles, né vers 1807 à Paris, ouvrier menuisier en bâtiments, demeurant chez son père 5, rue Saint-Laurent. Ils furent inculpés de violences et voies de fait envers des agents de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions, outrages par gestes envers ces mêmes agents, port d’armes prohibées et troubles séditieux. L’arrestation fut l’objet d’un procès-verbal, ainsi rédigé : « Dans la soirée du dimanche 23 février, au moment de la tentative de pillage de la boutique de l’armurier attenant au théâtre de l’Ambigu, le nommé Dacheux, qui se trouvait à environ vingt pas de cette boutique, porta un coup de bâton au sieur Mullot, adjudant sous-officier de la Ve légion de la garde nationale. Arrêté au même instant par d’autres gardes nationaux, il opposa la plus vive résistance. Dans l’interrogatoire que lui a fait subir le lendemain M. le commissaire de police de la porte Saint-Martin, Dacheux a prétendu qu’étant dans une ivresse complète au moment de son arrestation il ignorait les causes qui y avaient donné lieu ; qu’il ne savait comment le bâton dont il avait été trouvé armé s’était trouvé entre ses mains ; que cependant il était certain de ne point l’avoir arraché sur le boulevard Bondy. S’il faut l’en croire, il est tout à fait étranger à la tentative de pillage de la boutique de l’armurier et n’a été excité par qui que ce soit à commettre des désordres. Il a ajouté que son travail lui procurant des moyens de subsister, il était intéressé au maintien du bon ordre. Bigot a été arrêté dans la même soirée, entre 9 heures et 9 heures et demie sur le boulevard entre la porte Saint-Martin et l’Ambigu, par un sergent de la garde nationale qu’il avait voulu désarmer. Il a allégué dans son interrogatoire que sommé par un sergent de la garde nationale de se retirer de l’endroit où il se trouvait et que ne marchant point assez vite au gré de cet agent de la force publique, il avait été maltraité par lui ; que s’il avait, dans un moment, saisi la baïonnette de son fusil c’était pour éviter d’en être atteint. Il a également prétendu avoir été violemment frappé de coups de poing sur la tête au moment où après avoir été arrêté il n’opposait aucune résistance. Bresson a été arrêté armé d’un manche à balai au moment où il se trouvait à 7 heures du soir sur le boulevard Saint-Martin près de la fontaine du château d’eau. J’étais, a-t-il dit dans son interrogatoire, dans une ivresse complète. Je ne me rappelle de rien ; cependant a-t-il ajouté je me souviens qu’ayant été renversé sur le boulevard du Temple par un omnibus j’ai été relevé par trois personnes que je ne connais pas et qui m’ont donné pour m’aider à marcher le bâton qui a été cause de mon arrestation. Il a soutenu n’avoir point été entraîné par qui que ce soit à se mêler aux groupes et qu’étant ouvrier laborieux et paisible, les renseignements qu’on prendrait sur son compte ne pouvaient que lui être favorables. Lefranc, n’est à Paris que depuis un mois. Il a été arrêté en face du théâtre de la porte Saint-Martin peu de temps après l’enfoncement de la boutique de l’armurier. Il criait Vive les Lyonnais ! et la feuille constatant son arrestation porte qu’il avait fait le simulacre de montrer son derrière à une patrouille. Il était porteur d’une canne à dard. Il est convenu avoir crié Vive les Lyonnais ! sans avoir réfléchi à ce que ce cri pouvait avoir de répréhensible. Il a reconnu sa faute à cet égard et a assuré ne point s’être rendu coupable de la démonstration injurieuse envers la garde nationale et qui lui était également reprochée. Il ignorait la défense de porter des cannes renfermant des armes, celle trouvé sur lui avait été achetée depuis trois semaines seulement et il la portait tous les jours sans avoir pour cela aucune mauvaise intention. Destrée et Poissant ont été arrêtés comme faisant partie des personnes qui avaient tenté le pillage des armes renfermées dans la boutique de l’armurier. Ils ont tous deux protesté de leur