Bretagne, Louise, femme Boindin
Biographie
Né le 20 août 1799 à Clamecy (Nièvre). Marchande des quatre-saisons. Combattante de Juillet. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Elle reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, elle reçut, auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Elle fut arrêtée le 21 juillet 1832 pour sa participation à l’insurrection des 5 et 6 juin 1832 et condamnée à cinq années de prison et aux frais, le 27 novembre de la même année, pour « dégâts et pillage en réunion ou bande et à force ouverte de propriétés mobilières appartenant à autrui, avec circonstances atténuantes ». Détenue à la prison de Saint-Lazare, elle sollicita de l’administration de rester détenue à la prison de Saint-Lazare et, dans l’impossibilité où elle était d’acquitter la somme qu’on exigeait d’elle, d’après les règlements, pour subvenir aux frais de son entretien, d’être affranchie de cette obligation. L’administration pénitentiaire donna sur son compte les renseignements suivants : « […] La nommée Bretagne se conduit bien dans la maison de Saint-Lazare, où elle est en ce moment détenue. Ses habitudes sont irréprochables et elle se livre au travail avec assiduité. Sous ce rapport je ne verrai pas d’inconvénient à ce qu’elle soit maintenue dans les prisons de la Seine […]. Bretagne fut en conséquence, par décision en date du 1er mars 1833, maintenue dans les prisons de la Seine et dispensée du paiement des frais de sa nourriture et de son entretien. En 1836, elle sollicita des secours, précisant : « Depuis cinq ans mon absence de Paris m’a mis dans le cas de ne pas participer aux bienfaits accordés (! !, N.D.A.). » La police indiqua sur elle : « Mariée depuis peu de temps avec un ancien surveillant de la prison de Saint-Lazare, qui exerce aujourd’hui la profession d’ouvrier tanneur. Elle a connu cet homme dans la prison ci-dessus. […] Elle a été graciée par décision royale du 23 avril dernier, maintenant elle travaille comme blanchisseuse. Elle est au-dessus du besoin. » En 1837, journalière, elle écrivait au ministre de l’Intérieur être dans une « position voisine de la misère, sans fortune et sans moyen d’existence » et signait « la plus respectueuse et la plus dévouée de vos administrées ». En 1838, ouvrière blanchisseuse et son mari tanneur, ils avaient une fille presque aveugle et la police indiquait à leur sujet : « Leur conduite est fort régulière comme ils ont beaucoup d’ordre leur travail suffit à leurs besoins ; toutefois ils ne sont pas dans l’aisance. » Elle toucha un secours de quarante francs en 1838, de vingt francs en 1839, de vingt-cinq francs en 1840. En 1842, elle était garde-malade, mais fort peu occupée, et la position du ménage était, selon la police, pas heureuse. Elle reçut un secours de soixante-cinq francs en 1842, de vingt-cinq francs en 1843, de quarante francs en 1844, de vingt-cinq francs en 1845, de quarante francs en 1846. Elle avait trois enfants en 1847. Cette année-là, elle reçut un secours de vingt-cinq francs. En 1850, elle avait disparu de son domicile depuis deux ans et la police précisait : « Cette femme a du reste de mauvais antécédents ; on la signale dans le quartier de la rue Mouffetard comme s’enivrant très souvent. Elle vivait d’ailleurs d’une manière misérable et se trouvait dans une triste position. » En 1852, elle se disait veuve depuis le dernier choléra et tout à fait malheureuse. Elle demeura 4, rue Saint-Pierre-aux-Bœufs en 1830-1831 ; 14, rue de la Licorne en 1832 ; 4, rue Saint-Hippolyte dans le faubourg Saint-Marceau en 1836 ; 257, rue Mouffetard de 1836 à 1838, rue Censier en 1843, 138, rue Mouffetard en 1847-1850 ; Saint-Vrain (Seine-et-Oise) en 1852. Voir Viray. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, (ancien) IXe arrondissement, dossier non blessés indemnitaires et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/45 in dossier Boindoin ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des personnes résidant dans l’étendue du (ancien) IXe arrondissement de Paris, qui ont obtenu la médaille de Juillet et auxquelles, à l’occasion des trois journées de Juillet, il a été accordé une somme de vingt-cinq francs ; Archives nationales BB/18/1330 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109 ; Archives de la préfecture de police AA 421, 1831-1833.