Breuillot, Claude, François
Biographie
Né le 9 septembre (le 5 septembre in Archives nationales F/1dIII/39) 1804 à Fleurey-lès-Faverney (Haute-Saône). Charpentier. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement (sous l’orthographe de Brenillot dans le Bulletin des lois et dans Le Moniteur). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut arrêté le 8 juin 1832 pour sa participation à l’émeute des 5 et 6 juin 1832 et conduit au dépôt de la préfecture de police puis incarcéré à la prison de Sainte-Pélagie, en attente de son jugement. Transféré à la prison de La Force, il sollicita de l’administration son retour à la prison de Sainte-Pélagie, étant « dans la plus grande détresse, vu qu’il est privé des faibles secours en vivres que ces parents lui faisaient passer et qu’ils ne peuvent lui apporter vu l’éloignement de leur quartier ». Le directeur de la prison de La Force donna l’avis suivant sur la demande de Breuillot : « Le nommé Breuillot a été écroué dans cette maison le 6 juin (sic) dernier pour vol et attentat contre le gouvernement. Sa conduite y a toujours été exempte de reproches et je n’ai rien remarqué dans ses habitudes qui puisse lui être défavorable. » Il fut condamné à six mois de prison pour attentat contre le gouvernement le 23 août 1832, par la cour d’assises de Paris. Détenu à la prison de Sainte-Pélagie le 3 décembre 1832, il fut extrait pour être conduit à la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, afin de reconnaître son enfant, une fille née le 1er décembre 1832, et dont la reconnaissance par le père ne pouvait se faire sans sa présence, les parents n’étant pas mariés. En 1837, sans ouvrage et plaidant son « dévouement pour nos bonnes institutions », il sollicita des secours ; la police donna sur lui comme renseignement qu’on « faisait l’éloge de sa conduite ». Il toucha quarante francs de secours en 1838. En 1840, toujours sans ouvrage et avec trois enfants dont deux en bas âge, il sollicita de nouveau des secours ; il reçut quarante francs de secours en 1840, la même somme en 1845 et en 1847. Sa femme était blanchisseuse. En 1848, il était sellier et de nombreuses signatures attestèrent qu’il avait « bien mérité de la reconnaissance de ses concitoyens dans les journées de février 1848, qu’il a été un des premiers aux barricades ; il a mis le plus grand zèle à maintenir le bon ordre et l’union parmi les citoyens, ayant fait pendant plusieurs jours le service de garde national avec dévouement et qu’il s’est conduit dans ces circonstances en bon et loyal citoyen ». Il fut tué le 25 juin, place Mazas, « forcé par les insurgés de sortir de son domicile ainsi que tous les citoyens de son quartier, dans la journée du 25 juin […] et qu’il a été victime de son dévouement puisqu’il a trouvé la mort dans cette fatale journée », indiquait sa veuve, qui jugeait son mari « honnête homme, bon citoyen, dévoué à son pays et mort victime ». Il fut aussi surveillant au Palais national. Sa veuve reçut quarante francs en 1848 et deux fois soixante-quinze francs en 1851. La police indiquait à son sujet en 1851 : « La veuve Breuillot dite femme Fanfan, blanchisseuse ayant deux jeunes enfants à sa charge ainsi que sa mère âgée de soixante-dix à soixante-douze ans, est fort bien représentée sous tous les rapports. Elle n’a d’autres ressources que le produit de son travail et mérite à tous égards la bienveillance du gouvernement. » Breuillot demeurait 11, rue Moreau en 1831 (mais 123, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1831 in Archives nationales F/1dIII/36) ; 30, rue de Bercy de 1837 à 1848 ; sa veuve, 39, rue Traversière dans le faubourg Saint-Antoine en 1850-1851. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives de la préfecture de police AA 421, 1831-1833 ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 2e catégorie, pensions ; Archives de la préfecture de police AA 369, Demande de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, minute 179-180, en date du 3 mai 1851, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204.