innocence. Le premier a déclaré qu’au moment de son arrestation il se rendait au théâtre de la Porte-Saint-Martin, où il voulait aller. Le second a avoué avoir été arrêté non loin de cette boutique mais qu’il avait été pour ainsi dire contraint d’y aller par la foule qui se portait de ce côté, qu’ayant travaillé toute la journée chez son père il se rendait au théâtre de la Porte-Saint-Martin avec l’intention d’acheter une contremarque pour ce spectacle et qu’il avait été arrêté au moment où il ne savait point encore ce qui venait de se passer. Ces six individus interpellés séparément de déclarer s’ils faisaient partie de sociétés ou associations ont répondu négativement. » Un nouveau rapport, en date du 10 mars 1834, ajoutait les charges suivantes : « Cet individu, arrêté le 24 février dernier dans les émeutes sur les boulevards et envoyé à La Force à la suite de ce fait, vient d’être dénoncé auteur de deux vols commis à l’aide de fausses clés et d’effraction au préjudice du sieur Generelli, fumiste, demeurant rue Saint-Martin n° 186. Le premier vol était de trois cents francs en argent et le second d’effets d’habillements. L’on a trouvé dans sa malle pendant sa détention des reconnaissances mentionnant l’engagement de ses effets. » Il participa à l’insurrection d’avril 1834 et fut fait prisonnier avec quatre-vingts de ses camarades. Emprisonné à La Force, il fut, faute de preuve, renvoyé de l’accusation six semaines plus tard. En 1841, la police dit qu’on ne « donne que de bons renseignements sur cet homme, qui cependant s’enivre quelquefois ». Il toucha un secours de soixante-cinq francs en 1842, de vingt-cinq francs en 1843, en 1844 et en 1845, de quarante francs en 1846 et en 1847. En 1848, il devait deux termes de son loyer de cent francs par an et, sans ouvrage depuis cinq mois, jouissait d’une bonne réputation. En 1848, armé d’un fusil à deux coups que lui avait remis le sieur Lévêque, propriétaire à Belleville, il participa à la révolution de Février. Il fut proposé par la Commission des récompenses nationales pour le signe honorifique qui devait être créé pour commémorer la révolution, mais qui ne fut jamais institué. Il reçut cinquante francs de secours en 1849, en 1850, et soixante francs en 1851. En 1853, marié, père de trois enfants et sa femme sur le point d’accoucher, il gagnait 2,75 francs par jour ; un nouveau rapport précisait : « La conduite du sieur Bresson est régulière, il ne s’occupe pas de politique. » Il reçut un secours de soixante francs en 1853, un secours de cinquante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855, un secours de quarante francs en 1856, un secours de quarante francs en 1857 et un secours de quarante francs en 1858. Il demeurait à Paris depuis 1819 : 299, rue Saint-Martin en 1830-1831 ; 18, rue Guérin-Boisseau en 1833 ; 11, passage Aubert au 357, rue Saint-Denis en 1834 ; 41, rue du Chemin-Vert de 1841 à 1848 ; 70, rue de Ménilmontant en 1848-1849, 82 rue de Ménilmontant de 1850 à 1858. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, Etat de blessés, registre des différents hôpitaux où ont été soignés les blessés, idem Liste de diminution de capacité, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (secours accordés par la Commission des récompenses nationales aux blessés qui n’ont été classés dans aucune catégorie, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831) ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 25 bis du budget de 1850 (secours à divers titres), minutes 148-149, idem Proposition d’accorder à cinquante-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.100 francs, minutes 260-262, en date du 29 janvier 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 422, année 1834, dossiers individuels A à Z (3 à 548) et aussi Archives de la préfecture de police AA 422, année 1834, dossiers collectifs 3 février-27 décembre 1834 (549 à 793.

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